République démocratique du Congo

V-Day et l’UNICEF demandent instamment que l’on protège les femmes et les filles de l’Est du Congo

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© V-Day/Paula Allen
La campagne, lancée par V-Day et l'UNICEF cherche la protection et la justice pour les centaines de milliers de femmes et de filles qui ont été violées ou sont menacées en Rep. Dem. du Congo oriental.

Par Amy Bennett

NEW YORK, Etats-Unis, 7 août 2007 – Déterminée à faire la lumière sur les actes de violence commis contre les filles et les femmes de la République démocratique du Congo, Mme Eve Ensler, auteur connue de pièces de théâtre des Etats-Unis, a réalisé une chronique de ses rencontres avec des femmes de l’Est de la RDC, une région où la violence sexuelle est devenue une arme de guerre banale.

Le récit de Mme Ensler est publié dans le dernier numéro de Glamour. Il marque également le début de la campagne “Stop Raping Our Greatest Resource, Power To The Women And Girls Of The Democratic Republic Of Congo” (« Halte au viol  de nos ressources les plus précieuses, le pouvoir aux femmes et filles de la République démocratique du Congo ») lancée par les femmes de l’Est de la RDC, V-Day et l’UNICEF. Il s’agit d’un mouvement mondial pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles.

La campagne est menée au nom de l’Action de l’ONU contre la violence sexuelle dans les conflits, une initiative commune de 10 institutions de l’ONU, dont l’UNICEF.

Des blessures psychologiques, émotionnelles et physiques

L’UNICEF estime que des centaines de milliers de filles et de femmes ont été violées depuis le début du conflit dans l’Est de la RDC il y a plus de dix ans. Comme dans d’autres zones de conflit dans le monde, la violence sexuelle sert à torturer et humilier les femmes et les filles, et à détruire les familles. Outre ses graves répercussions psychologiques, la violence sexuelle laisse les femmes qui y survivent avec des lésions de l’appareil génital, des fistules traumatiques et autres blessures physiques, ainsi que des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH.

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© UNICEF/HQ05-2197/Pirozzi
Des femmes étendues sur des lits sous une tente dans un centre pour victimes de la violence sexuelle. L’UNICEF appuie les activités de ce centre situé à Goma, dans le Nord-Kivu.

La campagne, lancée par V-Day et l’UNICEF demande que l’on mette fin à la violence et à l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces atrocités.

Une auteur de théâtre aux prises avec un problème mondial

Mme Ensler, auteur de la pièce « The Vagina Monologues », une pièce primée ici, a fondé V-Day pour recueillir des fonds et sensibiliser les populations par le biais de production de gala de sa pièce. En 2007, plus de 3 000 événements V-Day ont eu lieu dans le monde.

« Avant d’aller au Congo, j’avais passé ces 10 dernières années à travailler sur V-Day, le mouvement mondial pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles. J’étais allée dans les ‘mines de viol’ du monde, des endroits comme la Bosnie, l’Afghanistan et Haïti, des endroits où le viol était utilisé comme une arme de guerre.

«  Mais rien de ce que j’avais vu ne m’a donné une impression aussi atroce et terrifiante que ce qui se passe ici, les tortures sexuelles et la tentative d’élimination de la femme. La violence les menace toutes, les jeunes filles comme les femmes âgées des villages. On peut appeler cela un ‘femicide’, le mot n’est pas trop fort, on peut dire aussi que l’avenir des femmes du Congo est gravement menacé, ce n’est pas exagéré », a déclaré Mme Ensler.

Dans l’article, Mme Ensler décrit sa visite de juin à l’hôpital Panzi à Bukavu, où l’UNICEF finance l’aide médicale, les conseils psychologiques et autres pour les femmes qui ont été victimes de la violence sexuelle.

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© UNICEF/HQ05-1243/LeMoyne
Une adolescente victime d’abus sexuels au sein de la milice Mai Mai, attend d’être examinée par des médecins à l’hôpital de Goma, un établissement soutenu par l’UNICEF.

Mettre fin au danger

 « Quand vous parlez à ces femmes et à ces filles, quand vous les écoutez raconter ce qui leur est arrivé, vous comprenez l’environnement catastrophique dans lequel elles vivent, a dit la Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman, qui s’est rendue elle aussi dans cette région de l’Est de la RDC.

« Des tâches simples, comme ramasser du bois ou chercher de l’eau, les exposent à de graves dangers. Il est impératif de leur permettre de vivre dans un environnement sûr ».

La campagne de V-Day et de l’UNICEF demande des mesures pour s’assurer que les forces armées de l’Etat et la police ne commettent pas d’actes de violence sexuelle contre les femmes et les filles dans la RDC. Et elle demande instamment l’application dans leur intégralité des lois nationales qui protègent les femmes et leur donnent les moyens de se prendre en charge.

L’UNICEF est convaincu qu’en donnant aux femmes et aux filles le sentiment que justice sera faite on peut faire avancer considérablement la nation sur la voie du rétablissement.

Cependant, la RDC n’est pas le seul pays où l’UNICEF s’efforce de mettre fin à la violence contre les filles et les femmes. Partout dans le monde, des groupes armés se servent du viol et d’autres formes de violence sexuelle à la fois comme tactique militaire et comme trophée de guerre. Pour l’UNICEF et ses partenaires – notamment V-Day -- les priorités sont claires en ce domaine : prévenir la violence, mettre fin à l’impunité des auteurs des crimes et prodiguer les services sanitaires et sociaux nécessaires pour aider les victimes à se rétablir et reconstruire leur vie.


 

 

Vidéo (en anglais)

7 août 2007 :
La Directrice générale de l'UNICEF, Ann M. Veneman, parle de la réunion avec des victimes de violence sexuelle en Rep. Dem. du Congo oriental et les efforts de l'UNICEF pour arrêter la violence sexuelle dans le monde entier.

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Vidéo (en anglais)

6 août 2007 :
Pamela Shifman, Responsable à l'UNICEF de la protection des enfants explique le problème de la violence contre les filles et les femmes en RD Congo.

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Les enfants piégés par la guerre

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