République démocratique du Congo

De nouveaux combats provoquent le déplacement de plus de 10 000 personnes en République démocratique du Congo

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De jeunes garçons se tiennent derrière les barbelés qui entourent d’une barrière protectrice un camp abritant quelque 9 000 personnes déplacées dans la ville de Bunia, région orientale d’Ituri, RD du Congo.

Par Kun Li

NEW YORK, le 27 décembre 2005 : Une reprise des combats opposant les forces gouvernementales soutenues par les troupes du maintien de la paix de l’ONU et les milices d’opposition a déplacé au moins 10 000 personnes dans la région orientale de la République démocratique du Congo ces dernières semaines. Ces accrochages se produisent au moment où le pays s’efforce de se relever suite à la longue guerre civile.

« La RD du Congo s’oriente vers des élections l’année prochaine, et un accord de coopération à cet effet a été conclu entre un grand nombre de factions. Toutefois, il existe dans l’est du pays certaines milices qui ne sont pas parties prenantes de cet accord et qui luttent encore pour le pouvoir », a expliqué le représentant de l’UNICEF en RD du Congo M. Anthony Bloomberg.

Depuis que les combats ont éclaté en novembre, des milliers de personnes de la province du Katanga ont fui leur domicile. En réponse à cette situation d’urgence, l’UNICEF fournit des articles tels que bâches de plastique, ustensiles de cuisine et jerricanes aux populations déplacées que l’on a mises dans trois camps de secours différents. Des biscuits à haute valeur nutritive sont également fournis à l’intention des enfants comme des adultes.

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Une grande foule se rassemble devant les rangées de tentes d’un camp abritant quelque 9 000 personnes déplacées dans la ville de Bunia, région orientale d’Ituri, RD du Congo.

Médecins Sans Frontières, partenaire de l’UNICEF sur le terrain, estime qu’entre 300 et 400 personnes nouvellement déplacées, la plupart d’entre elles des femmes et des enfants, arrivent chaque jour au camp. « Les combats se poursuivent, ils  se déroulent au moment même où nous parlons, et il est encore trop tôt pour savoir exactement quelles vont en être les conséquences humanitaires. Mais dans un cas comme dans l’autre, l’UNICEF a élaboré un plan d’urgence et constitué des stocks pour que nous puissions réagir à ces situations aussitôt que possible », a ajouté M. Bloomberg.

Le conflit tue 1 000 personnes par jour

Non seulement les années de conflit ont fait des millions de morts, mais elles ont dans une grande mesure détruit l’infrastructure de l’éducation et de la santé dans le pays. En RD du Congo, un enfant sur cinq meurt avant son cinquième anniversaire, et un sur trois souffre de malnutrition. Le pays a également un taux de mortalité maternelle très élevé.

« Si l’on y ajoute les effets des déplacements de populations, on commence à se rendre compte du poids supplémentaire qui pèse sur la santé des enfants, leur nutrition et leur protection, alors que les milices continuent à recruter des enfants dans leurs forces armées », fait remarquer M. Bloomberg.

Travaillant avec ses partenaires pour répondre aux besoins des enfants déplacés et de leurs familles, l’UNICEF invoque également une augmentation de l’aide humanitaire pour la RD du Congo.

« Le Congo est victime d’une accumulation de circonstances très difficiles. On estime à 1 000 par jour le nombre de personnes qui meurent à cause de cet incessant conflit, dont une très grande proportion est constituée d’enfants », dit M. Bloomberg. « La communauté internationale doit s’intéresser davantage à la RD du Congo, augmenter son aide  et bénéficier d’une priorité plus élevée à l’ordre du jour international ».


 

 

Audio (en anglais)

Le 27 décembre 2005:
Le Représentant de l’UNICEF en RD du Congo M. Anthony Bloomberg évoque le déplacement de 10 000 personnes en raison de nouveaux combats dans le pays. 
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