Côte d'Ivoire

Après trois ans de conflit, les enfants de Côte d’Ivoire retournent à l’école

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Une fille de l’école primaire Dar Es Salaam de Bouaké en Côte d’Ivoire, où trois ans de guerre civile et de conflit ethnique ont gravement nui à l’éducation.

Par Bob Coen

BOUAKÉ, Côte d’Ivoire, 22 décembre 2005 – Plus de deux mois après le début de l’année scolaire, les salles de classe de l’école primaire Dar Es Salaam sont à moitié vides. Dans une classe plutôt typique de la situation générale, les élèves sont assis à des pupitres brisés sous un plafond qui s’effrite, pendant que le maître copie la leçon du jour au tableau en se servant du seul manuel écorné qui lui reste.

La guerre civile et ethnique qui a divisé la Côte d’Ivoire pendant ces trois dernières années a plongé le système scolaire dans le chaos. Depuis que la crise a éclaté en 2002, plus de la moitié des enfants d’âge scolaire, soit plus de 700 000 au total, ont été forcés d’abandonner leurs études.

« Ça me rend malade, dit le directeur de l’école Assita Traoré, je veux simplement voir l’école rouvrir. L’école n’a rien à voir avec la guerre. Je veux que l’école ouvre et que les gens envoient leurs enfants à l’école. »

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La plupart des enseignants ont été obligés de fuir avec les autres fonctionnaires et de nombreuses écoles ont été endommagées pendant les combats, ou brûlées et pillées ensuite.

Les écoles de la moitié nord du pays, en particulier, ont été durement frappées. La plupart des enseignants ont été obligés de fuir avec les autres fonctionnaires et de nombreuses écoles ont été endommagées pendant les combats, ou brûlées et pillées ensuite.

La situation est compliquée par le fait qu’aucun examen national n’a eu lieu ici depuis plus de deux ans et demi, ce qui paralyse l’éducation de plus de 600 000 enfants. Conséquence, de nombreux parents ont choisi de ne plus envoyer leurs enfants à l’école. D’autres ne peuvent simplement plus se le permettre à cause de l’effondrement d’une grande partie de l’activité économique dans la région.

« Nous avons un problème grave, très grave. Pour ma part, c’est une tragédie », dit Youssouf Oomar, Représentant de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, en évoquant les bouleversements que la crise a entraînés dans les études de tant d’enfants.

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Depuis le début de la crise en 2002, plus de la moitié des enfants d’âge scolaire du pays ont été forcés d’abandonner leurs études.

Remettre le système éducatif de la Côte d’Ivoire sur les rails est une des grandes priorités de l’UNICEF. L’organisation est en train de réparer plus de 200 écoles endommagées et soutient la formation de 4 500 enseignants à travers tout le pays. En collaboration avec ses partenaires, l’UNICEF a aussi lancé une vaste campagne d’information sur le retour à l’école et distribue plus de 500 000 colis d’éducation.

Les semaines récentes ont vu le processus de paix lancé par les Nations Unies, bloqué depuis des mois, faire des progrès certains. Un nouveau Premier ministre a été désigné, ce qui permet maintenant de commencer à désarmer les groupes armés et à préparer l’organisation d’élections pour octobre 2006.

L’UNICEF a lancé un appel à toutes les parties pour leur demander de s’assurer que l’éducation soit une priorité. « Nous devons faire revenir tous les enfants à l’école, dit Youssouf Oomar, nous devons faire revenir les enfants là où ils devraient être – sur les bancs de l’école! »

La stabilité du système éducatif ne peut être garantie que si une paix durable s’installe. Tant que cet objectif ne sera pas atteint, le droit fondamental à l’éducation de nombreux enfants ivoiriens restera lettre morte.


 

 

Vídeo (en anglais)

22 décembre 2005 :
Le reportage du correspondant de l’UNICEF, Bob Coen, sur les trois ans de conflit qui ont interrompu les études de plus de la moitié des enfants de Côte d’Ivoire.

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