Côte d'Ivoire

L’UNICEF et ses partenaires se mobilisent pour vaincre la poliomyélite en Côte d’Ivoire

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© UNICEF video
Un enfant reçoit une dose orale du vaccin contre la poliomyélite au cours de la campagne de vaccination menée en Côte d’Ivoire dans le cadre des efforts synchronisés déployés dans huit pays d’Afrique de l’Ouest.

Par Yvette Bivigou

ADIAKÉ, Côte d’Ivoire, 3 mars 2009 – L’UNICEF, l’Organisation mondiale de la santé et le Rotary International ont la semaine dernière appelé à une relance de la mobilisation destinée à éradiquer la poliomyélite en Côte d’Ivoire, inaugurant à cette occasion à Adiaké, dans le département du même nom, la première tournée de la nouvelle campagne de vaccination.

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Cette campagne de vaccination à l’échelle nationale a pour objectif d’immuniser près de 6 millions d’enfants et s’inscrit dans le cadre des efforts synchronisés déployés dans huit pays d’Afrique de l’Ouest pour éradiquer la poliomyélite : Côte d’Ivoire, Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Ghana, Togo et Nigéria. Les deux premières tournées de vaccination ont pris fin hier.

Une campagne qui cible 5,8 millions d’enfants
Pour cette offensive, destinée à éliminer cette maladie qui paralyse et tue même parfois ses victimes, l’UNICEF et ses partenaires ont joint leurs efforts à ceux du ministère de la Santé afin de mobiliser la population en faveur des Journées nationales de vaccination.

L’UNICEF a contribué, à hauteur d'un million de dollars E.-U., au financement de la première phase de la campagne de vaccination menée en Côte d’Ivoire. Le gouvernement a fourni le soutien logistique et le personnel, dont 32 747 agents vaccinateurs, 1637 superviseurs des équipes mobiles, 1620 agents de mobilisation, 415 coordonnateurs départementaux et 166 agents de contrôle.

La campagne cible plus de 5,8 millions d’enfants jusqu’à l’âge de cinq ans. À cette fin, des doses du vaccin antipoliomyélite mVPO1 ont été acheminées vers les 18 départements du pays.

Une menace à prendre très au sérieux
Le 27 février, lors du lancement des Journées nationales de vaccination, les responsables portaient un jugement mitigé sur les résultats obtenus à cette date. Ils se déclarent satisfaits que les progrès notables accomplis depuis 2004 aient permis d’enrayer la propagation de la maladie ; mais ils s’inquiètent de l’annonce d’un nouveau cas, apparu en décembre 2008 dans le département d’Adiaké, dans le Sud-ouest du pays.

Ce cas de virus sauvage de la poliomyélite a été détecté quand Aïcha, une petite fille de trois ans, est tombée malade en décembre 2008 dans le village de Kacoukro près d’Adiaké. Le premier diagnostic avait été celui d’un cas de paludisme, mais quand Aïcha à commencé à boiter, un prélèvement a été rapidement opéré et envoyé à l’Institut Pasteur.

Début janvier, la maladie a été confirmée comme un cas de poliomyélite. Aïcha n’avait jamais été vaccinée contre aucune maladie à cause de la méfiance ressentie par les gens de son village envers toute forme de vaccination.

« Il est regrettable qu’il ait fallu qu’Aïcha, cette petite fille de trois ans, attrape la polio pour que les gens de son village et au-delà commencent à croire que la vaccination est utile et doit être prise au sérieux pour chaque enfant, » a déclaré la Représentante de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Maarit Hirvonen. Elle estime que l’on peut imputer la réapparition de la polio dans le pays à l’effondrement partiel du système de santé et au manque de soutien dont bénéficient les vaccinations de routine.

« Un seul cas est un cas de trop »
Avant que ce cas ne soit signalé, la Côte d’Ivoire était sur le point d’être certifiée comme pays ayant éradiqué la poliomyélite. En 2004, à la suite de la signalisation de 17 cas du virus sauvage de la poliomyélite, la couverture du pays par les opérations de vaccination s’était améliorée grâce à l’organisation de campagnes supplémentaires.

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© UNICEF Côte d'Ivoire/2009/Bivigou
Maarit Hirvonen, la représentante de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, a participé personnellement à la campagne de vaccination contre la poliomyélite.

« Un seul cas est un cas de trop, » affirme le docteur Komlan Siamevi, Représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire. « Nous traitons la situation en Côte d’Ivoire comme une épidémie. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher la propagation de la polio et pour ne pas compromettre les gains obtenus par la vaccination et les efforts soutenus déployés contre cette maladie; nous sommes pleinement conscients des conséquences, paralysies et souvent décès, qui en résulteraient. »

La détérioration du système de santé et le manque de vaccins a fait baisser en 2007 et 2008 le nombre de vaccinations de routine effectuées en Côte d’Ivoire. Depuis 2002 et la guerre qui a divisé le pays, plus de 80 pour cent du personnel sanitaire des régions du Nord du pays a fui pour la sécurité des zones méridionales.

« Je n’hésite pas à dire que l’insuffisance des efforts pour relancer les vaccinations de routine sont la cause de l’apparition de ce nouveau cas, affirme Mme Hirvonen, bien que des campagnes de vaccination de masse supplémentaires soient essentielles, elles ne peuvent suffire à éradiquer la polio. Je pense que tous les États de la région soutiennent maintenant fermement les efforts de vaccination. Ils comprennent qu’il est de leur propre intérêt de sauver la vie des enfants. J’espère seulement qu’aucun enfant ne sera oublié au cours de cette campagne en Côte d’Ivoire. »


 

 

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2 mars 2009 : le reportage d’Eva Gilliam pour l’UNICEF sur la première tournée de la campagne de vaccination menée en Côte d’Ivoire dans le cadre des efforts synchronisés pour éradiquer la poliomyélite en Afrique de l’Ouest.
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