Côte d'Ivoire

Briser le cycle de l’ignorance mortelle en Côte d'Ivoire

Image de l'UNICEF: Côte d’Ivoire, HIV Prevention
© UNICEF Côte d’Ivoire/2007/Vidal-Dubuc
Les éducateurs pour les pairs Hervé Yao et Carole Gnamaka montrent comment se servir d’un préservatif pendant une discussion de groupe sur le VIH à Abidjan, Côte d’Ivoire.

Par Stéphanie Vidal-Dubuc

Dans les prochaines semaines, l’UNICEF publiera une série de reportages sur des initiatives qui ont permis de promouvoir une vie saine, d’offrir une éducation de qualité, de lutter contre le VIH/SIDA, et de protéger les enfants contre les mauvais traitements, l’exploitation et la violence. Ceci se fera dans le cadre d’une édition spéciale de Progrès pour les enfants en 2007 dans lequel les progrès accomplis pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, notamment ceux qui concernent enfants, seront examinés. « Un monde des enfants, bilan statistique » sera lancé le 10 décembre 2007.

ABIDJAN, Côte d’Ivoire, 28 août 2007 — Il fait chaud en ce samedi et des jeunes se sont rassemblés sous un arbre, à l’abri des rayons directs du soleil. Ils écoutent avec attention Hervé Yao, 26 ans, et Carole Gnamaka, 17 ans, leur parler de pratiques sexuelles sans risques. Ces éducateurs pour pairs, c'est-à-dire pour des jeunes de leur âge, viennent tous les week-ends expliquer aux jeunes du quartier les dangers associés au VIH, comment le virus est transmis, et par quels moyens on peut s’en protéger.

Certains signes indiquent que le taux de prévalence du VIH fléchit en Côte d’Ivoire ait été estimé à 7,1 pour cent en 2005, d’après un rapport des Nations Unies de 2007. Le taux de prévalence chez les jeunes femmes enceintes est passé de 10 pour cent en 2001 à 6,9 pour cent en 2005.

Pour enrayer la propagation du SIDA, il est essentiel de mieux sensibiliser les jeunes aux risques de l’épidémie et de les encourager à adopter des comportements plus sûrs. Trop souvent, cependant, les jeunes, notamment dans les milieux les moins privilégiés, ne savent pas où et comment se procurer des informations et des services ou n’y ont tout simplement pas accès.

Un message qui vient des pairs

M. Yao et Mlle Gnamaka vivent à Abobo, l’un des quartiers les plus défavorisés d’Abidjan, qui est la plus grande ville de Côte d’Ivoire. Dans cette zone densément peuplée, nombreux sont les jeunes qui ont quitté l’école et qui sont au chômage. Comme ils ne sont rattachés à aucune organisation officielle, ils ont moins de chances de recevoir des informations adéquates en matière de santé, et courent de ce fait un risque accru de contracter le VIH ou d’autres infections sexuellement transmissibles (STI).

Il y a quelques mois, Edson Djeni, un éducateur de Lumière Action, une organisation non gouvernementale, a démarré un projet d’éducation sur le SIDA pour les pairs à Abobo. Il a demandé à M. Yao et à Mlle Gnamaka, qui étaient déjà membres d’une organisation pour la jeunesse, de devenir des éducateurs pour jeunes.

« Au début, nous n’avions aucune idée de ce que pouvait être un éducateur pour les pairs, et nous ne savions pas grand-chose sur le SIDA », rappelle M. Yao. « Mais maintenant, j’en sais beaucoup plus et je comprends comment les informations qu’on donne peuvent sauver des vies. »

Le projet de Lumière Action a recours à l’éducation pour les pairs pour informer les jeunes sur le SIDA. Des éducateurs comme M. Yao et Mlle Gnamaka sont formés pour organiser des activités pédagogiques destinées à leurs pairs, qui sont définis comme des jeunes du même âge, de même origine et qui ont les mêmes intérêts.

Image de l'UNICEF: Côte d’Ivoire, HIV Prevention
© UNICEF Côte d’Ivoire/2007/Vidal-Dubuc
M. Yao et Mlle Gnamaka avec leur superviseur à Lumière Action, Edson Djeni.

Education et prévention

Le projet adopte une approche globale en offrant des tests de dépistage du VIH gratuits et volontaires, des conseils, des activités pédagogiques, et en orientant les jeunes séropositifs vers des centres de traitement. À ce jour, le projet compte 300 membres, bénévoles pour la plupart, qui croient que l’éducation est l’une des meilleures défenses contre le VIH et les STI.

M. Djeni, qui travaille bénévolement depuis quatre ans, a d’abord été éducateur pour les pairs à Lumière Action. À présent, il est responsable de la cellule de formation de l’éducation pour les pairs. Au départ, c’est sa sœur aînée, séropositive, qui lui a demandé de se mobiliser.

« Je n’arrêterais pour rien au monde maintenant », dit-il. « Lumière Action est devenue comme une famille. Mais surtout, je veux être là pour ma soeur. »

Faire une différence

Tous les bénévoles ont pris le même engagement et partagent le même enthousiasme pour aider leur communauté. Bien que M. Yao et Mlle Gnamaka ne travaillent que depuis peu comme éducateurs pour les pairs, ils sont fiers de ce qu’ils ont déjà pu accomplir.

« Je me sens extrêmement fière de pouvoir aider mes pairs et démystifier les problèmes qui entourent le SIDA et les STI », dit Mlle Gnamaka. « Je suis sûre qu’à long terme, mon action contribuera à sauver des vies. »

« Lorsque je marche dans la rue, les gens me reconnaissent », dit M. Yao. « Ils viennent me voir pour me poser des questions, ou parfois pour me demander où ils peuvent se procurer des préservatifs. Maintenant, ils ont mieux conscience des risques de transmission, et je suis heureux de les aider à se protéger. »


 

 

Campagne contre le SIDA

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