Tchad

Le Tchad et cinq autres pays d'Afrique centrale promettent de mettre fin à l'utilisation des enfants dans les conflits armés

La « Déclaration de N'Djaména » adoptée

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© UNICEF/NYHQ2010-1147/Olivier Asselin
Emmanuel Jal (à gauche), musicien de renommée internationale et ex-enfant soldat, et Ishmael Beah, Défenseur pour l'UNICEF des enfants affectés par la guerre font le signe de la paix au cours d'un concert gratuit donné à N'Djaména, au Tchad, parallèlement à la conférence régionale sur l'abolition du recrutement et de l'utilisation des enfants dans les conflits armés.

Par Salma Zulfiqar et Hector Calderon

N’DJAMENA, Tchad, 11 juin 2010 – Lors d'une conférence régionale qui s'est déroulée ici cette semaine, le Tchad et cinq autres pays d'Afrique centrale ont signé une déclaration sur l'abolition de l'utilisation des enfants soldats. Dans une déclaration en vidéo enregistrée à l'intention des participants, le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake a apporté un soutien passionné à cette action.

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Plus de 150 délégués sont venus à la conférence organisée dans la capitale tchadienne. S'étant réunis du 7 au 9 juin, ils se sont entretenus du recrutement et de l'utilisation des enfants par les forces et les groupes armés ainsi que de la réinsertion des ex-enfants soldats dans la société.

« Grâce à une capacité de mobilisation et d'action, grâce à de véritables engagements, grâce à la coopération, nous pouvons accomplir des progrès et protéger les enfants qui ont si désespérément besoin de nous, »  a déclaré M. Anthony Lake dans son message aux délégués, observant la réussite des récents efforts pour démobiliser et réinsérer les enfants soldats dans plusieurs pays d'Afrique centrale. 

« La place d'un enfant est au sein de sa famille, la place d'un enfant est à l'école, » a dit la ministre tchadienne de l'Action sociale, Ngarbatina Odjimbeye Soukate, « et il s'agit de la seule façon dont nous pouvons développer le monde. »

Engagements envers les droits de l'enfant

La « Déclaration de N'Djaména » relative aux enfants soldats, adopté à la fin de la conférence, a été signée par les représentants du Tchad, de la République centrafricaine, du Soudan, du Nigéria, du Niger et du Cameroun. Les signataires ont promis de mettre fin à l'utilisation des enfants dans les conflits armés et de faire tout leur possible – par le biais des institutions et d'actions concrètes – pour la libération et la réinsertion des enfants dans leurs pays respectifs.

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À N'Djaména, la capitale tchadienne, des orateurs et divers délégués assistent à l'ouverture, le 7 juin, de la conférence régionale sur l'abolition du recrutement et de l'utilisation des enfants dans les conflits armés organisée conjointement par le Gouvernement tchadien et l'UNICEF.

La déclaration est un document contraignant qui décrit les engagements des six pays envers les normes internationales en matière de protection des enfants. 

Ces normes comprennent les deux Protocoles facultatifs de la Convention relative aux droits de l'enfant, qui offrent protection aux enfants qui sont exposés aux conflits armés ou sont vendus ou exploités à des fins de prostitution ou de pornographie; elles comprennent aussi les Engagements de Paris et les Principes de Paris qui donnent des directives pour protéger les enfants contre le recrutement et aider ceux qui sont déjà associés à des groupes ou des forces armés.

Fait marquant, les participants ont créé une commission spéciale chargée de la mise en oeuvre de la Déclaration de N'Djaména. La commission se réunira régulièrement et établira un plan d'action ainsi qu'un calendrier pour ses rapports. 

Des mots aux actes

« Il s'agit d'un nouveau commencement pour l'Afrique, une démarche ferme pour donner à tous les enfants de la région la dignité d'une enfance dont ils ont souvent été privés par des décennies de conflit, » a déclaré le Représentant de l'UNICEF au Tchad, le Dr Marzio Babille.

