République démocratique du Congo

Les dirigeants d’institutions des Nations Unies appellent à un nouvel engagement en vue d’aider la région africaine des Grands Lacs

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© UNICEF/Raymond
La Directrice générale de l’UNICEF, Ann M. Veneman, rencontre un groupe d’élèves de la Province du Sud Kivu, République démocratique du Congo. Cette escale s’inscrivait dans le cadre d’une mission conjointe en Afrique, dans la région des grands lacs, des dirigeants à la tête de l’UNICEF, du Programme alimentaire mondial et du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

NAIROBI, Kenya, 3 mars 2006 – Les dirigeants, qui sont à la tête de trois des plus importantes organisations humanitaires des Nations Unies, ont exhorté aujourd’hui la communauté internationale à répondre aux progrès politiques réalisés dans la région des Grands Lacs en prenant un nouvel engagement de mettre fin aux souffrances de millions de personnes oubliées par le reste du monde.

Après avoir effectué un voyage de six jours qui les a conduits en République démocratique du Congo, au Burundi et au Rwanda, les trois dirigeants, qui effectuaient leur première mission conjointe dans le cadre de leurs programmes communs, ont déclaré que ce qu’ils avaient vu et entendu indiquait le besoin d’une coopération plus étroite afin d’aider les réfugiés, les personnes déplacées dans leur propre pays et les réfugiés retournés chez eux spontanément.  

« Nous avons clairement entendu leur message : ‘Ne nous abandonnez pas en ce moment  crucial où nous risquons de revivre le cauchemar sanglant que nous avons vécu pendant tant d’années’ », ont dit le Directeur général du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, James Morris, la Directrice générale de l’UNICEF, Ann M. Veneman, et le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, dans une déclaration commune.

« Il faut répondre par la solidarité de la communauté internationale au courage de la population qui vit dans la région des Grands Lacs », a ajouté M. Morris. « On commence à entrevoir la fin de cette crise régionale, mais afin d’y parvenir et de reconstruire la vie des gens, il est crucial que nous soyons tous à leurs côtés et que nos efforts redoublent ».

Les trois organisations ont besoin d’un complément de financement substantiel afin d’effectuer leur travail dans les pays de la région des grands lacs.

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Des centaines de personnes se sont jointes à Mme Veneman, M. Morris et M. Guterres, dans le port de Baraka, au nord-est de la République démocratique du Congo, pour accueillir les réfugiés revenant de Tanzanie.

Des raison d’espérer

Les dirigeants à la tête de ces organisations ont constaté chaque jour à la fois des raisons d’espérer et de désespérer. Le mardi, ils ont accueilli dans le port de Baraka, à l’est de la République démocratique du Congo, 400 réfugiés congolais, qui rentraient chez eux, de retour de Tanzanie. Une heure plus tard, ils entendaient le témoignage de victimes de violences sexuelles, notamment celui d’une fille de 12 ans qui a subi des sévices exercés par quatre hommes, et celui d’une grand-mère, sortie de chez elle pour rechercher de la nourriture et qui a été violée.

« Cela est déplorable. C’est injuste. C’est inadmissible. À cause de ces crimes horribles, les gens s’enfuient et les femmes ont peur au point de ne pas cultiver leurs champs », a dit M. Morris.

« Il faut protéger les femmes et les enfants. La violence est inacceptable. Il faut l’arrêter », a ajouté Mme Veneman.

La République démocratique du Congo a connu certains des combats les plus violents dans le monde depuis la deuxième guerre mondiale. Une guerre de six ans a été la cause de 4 millions de morts et 1 200 personnes meurent chaque jour. Plus de 3,4 millions de personnes ont dû s’enfuir de chez elles et 17 millions n’ont pas d’approvisionnement alimentaire régulier.

Les trois dirigeants à la tête de ces organisations ont déclaré qu’il y avait un espoir, en raison du référendum constitutionnel en République démocratique du Congo et du fait que des millions de gens se sont inscrits pour voter en juin, lors des premières élections présidentielles pluripartites en 45 ans. Mais il faudrait consolider cette ouverture en accordant une aide humanitaire substantielle, tant pour les réfugiés rentrant chez eux que pour ceux qui subissent encore des agressions dans l’Est.

La visite des écoles et des centres de soutien

En République démocratique du Congo, Mme Veneman, M. Morris et M. Guterres ont visité deux écoles, l’École Maman Yemo et l’École Mushimbakye. L’UNICEF, en collaboration avec l’ONG internationale AVSI (‛Associazione Volontari per il Servizio Internazionale’ ou Association des bénévoles pour le service international), apporte une assistance multiple et importante à l’École Maman Yemo. L’AVSI est un partenaire essentiel de l’UNICEF dans l’éducation en situation d’urgence.

Cette assistance multiple comprend la réhabilitation de l’école et des latrines, la formation des enseignants, la distribution de manuels pour les enseignants et de fournitures scolaires aux enseignants et aux élèves.

L’École Mushimbakye reçoit également une aide de l’UNICEF. Cette aide aux deux écoles se fait dans le cadre de la campagne d’accélération de l’éducation primaire qui est axée sur la scolarisation des filles.

Les trois directeurs généraux ont également visité un centre d’accueil pour les enfants des rues, le Centre Mbongwana, qui bénéficie de financements de l’UNICEF et du PAM. Ce centre travaille avec des garçons de 5 à 18 ans.

En République démocratique du Congo, la délégation s’est également arrêtée dans le Centre de réalimentation de Kintambo, qui est géré par une organisation non gouvernementale, « La Communauté presbytérienne de Kinshasa » (CPK). Ce centre, qui fonctionne depuis vingt ans, a pour objet de fournir des services sanitaires de base et d’améliorer l’état nutritionnel des enfants de Kinshasa et des environs.

Réunions avec les présidents

Par ailleurs, lors de cette visite dans la région des Grands Lacs, les directeurs généraux ont rencontré les présidents de la République démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi, des donateurs et des représentants d’autres organismes des Nations Unies. Ils ont également rencontré des personnes amenées à partir de chez elles, à la suite d’agressions perpétrées dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, ainsi que des réfugiés ayant choisi de rentrer chez eux – dans les trois pays –après des années d’exil.

« Il est bien vrai que l’aide internationale va essentiellement dans des zones qui bénéficient de la plus grande couverture médiatique et que cette région n’en a guère profité », a dit M. Guterres, lors de la visite des directeurs généraux au Rwanda.

Les dirigeants des Nations Unies ont quitté le Rwanda mercredi et se sont rendus en avion au Burundi, où 2,2 millions de personnes, y compris des réfugiés et des personnes déplacées, ont besoin en 2006 d’une aide alimentaire en raison de précipitations insuffisantes, de maladies frappant les récoltes et de la pauvreté. Les dirigeants des Nations Unies se sont entretenus avec le Président et ils ont visité un centre d’alimentation thérapeutique pour les femmes et les enfants souffrant de malnutrition.

Leur mission dans la région des Grands Lacs s’est terminée à Bujumbura jeudi. M. Morris et Mme Veneman sont allés au Kenya rencontrer le Président Mwai Kibaki alors que M. Guterres a gagné la Tanzanie.

Thomas Nybo a participé à cet article.


 

 

Vidéo (en anglais)

3 mars 2006 :
Le correspondant de l’UNICEF, Thomas Nybo, décrit la visite historique effectuée dans la région africaine des Grands Lacs par les dirigeants de l’UNICEF, du PAM et du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

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