Colombie

La violence en Colombie entraîne le déplacement de familles autochtones

Image de l'UNICEF
© UNICEF Colombia/2005
Une famille autochtone venue sur les lieux de son logement détruit

TORIBÍO, Colombie, 29 avril 2005 – Les combats acharnés entre la guérilla du FARC et l’armée colombienne dans la région du Cauca, qui se déroulent depuis le 14 avril, ont causé le déplacement de plus de 6 000 personnes, et parmi elles plus de 3 000 enfants. 

Les indiens Nasa (appelés également Paéz), qui ont reçu des prix internationaux pour leur résistance pacifique au conflit armé dans le secteur, sont les plus touchés. Les Nasa sont la deuxième plus grande ethnie de Colombie.

Renonçant à faire face au déferlement de violence, beaucoup d indiens Nasa s’enfuient de leurs foyers. D’autres restent bloqués par la guérilla, alors que d’autres encore, respectant scrupuleusement la tradition, refusent de partir de chez eux.

Face à cette crise humanitaire, des organisations, dirigées par les Nations Unies et comprenant l’UNICEF, coordonnent actuellement une assistance humanitaire en faveur des familles déplacées, notamment les enfants, ainsi que l’évaluation des dégâts.

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© UNICEF Colombia/2005
Les murs de ce bâtiment public sont couverts de traces de balles

« Nous nous sommes enfuis durant la fusillade parce qu’ils allaient utiliser des roquettes », a dit une jeune Nasa qui vit à présent dans un centre d’hébergement.

D’après les équipes d’évaluation des Nations Unies, les tirs d’artillerie et de lance-roquettes ont gravement endommagé les écoles, les églises et les hôpitaux de la zone. Dans la ville de Toribío, environ 140 maisons ont été totalement ou partiellement détruites.  On signale des destructions généralisées dans les villes avoisinantes de Jambaló, Torotó, Balboa, et Silvia, mais le secteur est estimé encore trop dangereux pour que des équipes d’inspection puissent se rendre sur les lieux.  Par ailleurs, on se préoccupe beaucoup des mines anti-personnelles et des engins non explosés dont la zone est maintenant parsemée.

Depuis le début du conflit, 27 centres ont été mis en place afin de fournir un hébergement provisoire. L’UNICEF apporte un soutien aux enfants en fournissant une aide alimentaire d’urgence, des premiers secours, des fournitures médicales et un appui psychologique.

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La ville de Toribío est devenue invivable.

« Nous tentons d’atteindre les zones les plus touchées, afin d’évaluer et de quantifier l’importance des besoins, et d’apporter une réponse – aux autorités autochtones et aux pouvoirs publics – qui constitue un secours pour la population » a déclaré  Jorge Vallés, responsable de l’action humanitaire de l’UNICEF.

Le bureau du médiateur estime que 44 000 Nasa seraient en danger. Comme le Cauca est près de l’Équateur, il s’agit d’un point stratégique pour les FARC. Tant que les combats se poursuivent, la zone devrait rester explosive et dangereuse pour les familles et les enfants Nasa.

« Nous rendons compte au niveau international de cette situation où des attaques sont portées contre la population civile, y compris les enfants. Plusieurs mineurs sont morts et un bon nombre d’autres ont été blessés. Les droits fondamentaux des enfants sont en danger »,  a dit Jorge Vallés.

L’UNICEF entame également une campagne d’information sur les dangers des mines, en collaboration avec les autorités autochtones et les pouvoirs publics. 


 

 

Vidéo (en anglais)

Le correspondant de l’UNICEF en Colombie, Curtis Glick, rend compte du conflit armé en Colombie et de la crise à laquelle sont confrontées les familles déplacées. 

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