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| © UNICEF République dominicaine/2010/Camposano |
| De son lit d'hôpital à Saint-Domingue, en République dominicaine, Maximillien François, 12 ans, fait la lecture à la Spécialiste des communications de l'UNICEF Jennifer Bakody. |
Par Jennifer Bakody
SAINT DOMINGUE, République dominicaine, 18 février 2010 – Dès le moment où j'arrive dans le service de pédiatrie de l'hôpital Dario Contreras, j'entends des cris de blessés. Environ une douzaine de jeunes gens sont allongés dans une pièce, certains serrés à deux dans un lit. Certains ont un de leurs proches à leurs côtés, certains sont seuls, beaucoup ont eu une jambe ou un bras amputé et semble que presque tout monde soit dans le plâtre. Des pansements tachés de sang sont étroitement enroulés autour de quelques têtes. D'autres enfants reçoivent des médicaments par perfusion. Un petit garçon a perdu un oeil.
C'est là où j'ai rencontré Maximillien François, 12 ans, et que sa mère a amené ici il y a environ trois semaines pour qu'il soit soigné.
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Max est en classe de septième à Delmas, une banlieue de Port-au-Prince. Le jour du tremblement de terre, il jouait à l'extérieur de l'école quand un mur s'est effondré, lui écrasant la jambe. Le seul frère qu'il avait, sont père et un proche cousin ont tous été tués quand un autre édifice s'est effondré sur eux.
La plupart des hôpitaux qui auraient pu soigner Max près de son domicile ont été détruits pendant le séisme mais sa mère a réussi à trouver de la place pour tous les deux dans un convoi partant pour la République dominicaine, le pays voisin. À la frontière, les médecins ont dit qu'ils n'avaient pas le matériel pour sauver la jambe de Max et ils l’ont envoyé dans un meilleur hôpital, dans la capitale, Saint-Domingue.
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| Maximillien François s'est blessé une jambe dans le tremblement de terre du 12 janvier en Haïti et a réussi plus tard à se rendre à l'hôpital Dario Contreras de Saint-Domingue, en République dominicaine. |
La passion d'apprendre
Le lit de Max se démarque des autres qui sont à proximité parce qu'il est couvert de piles de livres. Il en lit une douzaine par jour et a relu beaucoup d'entre eux deux fois voire plus. Ses préférés sont les romans policiers et les livres de Disney. Il se sent triste, dit-il, mais lire et écrire l'aide à se détendre. Son intelligence et son expressivité semblent se situer au-delà de ses 12 ans d'âge.
« Je me sens démoralisé, » m'a-t-il dit.
Voici un enfant qui a perdu plusieurs proches membres de sa famille. Il est gravement blessé, sans toit et ne va pas à l'école. Démoralisé est probablement le mot parfait pour décrire la situation mais c'est un mot que je me serais attendue à entendre chez un adulte.
Je ne suis pas la seule à avoir été frappée par l'intelligence de Max et sa délicatesse. Joelle Baur, une bénévole de l'hôpital, dit qu'elle a été immédiatement conquise par le garçon et qu'elle a voulu faire tout ce qu'elle pouvait pour améliorer sa situation. Il souffrait beaucoup mais ses efforts pour faire face à la douleur étaient héroïques.
Joelle Baur a été impressionnée par les excellentes connaissances du français de Max et elle s'est efforcée de lui faire parvenir des livres pour satisfaire ses demandes. Elle a fait connaître l'histoire à plusieurs journaux locaux. Les articles découpés racontant ses tribulations sont aujourd'hui fixés au mur qui est près de son lit.
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| Environ 50 enfants haïtiens victimes de blessures lors du tremblement de terre du 12 janvier sont actuellement soignés à l'hôpital Dario Contreras de Saint-Domingue. Des livres en français, que Maximillien, 12 ans, un lecteur passionné, a reçus en donation, ont pu parvenir jusqu'au service. |
Au début, quand il est arrivé, il semblait que Max allait perdre sa jambe, les médecins craignant qu'ils ne disposent pas du matériel nécessaire pour la sauver. Max ne possède pas de passeport ou les documents adéquats pour se rendre dans un meilleur hôpital. A la suite d'une autre opération cette semaine, Max a reçu de bonnes nouvelles : les médecins ont réussi à sauver sa jambe.
Beaucoup d'autres comme Max
Dans toute la région, beaucoup d'autres rescapés comme Max attendent les soins dont ils ont besoin. Pour certains, leur vie en dépend. Ma récente visite dans des hôpitaux en Haïti et en République dominicaine me rappelle le bilan des morts qui ne cesse de s’alourdir. Le Gouvernement haïtien l'a porté à environ 217 000 personnes. Les difficultés auxquelles sont confrontés les hôpitaux qui soignent les blessés d'Haïti montrent à quel point il est urgent d'améliorer les établissements médicaux afin que ce chiffre ne progresse plus.
Audio (en anglais)
Jennifer Bakody, de l'UNICEF, livre ses réflexions sur sa visite aux victimes du séisme en Haïti qui sont en train de se rétablir en République dominicaine.
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