Colombie

Les programmes d'enseignement dans les situations d'urgence offrent une bouée de sauvetage aux enfants de Colombie

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© UNICEF/NYHQ2009-1817/Markisz
Carlitos, 8 ans, debout en face de sa maison, à Moravia, un quartier pauvre de Medellin, la capitale du département d'Antioquia. La maison n'a pas d'eau courante et est construite sur une décharge de produits toxiques du nom d'El Morro.

Par Gabrielle Galanek

BOGOTA, Colombie, 16 décembre 2009 – Pendant plus de 40 ans, la Colombie a vécu des conflits mais en plus le pays a été régulièrement frappé par des catastrophes naturelles.

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« Le plus grand défi qui se pose à la Colombie est la violence, » dit le Représentant de l'UNICEF en Colombie, Paul Martin. « La violence au foyer, la violence à l'école, la violence dans la rue. C'est un pays qui est totalement traumatisé par la violence. »

Selon le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, la Colombie est le second pays du monde en nombre de personnes déplacées  – près de 3 millions de personnes –, derrière le Soudan et  avant l'Iraq.

La violence provoquée en Colombie par les groupes armés illégitimes a engendré une crise humanitaire grave dont les effets éprouvent les enfants et les jeunes qui ont du mal à se construire un avenir stable.

Se concentrer sur les droits

Au nord, dans la ville de Medellin, un solide partenariat s'est établi autour du programme « Esculea Busca al Niño(a) » (EBN) ou encore « L'école qui va vers les enfants ». Clara Serna participe à l'EBN depuis sa création et s'occupe de la gestion du programme.

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Des filles de troisième année jouent dans le cadre de leurs activités scolaires à l'école primaire du centre d'études Antonio de la Torre y Miranda, à Lorica, dans le département de Córdoba, au nord du pays.

« Nous allons dans les quartiers, nous trouvons les enfants qui ne sont pas scolarisés, nous les évaluons et ensuite nous commençons à parler à la famille pour savoir pourquoi ils ne sont pas à l'école. Ensuite, quand nous savons pourquoi, nous commençons à résoudre les difficultés, les problèmes qui leurs sont propres, » explique-t-elle.

Le programme est conçu pour donner aux enfants le soutien dont ils ont besoin pour effectuer leur retour dans un environnement scolaire. Le programme a réussi à prendre de l'ampleur grâce à un partenariat solide avec le gouvernement.

« Nous sommes passés du simple fait d'offrir des services à celui de nous concentrer sur les droits, » déclare Lucia Hincapie, la sous-secrétaire de l'Éducation à Medellin. « De cette façon, nous pouvons veiller à ce que tous les droits des enfants soient assurés, indépendamment de leur origine sociale et culturelle. »

L'UNICEF, le gouvernement, la société civile et l'université locale collaborent également pour assurer une formation absolument nécessaire aux enseignants. Cela permet de veiller à ce que les enseignants soient formés à des méthodologies adaptées pour travailler avec les jeunes touchés par la violence et le déplacement.

 Des rues à l'école

Dans le centre de Medellin, dans les rues de Nikitao, beaucoup de jeunes sont sans-abri ou vivent dans des endroits exigus et délabrés. Beaucoup d'entre eux sont des victimes de la violence et ont eu des parents qui ont participé au conflit armé.

Une organisation travaillant avec le Cabinet du Maire de Medellin et de concert avec le programme EBN se risque la nuit dans les rues pour rechercher des enfants qui ont besoin d'assistance.

Cette nuit, ils amorcent délicatement une conversation avec Monica et son amie Katerina pour savoir de quel genre de services et d'aide elles ont besoin. Katerina et Monica acceptent d'aller avec le personnel pour participer à un programme de services sociaux de Medellin où on s'occupera d'elles et où leur situation recevra une attention particulière et un suivi de la part du groupe du Maire.

 Surmonter les catastrophes naturelles et la violence

A Lorica, dans les plaines du nord de la Colombie, les effets du conflit sont vivement ressentis mais les habitants sont également victimes de vastes inondations qui empêchent les enfants de se rendre à l'école chaque fois pendant des mois.

Selon Armondo Ribon, un spécialiste local de l'enseignement dans les situations d'urgence pour l'UNICEF, le double problème des catastrophes et de la violence à Lorica a rendu la diffusion de l'enseignement encore plus difficile.

« L'enseignement est un droit auquel devraient pouvoir accéder tous les élèves, de façon permanente, pour que les effets négatifs liés aux inondations et aux problèmes habituels de la région comme les conflits armés puissent être surmontés, » explique Armondo Ribon.

L'UNICEF et des partenaires locaux forment des enseignants dans cette région et font participer les familles en offrant des cours aux horaires aménageables pendant les saisons des crues.

 Une approche à long terme pour atténuer la violence

Dans toute la Colombie, la population, les parents, les enseignants, le gouvernement et les organisations non gouvernementales ont constamment perçu l'enseignement comme une méthode à long terme pour atténuer la violence et mieux se préparer aux catastrophes naturelles.

Trouver des solutions concrètes qui peuvent permettre au pays de panser ses plaies et de se remettre sur pied, cela dépendra en grande partie d’une génération de jeunes scolarisée et dynamique. Ces partenariats constituent une bouée de sauvetage pour les enfants de Colombie, une bouée de sauvetage pour l'enseignement.


 

 

Vidéo (en anglais)

Le reportage de la correspondante de l'UNICEF Amy Bennett sur la façon dont les programmes éducatifs aident en Colombie les enfants à se remettre des situations d'urgence et des séquelles laissées par les périodes agitées.
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