Côte d'Ivoire

Au premier anniversaire de la campagne contre le SIDA, vivre avec le VIH en Côte d’Ivoire

Image de l'UNICEF
© UNICEF Côte d’Ivoire/2006/Westerbeek
Kouadio, 6 ans, utilise un kit d'éducation UNICEF dans un centre de santé en Côte d'Ivoire.

Par Alexandra Westerbeek

L’UNICEF et ses partenaires célèbrent le premier anniversaire de la campagne UNISSONS-NOUS POUR LES ENFANTS, CONTRE LE SIDA, lancée à New York le 25 octobre 2006. L’histoire qui suit illustre la stigmatisation associée au VIH/SIDA, problème de fond auquel la campagne en cours se trouve confrontée dans le monde entier.

CÔTE D’IVOIRE, le 25 octobre 2006 – Il y a aujourd’hui près de 100 visiteurs qui attendent dans ce centre de santé, soutenu par l’UNICEF. Des femmes et des hommes, beaucoup d’entre eux accompagnés de leurs bébés et de leurs enfants, se sont mis en quête de services nombreux et variés : tests de dépistage du VIH, services de conseils et traitements médicaux pour les maladies sexuellement transmissibles et pour celles qui sont liées au VIH/SIDA.

Un joli petit garçon est assis en silence avec deux femmes à attendre son tour. Kouadio (ce n’est pas son vrai nom) a six ans et commence l’école cette année. Une assistante sociale s’approche et lui remet une trousse scolaire de l’UNICEF. Excité, il regarde le contenu du sac avec fierté. Il y a là une ardoise, de la craie, des stylos, des crayons noirs et des crayons de couleur, des cahiers, une règle et des ciseaux.

Ses deux tantes, Miranda et Doris (ce ne sont pas leurs vrais noms) sont satisfaites. L’assistante sociale a confirmé que le centre allait prendre en charge les droits de scolarité de Kouadio. Sans l’aide du centre, il ne pourrait pas aller à l’école.

Résultats positifs au test de dépistage du VIH

En plus de leurs propres enfants (Miranda en a deux et Doris six), les deux femmes s’occupent aussi de Kouadio, abandonné par son père il y a longtemps. Sa mère (leur sœur) est morte d’une maladie liée au SIDA il y a à peu près sept mois.

C’est après la mort de sa mère que les médecins ont recommandé que Kouadio subissent un test de dépistage du VIH. Les résultats ont été positifs.

Le garçon, ses tantes et leurs enfants vivent à présent tous ensemble dans une petite maison de béton à la périphérie de la ville. Les enfants se partagent deux chambres à coucher, mais les garçons qui partagent une chambre avec Koudio sont ceux qui ont le plus de chance : ils dorment sous la seule moustiquaire de la maison, que l’on a donnée à Kouadio pour le protéger du paludisme.

Kouadio ne comprend pas sa maladie. Ses tantes n’ont jamais dit, ni à lui ni aux autres enfants, qu’il est atteint de la maladie qui a emporté sa mère. Il subit actuellement un traitement antirétroviral prodigué par le centre de santé.

«Depuis qu’il a été mis sous antirétroviraux, il va beaucoup mieux», dit Doris. « Avant, il attrapait beaucoup de rhumes et d’infections. »

« Nous avons décidé de ne pas parler »

Le VIH/SIDA est toujours tabou, et on en parle rarement en Côte d’Ivoire.

« Les gens sont souvent rejetés par leur famille et leurs amis, surtout parce que c’est encore une maladie assez peu connue », explique l’assistante sociale du centre de santé. « Les gens ne comprennent pas ce qu’est le VIH/SIDA. Voilà pourquoi les programmes d’information et d’éducation des jeunes par d’autres jeunes sont si importants pour atteindre les personnes infectées et touchées, et la population dans son ensemble. »  

Une des tantes de Kouadio ajoute : « Même si nos enfants, nos amis et la communauté en savaient davantage sur le VIH/SIDA, je ne suis pas sûre qu’il serait complètement accepté. Les choses changeraient, même si nous tentions de créer un environnement de tolérance et de bienveillance. Cela me préoccupe. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de ne pas parler de sa maladie. »

« J’espère que sa situation demeurera un secret », chuchote Miranda tout en jetant un regard plein d’affection sur le petit garçon.

L’école a repris ce mois-ci, et Kouadio est un des 200 enfants du voisinage qui ont la chance d’y aller. Il ne sait pas encore à quoi il faut s’attendre, mais il se réjouit à l’avance d’être devenu un des « grands garçons ».

« Je veux aller à l’école, et quand j’aurai fini, je veux devenir médecin », dit-il avec fermeté, le sourire aux lèvres. « Je veux devenir médecin parce que je veux me guérir ».


 

 

Vidéo (en anglais)

25 Octobre 2006:
Le correspondant Thomas Nybo de l'UNICEF  fait un rapport sur la campagne pour les enfants atteinds du VIH/SIDA en Côte d'Ivoire.
 VIDEO haut | bas

Campagne contre le SIDA

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