Côte d'Ivoire

Après deux années de troubles civils, les élèves se préparent aux examens en Côte d’Ivoire

Image de l'UNICEF
© UNICEF Côte d’Ivoire/2006
L’UNICEF et ses partenaires ont coordonné la sécurité de 66 centres d’examen dans la région du nord de la Côte d’Ivoire et contribué à la surveillance des épreuves.

Par Sabine Dolan

NEW YORK, 13 mars 2006 – Après avoir attendu deux ans, des élèves de Côte d’Ivoire ont pu finalement passer leurs examens finaux et achever ainsi leurs études.

Plus de 80 000 élèves du secondaire dans le nord de la Côte d’Ivoire passent en ce moment leurs examens, jusqu’à la date du 17 mars. Certaines écoles avaient réussi à rester ouvertes mais les examens de fin d’année avaient été annulés en raison des troubles civils.

Environ 1 million d’enfants de la région se sont vus refuser leur droit à l’éducation depuis 2003, date à laquelle le conflit ethnique et civil a obligé de nombreux enseignants et fonctionnaires à fuir. Même lorsque les écoles continuaient d’opérer, les études n’étaient plus validées par le processus d’examen officiel et les communautés locales n’avaient plus confiance.

Le soulagement des élèves et des enseignants

Ces retards ont effondré Abdoulaye Bakayoko, élève de 12ème année. « La première année sans examen, la situation était catastrophique, toutes mes ambitions professionnelles en ont pris un coup », dit le garçon, qui voulait devenir enseignant. Pendant que ses amis d’en dehors de la région nord du pays passaient leurs examens et avançaient, il prenait du retard. Sans diplôme de fin d’études secondaires, il ne pouvait s’inscrire à l’université.

« Je voulais aller étudier ailleurs mais je n’en avais pas les moyens, ajoute-t-il, l’année d’après quand on nous a dit qu’il n’y aurait pas d’examens encore une fois, je me suis dit que c’était fini pour moi ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Côte d’Ivoire/2006
Après une interruption de deux années, plus de 80 000 élèves du secondaire dans le nord de la Côte d’Ivoire passent en ce moment leurs examens, jusqu’à la date du 17 mars. Les examens n’avaient pu être organisés en raison des troubles civils.

Cette année, le Gouvernement de la Côte d’Ivoire a décidé d’organiser des examens à l’échelle du pays et d’éliminer, une fois pour toutes, cette situation floue affectant des dizaines d’enfants comme Abdoulaye.

Elèves et enseignants s’en sont réjouis. M. Yao Teki, proviseur du Lycée Domoraud, une école de la région du nord explique :  « La nouvelle nous a beaucoup soulagés. On s’est dit que maintenant on pensait à nous. Cela va relancer les activités scolaires dans notre zone ».

La coordination, une tâche colossale

L’UNICEF a salué l’initiative du gouvernement, qui contribuera à ramener les enfants à une vie normale et mettre un terme aux violations de leur droit à l’éducation, tel qu’il figure dans la Convention relative aux droits de l’enfant. La Côte d’Ivoire a ratifié la convention en 1991.

La décision du gouvernement de commencer à redéployer le personnel enseignant est le signe d’une évolution positive pour tous les enfants et toutes les familles du pays – et en particulier pour tous ceux qui vivent dans les régions frappées de plein fouet par la crise civile.

L’UNICEF a pris la tête des efforts logistiques pour l’organisation des examens finaux. Avec ses partenaires, l’UNICEF a mis sur pied 66 centres d’examen où les épreuves peuvent se dérouler en toute sécurité. Tous les tests ont été transportés sous escorte de la police de l’ONU vers divers bâtiments du Ministère de l’éducation nationale.

La coordination a posé des problèmes complexes : environ 20 pour cent des enseignants et personnel administratif n’ont pu arriver à temps pour le premier jour des examens. Le petit nombre d’élèves en certains endroits était encore plus préoccupant : il s’explique par le fait que les dates exactes du test avaient quelquefois été mal communiquées. On a donc pris des mesures urgentes pour informer la population par le biais des églises, mosquées et notables.

Droit à l’éducation

Pendant toute la durée des troubles civils en Côte d’Ivoire, l’UNICEF a continué de favoriser l’accès à l’éducation en organisant des écoles satellites et en distribuant des équipements pédagogiques aux enfants et aux enseignants. Des activités psychosociales ont également été organisées pour venir en aide aux enfants affectés par la crise.

En 2005, l’UNICEF a mobilisé toutes les institutions de l’ONU pour un programme de retour à l’école. Résultat, 200 écoles ont été rénovées et 550 000 trousses pédagogiques ont été distribuées, en privilégiant les filles car leurs perspectives en matière d’éducation « classique » sont compromises par une discrimination sexiste fort répandue. Le programme a également coordonné les activités visant à mobiliser la société, encouragé les chaînes de télévision et les radios à diffuser des messages soulignant le droit de chaque enfant à l’éducation.

Alors que commencent les examens, l’UNICEF a réaffirmé son engagement à rétablir le droit de tous les enfants de la Côte d’Ivoire à l’éducation.


 

 

Audio (en anglais)

14 mars 2006:
Le Représentant de l'UNICEF en Côte d'Ivoire Youssouf Oomar parle de la reprise des examens finaux dans les écoles du nord.

UNGEI

Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
Recherche