Chine

En Chine, le programme «Beijing plus sûre» protège les enfants des accidents, des handicaps et des décès

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© UNICEF China/2006/Pang Xinglei
Dans une école maternelle de Beijing, des agents de la circulation dont les rôles sont tenus par des enfants verbalisent un automobiliste pour excès de vitesse.

Par Huan Linnan

BEIJING, Chine, 23 juin 2006 – La vie de Zhao Xingyu, 13 ans, a basculé pour toujours à la suite d'un accident de la circulation.

C'était un dimanche et elle prenait le chemin de l'école pour participer à des activités parascolaires. «La route semblait déserte et je me suis engagée sur la chaussée, se souvient-elle. Soudain, une moto a surgi de nulle part et m'a renversée.»

Un médecin de sa ville lui déclare alors qu'elle a eu de la chance, qu'elle a seulement le nez cassé et une éraflure au front. Mais quelque temps après, Xingyu remarque que quelque chose ne vas pas du tout avec sa vue...

«Nous sommes allés dans un hôpital plus important, poursuit-elle. Là, le médecin m'a dit que j'avais perdu un œil. Je me suis mise à pleurer, ma mère aussi.»

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Selon une enquête récente de l'UNICEF, les blessures graves sont devenues la cause majeure de handicaps et de décès parmi les enfants en Chine.

10 millions de blessés chaque année

Selon une étude récente de l'UNICEF, les blessures graves sont devenues la cause majeure de handicaps et de décès chez les enfants chinois.

«Chaque année en Chine, plus de 100 000 enfants meurent des suites de leurs blessures. Cela représente presque 1% de l'ensemble de la mortalité chez les enfants, explique le Responsable de programme de l'UNICEF, Koen Vanormelingen. Les causes majeures de blessures mortelles sont la noyade, les accidents de la circulation et les chutes.»

Mais les décès à la suite d'une blessure ne sont que la pointe de l'iceberg. Des recherches ont montré que pour chaque décès lié à une blessure, quatre enfants deviennent handicapés à vie. Sur les 10 millions d'enfants chinois blessés chaque année, près de 8 millions ont besoin d'un suivi médical, une lourde charge financière pour bien des familles.

Le projet «Beijing plus sûre»

Depuis 2004, le Groupe de Travail pour les femmes et les enfants de Beijing, en collaboration avec l'UNICEF, poursuit un programme intitulé «Beijing plus sûre». Mené dans deux districts – l'un urbain, l'autre rural – le projet est axé sur la mise en place de modèles de  «Maison plus sûre», « Ecole plus sûre» et « Communauté plus sûre».

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Dans une école maternelle de Beijing, une fillette apprend comment la police règle la circulation.

« La stratégie principale pour réduire les blessures est d'encourager des attitudes de prudence chez les enfants, rendre leur environnement sûr et améliorer les principes, les règlements et les plans d'action pour mieux les protéger », explique Koen Vanormelingen.

Le programme place les enfants au centre de ses activités. Avec leur participation, les facteurs de risque dans l'environnement sont identifiés et des mesures de sécurité sont mises en place. Les enfants contribuent aussi à transmettre les connaissances et compétences acquises en matière de sécurité aux membres de leurs propres familles et de leurs communautés.

Des solutions simples à utiliser chez soi

Dans de nombreux quartiers du District Hidian où le projet a été développé, les parents se rencontrent régulièrement pour partager leurs expériences ou discuter de nouvelles façons de protéger leurs enfants. Parmi ceux-ci Zhou Xiaoli, la mère de Qi Qi, âgé de deux ans. Comme la plupart des parents chinois, elle n'a qu'un enfant.

« Il est le centre de toute la famille, explique Zhou Xiaoli. Un fois, il s'est cogné au front. Cela nous a mis dans un état de folie totale. C'était comme si le ciel nous était tombé sur la tête. Sa grand-mère ne pouvait pas s'arrêter de pleurer et moi non plus.»

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Les élèves d'une école primaire de Beijing apprennent à se servir d'un extincteur.

Depuis qu'elle participe au programme « Beijing sûre », elle a appris plusieurs moyens simples permettant de rendre la maison plus sûre pour son fils.

« Nous achetons seulement des meubles avec des coins ronds pour qu'il ne puisse plus se cogner la tête. Les couteaux et les bouteilles d'eau chaude sont rangés en hauteur pour qu'il ne puisse pas les atteindre. Quand nous n'utilisons pas les prises électriques, nous les couvrons avec du ruban adhésif », explique-t-elle.

Les leçons de sécurité routière commencent de bonne heure

Partout dans les écoles primaires de Beijing, les élèves sont aussi initiés aux problèmes de sécurité grâce à des exercices d'alerte incendie. Ils apprennent à se servir d'appareils comme des extincteurs et jouent dans des spectacles illustrant les comportements à tenir face a un éventail de situations dangereuses.

Pour apprendre aux enfants la sécurité routière, les enseignants des écoles maternelles transforment la cour en rue animée. Les enfants tiennent eux-mêmes les rôles d'automobilistes, de piétons et de vendeurs de rue. Egalement dans le rôle de policiers, les enfants dirigent la circulation et apprennent que des contraventions ou des sanctions du même type peuvent être  efficaces pour dissuader un automobiliste de rouler trop vite.

Reprenant l'exemple de «Beijing plus sûre», la province de Jiangxi, située au sud de la Chine avec une population de 43 millions de personnes, commencera bientôt à mettre aussi en place un programme de prévention de grande envergure contre les blessures d'enfants.

Avec Kun Li, à New York.


 

 

Vidéo (en anglais)

23 juin 2006 :
le reportage de la correspondante de l'UNICEF, Kun Li, sur le programme de prévention en Chine des blessures d’enfants.
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Audio (en anglais)

23 juin 2006 :
le reportage de la correspondante de l'UNICEF, Kun Li, sur le problème des blessures chez les enfants et le programme du gouvernement « Beijing plus sûre »
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