Côte d'Ivoire

En Côte d’Ivoire, les familles font face à la vie quotidienne dans un pays divisé

Image de l'UNICEF
© UNICEF/Côte d'Ivoire/2011/Slavin
Theresa Konan a accueilli 91 membres de sa famille dans sa maison de Tiebissou, en Côte d’Ivoire. Sa modeste habitation est à présent occupée au-delà ses capacités.

Par Patrick Slavin

TIEBISSOU, Côte d’Ivoire, 10 février 2011 – Theresa Konan vit dans une petite ville, près de la « zone de confiance » de ce pays de l'Afrique de l'Ouest, une zone militaire qui sépare le pays en deux territoires : le nord et l'ouest, contrôlé par les Forces nouvelles, qui soutiennent le Président Alassane Ouattarra; et le sud, occupé par les Forces de défense, placées sous le commandement du Président Laurent Gbagbo.

La Côte d'Ivoire est en état de crise politique depuis les élections présidentielles qui se sont déroulées à la fin de l'année dernière et n'ont pas trouvé d'issue.

Le mois dernier, les forces rivales des deux présidents se sont accrochées dans le village de Yaakro, situé à seulement 2 kilomètres de Tiebissou. Après l'incident, les Forces de défense ont ordonné aux habitants de cette localité de 2 000 habitants d'évacuer les lieux. Aujourd'hui, le village est un camp militaire occupé seulement par des soldats.

« Ouvrir leurs portes »

 Aussitôt après l'évacuation, Therese Konan s'est retrouvée avec 91 parents déplacés à accueillir chez elle. Elle a aussi huit enfants à elle, ce qui a fait passer le nombre d'habitants de son foyer à 99 personnes. Sa modeste habitation, située près de Yaakro, est maintenant emplie au-delà de ses capacités et, à la fin, le stress a commencé à la gagner.

Bien que Therese Konan, 55 ans, apprécie d'accueillir des parents chez elle, loger tant de monde – pour pendant ce qui sera en toute probabilité une longue période – est harassant.

« C'est ce que les familles sont en train de faire dans l'ouest et le nord de la Côte d'Ivoire : ouvrir leurs portes à leurs proches et parfois à des étrangers, partager leur toit et ce qu'elles ont, ce qui, dans de nombreux, nombreux, est au départ très peu », a expliqué le représentant de l'UNICEF en Côte d'Ivoire, Agostino Paganini.

Fournitures pour les déplacés

Therese Konan, une enseignante du secteur public à la retraite, a l'apparence d'un « gendarme » avec, pourtant, des airs de grand-mère. « Nous faisons de très, très grand repas et tout le monde mange », a-t-elle dit. « Mais chacun est limité à des petites portions et chacun participe comme il peut ».

« Accueillir un groupe d'une telle taille est difficile pour les familles », a ajouté le Dr Leonard Kouadio, responsable de la Santé dans le bureau local de l'UNICEF à Bouake, en Côte d’Ivoire. « Il y a des toilettes et une douche pour 99 personnes et il existe de sérieux problèmes de protection concernant les enfants ».

L'UNICEF a commencé à distribuer des fournitures d'urgence aux foyers débordés du secteur dont des matelas pour dormir, des couvertures, du savon, des comprimés pour la purification de l'eau, des bidons, des fournitures scolaires, du matériel de loisirs et des moustiquaires pour protéger les enfants du paludisme. En outre, l'UNICEF a mieux sensibilisé aux problèmes de protection de l'enfance les anciens du village et les enfants eux-mêmes.


 

 

Recherche