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Ishmael Beah, Défenseur pour l'UNICEF des enfants affectés par la guerre, s'exprime lors d'une séance de travail de la conférence régionale sur l'abolition du recrutement et l'utilisation des enfants dans les conflits armés qui s'est tenue à N’Djaména, au Tchad.

« Le moment est venu de traduire ces mots pleins de force par des actes concrets, » a-t-il ajouté. « UNICEF Tchad reste engagé à soutenir les efforts de tous les pays de la région. »

À la suite d'un accord de coopération conclu en 2007 entre l'UNICEF et le Gouvernement, le Tchad a démobilisé plus de 800 enfants des groupes rebelles. Les enfants ont gagné des centres de réinsertion et reçu une formation professionnelle afin de tenter de les empêcher de s'engager dans les groupes armés pour des raisons économiques. 

Le Défenseur des enfants affectés par la guerre auprès de l'UNICEF parle

Les délégués de la conférence de N'Djaména ont également pu entendre  l'ex-enfant soldat Ishmael Beah qui a combattu pendant la guerre civile de la Sierra Leone et est aujourd'hui à Défenseur pour l'UNICEF des enfants affectés par la guerre.

« Ensemble, nous pouvons mettre un terme à la souffrance de ces enfants qui méritent une meilleure enfance et établir ainsi les bases d'un avenir meilleur pour nos pays respectifs et le monde, » a déclaré Ishmael Beah.

En outre, Emmanuel Jal, qui a combattu alors qu'il était enfant dans la longue guerre civile du Soudan et qui est aujourd'hui un chanteur de rap internationalement connu, a assisté à la conférence et a interprété une chanson appelant à la paix. Enfin, Zaccheline Dugbe, qui a combattu pendant la guerre civile du Libéria et est maintenant policier, a raconté son histoire aux délégués.

« Nous sommes venus ici pour témoigner »

Ishmael Beah, Emmanuel Jal et Zaccheline Dugbe ont chacun décrit comment ils ont été recrutés, les horreurs qu'ils ont endurées et expliqué pourquoi le recrutement des enfants soldats doit s'arrêter et pourquoi ils sont venus au Tchad raconter leur histoire.

« Nous sommes venus ici pour témoigner, » a dit Emmanuel Jal. « Nous sommes parvenus à un niveau émotionnel afin de pouvoir toucher les coeurs, parce que quand vous touchez le coeur des gens, ils restent longtemps empreints du message et ils pourront agir... Mais si vous touchez seulement leur esprit, c'est provisoire. »

Les ex-enfants soldats ont par la suite participé à un concert gratuit de soutien qui présentait des artistes internationaux et locaux, dont Sultan et Prince Eyango. Emmanuel Jal et Ishmael Beah sont montés sur scène et ont exprimé par le rap ce qu'ils ont vécu en face des milliers de personnes qui s'étaient rassemblées pour assister à la manifestation.

Parmi les autres intervenants participant à la conférence figuraient, au milieu de nombreux représentants officiels et personnalités, le Premier ministre du Tchad, Emmanuel Nadingar, la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de l'ONU au Tchad (et ancienne Directrice générale adjointe de l'UNICEF) Rima Salah ainsi que la Représentante de l'UNICEF auprès de l'Union africaine Akila Belembaogo. 


 

 

Vidéo (en anglais)

9 juin 2010: Ule reportage du correspondant de l'NICEF, Guy Hubbard sur la signature de la Déclaration de N’Djaména par six pays d'Afrique centrale renuvelant leur engagement de mettre fin à l'utilisation des enfants dans les conflits armés.
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4 juin 2010 : le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake assure son soutien à une déclaration de l'abolition du recrutement et de l'utilisation des enfants soldats lors d'un discours en vidéo enregistré à l'intention des personnes qui participaient à la conférence du Tchad.  
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