Côte d'Ivoire

L'histoire de Juliana : se remettre des violences en Côte d’Ivoire

Image de l'UNICEF
© UNICEF 2011/Côte d’Ivoire/Monier
Juliana, 13 ans, avec sa tante, Christine Gbela, devant leur tente du camp pour déplacés de la Mission catholique, à Duékoué, en Côte d’Ivoire.

Par Cifora Monier

DUÉKOUÉ, Côte d’Ivoire, 6 juin 2011 – À la fin du mois de mars, des tirs nourris éclatent dans le village de Niambly, dans l'ouest de la Côte d’Ivoire. Juliana Glomao, 13 ans, et sa famille doivent prendre rapidement la fuite.

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« Nous avons dû courir très vite avec les autres femmes et les enfants du village sinon les hommes armés nous avaient dit qu'ils nous tueraient alors qu'ils s'apprêtaient à supprimer les hommes du village »,  raconte Christine Gbela, la tante maternelle de Juliana.

Mais sa nièce ne s'en est pas sortie sans dommage. Dans la confusion provoquée par la bousculade et les coups de feu, Juliana, pétrifiée, a perdu prise et lâché la main de sa tante.

« J'avais perdu mes esprits », dit Christine Gbela. « Je ne peux même pas vous expliquer ce qui me passait par la tête. À un moment, je tenais la main de Juliana et une minute plus tard, elle n'était plus là ».

Christine Gbela, qui élève Juliana depuis que sa mère est morte quand elle avait juste 5 ans, n'avait pas d'autre choix que celui de continuer à avancer, cela pendant encore six heures jusqu'à ce qu'elle atteigne Duékoué et la Mission catholique appuyée par l'UNICEF et ses partenaires. La Mission est l'endroit où la majorité des déplacés ivoiriens ont cherché refuge pendant les six derniers mois à la suite des violences post-électorales dans le pays.

Lorsqu'elle est arrivée, Christine Gbela s'est mise à chercher Juliana. Personne ne l'avait vue, les habitants du village étant eux-mêmes traumatisés  par ce qu’ils venaient de subir.

Du soulagement au chagrin

Deux jours plus tard, un voisin du village de Christine Gbela est accouru à sa tente du camp pour lui faire savoir qu'ils avaient vu Juliana en train d'être transportée en brouette au centre médical installé à la Mission catholique.

Christine Gbela a aussitôt couru au centre médical et découvert Juliana gisant inconsciente et couverte de sang sur une natte, son pied droit complètement mutilé. « Quand je l'ai vue, j'ai commencé à pleurer de soulagement et d'émotion, il y avait tellement de sang, » se rappelle Christine Gbela.

Image de l'UNICEF
© UNICEF 2011/Côte d’Ivoire/Monier
Juliana a été séparée de sa tante alors qu'elles fuyaient les violences dans leur village de l'ouest de Côte d’Ivoire. Elle a perdu un pied et reçoit actuellement une aide psychosociale à Duékoué avec l'appui de l'UNICEF.

Juliana avait reçu une balle dans le pied droit. Elle a aussitôt été transférée dans un centre médical mieux équipé dans la petite localité de Bangolo, à 50 km de Duékoué.  Christine Gbela a accompagné Juliana et est restée avec elle pendant trois semaines. Le pronostic n'était pas bon.

« Un jeune médecin est venu me voir après avoir examiné Juliana. Il m'a dit qu'ils allaient devoir lui couper le pied », raconte Christine Gbela. « Je ne pouvais pas comprendre ou croire ce qu'il était en train de me dire. J'ai simplement dit que je voulais qu'elle aille mieux et que s'ils devaient lui couper le pied, qu'ils le fassent ».

Juliana est restée sans connaissance pendant une semaine. Quand elle a finalement repris conscience, elle ne pouvait pas parler. Pour l'aider à faire face au traumatisme qu'elle avait subi, les assistantes sociales de la Mission catholique lui ont donné un traitement médical.

Récupérer des forces

« Elle a fait d'énormes progrès », explique Cécile Koffi qui s'occupe de Juliana depuis plus d'un mois Cécile Koffi est assistance sociale au Centre d'écoute de la Mission catholique en partenariat avec l'Association de soutien à l'autopromotion sanitaire et urbaine, une ONG qui fait la promotion de la santé en milieu urbain. « À présent, elle peut parler et elle  se rappelle en partie ce qui lui est arrivé ». 

Le processus pour aider Juliana se poursuit, comme c'est le cas lorsqu'il s'agit d'assurer des soins qui conviennent à tous les enfants affectés par les violences en Côte d'Ivoire.

« L'UNICEF et ses partenaires ont travaillé ensemble pour mettre en place des centres dans les sites pour personnes déplacées afin de pouvoir épauler les enfants séparés de leurs familles » déclare Laetitia Bazzi, responsable de la protection de l'enfance à l'UNICEF en Côte d'Ivoire. « Nous étendons à présent nos activités à l'extérieur de ces sites... et offrons une aide psychosociale ». 

Quand on demande à Juliana de décrire ce qu'elle ressent, elle répond qu'elle voudrait « être normale » et retourner jouer avec ses amies. « Je veux de nouveau rire et sourire mais le pied qu'ils m'ont coupé me fait toujours mal alors je dois encore rester sous la tente ».

Juliana a retrouvé sa tante et ses proches, mais elle continuera à recevoir l'aide psychosociale et les soins dont elle a besoin, tandis qu'avec sa famille elle attend de pouvoir retourner chez eux.


 

 

Audio

3 juin 2011 - la responsable de la protection de l'enfance à l'UNICEF en Côte d'Ivoire, Laetitia Bazzi,  explique le plan d'aide de l'organization por aider à la réunification des enfants séparés de leurs familles après les violences post électorales en Côte d'Ivoire.
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