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| © UNICEF Côte d’Ivoire/2011/Monier |
| Pafait devant sa salle de classe cadenassée dans le village de Beoua, dans l’Ouest de la Côte d'Ivoire. Les forces armées ont occupé son école pendant la crise politique et ne sont pas encore parties. |
Par Cifora Monier
BEOUA, Côte d’Ivoire, 24 juin 2011 – « Nous sommes arrivés à l'école à 7h30, comme d'habitude un jour d'école. À 8h30 exactement on a entendu un coup de feu en provenance du village voisin », se rappelle Pafait Guei, un garçon âgé de 14 ans. Il est en 6eme année du primaire à l'école du village de Beoua dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire.
Exclusion de l'école
« Les coups de feu ont duré encore une trentaine de minutes. Nos professeurs nous ont dit de rentrer à la maison comme personne ne savait ce qui se passait », dit-il. « J'avais très peur, non seulement pour moi mais aussi pour mes grands parents avec qui je vis. Ils sont très vieux ».
Pafait et ses amis ne sont plus retournés à l'école depuis ce jour, le 17 mars. La Côte d’Ivoire traversé une crise politique et des violences depuis l'élection présidentielle contestée de l'année dernière. Bien que l'impasse politique ait été résolue, après que le président Alassane Ouattara eut prêté serment, Il reste malgré tout encore un énorme effort à fournir pour rétablir une situation toujours instable dans le pays.
L'UNICEF, avec l'appui du gouvernement ivoirien et ses partenaires, un million d'enfants ont été ciblés par la campagne nationale "Back to school" (Retour à l'école) dans les 10 régions les plus vulnérables de l'Ouest et du Sud du pays.
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| © UNICEF Côte d’Ivoire/2011/Monier |
| Pafait Guei (en orange) avec ses amis à l’école primaire de Beoua dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Depuis mars ils ne peuvent plus suivre la classe en raison de la crise politique dans le pays. |
Pafait vit avec ses grands-parents maternels depuis la mort de maladie de ses parents, il y a six ans. Chaque matin, il lui faut marcher une heure pour aller de sa maison à l'école, et autant pour retourner à la maison. Beoua est à 110 km de Man la capitale régionale et à 700 km de la capitale économique, Abidjan.
« Je ne sais pas quand l'école reprendra. Je sais que ce n'est pas bon pour moi de rester assis à la maison, mais aucun des professeurs n'est retourné à Beoua, car leurs maisons sont toujours occupées par l'armée », explique Pafait.
Les soldats occupent les bâtiments scolaires
Plusieurs écoles dans l'Ouest ce la Côte d'Ivoire restent fermées, en raison de l'occupation des maisons de professeurs et, dans certains cas des bâtiments scolaires par les forces armées. L'UNICEF est actuellement activement engagé dans des négociations avec le gouvernement de Côte d'Ivoire pour obtenir que les maisons et les bâtiments occupés soit rendus immédiatement.
De plus, l'UNICEF encourage la mobilisation sociale et communautaire, améliore l'environnement scolaire, distribue des fournitures scolaires et forme des professeurs pour qu'ils puissent apporter un soutien psychosocial et institutionnel.
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| © UNICEF Côte d’Ivoire/2011/Monier |
| À droite du bâtiment de l’école primaire de Beoua, la maison d'un professeur a été occupée par les forces armées. En conséquence, les enfants de ce village de l’ouest de la Côte d'Ivoire sont toujours exclus de l'école. |
Empêchés d’aller à l'école, Pafait et ses amis aident leur famille à la ferme comme c'est la saison de plantation. Mais ils continuent de trainer autour de l'école chaque fois qu’ils le peuvent.
« Quand nous en avons terminé avec nos tâches quotidiennes, nous aimons nous retrouver dans la cour de l’école pour bavarder ». dit-il. « L'armée nous fait très peur mais elle nous dit rien quand nous pénétrons dans la cour de l’école ».
Étudier dans un environnement sûr et protecteur est crucial pour un enfant. Un des principaux défis de l'UNICEF reste ici l'accès à l'éducation pour les enfants les plus vulnérables dans les secteurs affectés par les conflits et l'insécurité qui s’en suit.
Des besoins humanitaires aigus
« Notre rôle consiste, avec nos partenaires, à renforcer et à poursuivre nos efforts, à préconiser la libération des écoles occupées par des groupes armés. Les enfants doivent pouvoir retrouver une école sécurisée afin de pouvoir exercer leur droit à l'éducation », explique la Spécialiste de l'Éducation de l'UNICEF, Helena Murseli, actuellement missionnée auprès du bureau de Côte d'Ivoire par le bureau régional régional de l'UNICEF au Sénégal.
Pafait attend toujours de pouvoir exercer son droit à l’éducation. « En principe ça devait être ma dernière année en primaire et je ne pense pas pouvoir aller au collège avant la prochaine année scolaire. Nous avons manqué tant de classes que je devrai probablement redoubler mon année », dit-il solennellement.
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