Tchad

Une campagne de sensibilisation ambitionne de réduire les risques posés par les munitions non explosées dans l’est du Tchad

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tchad/2009/Walther
À Goz Beida, une explosion préventive détruit des restes explosifs de guerre.

GOZ BEIDA, Tchad, 2 juin 2009 – La Journée de l’enfant africain a commencé par une explosion contrôlée, le 16 juin, dans la région de Dar Sila dans l’est du Tchad.

Le "Mines Advisory Group", une des principales organisations non gouvernementales partenaires de l’UNICEF pour l’élimination des restes explosifs de guerre, venait de détruire deux tonnes de munitions non explosées récoltés dans et autour de la ville de Goz Beida.

Le Tchad est l’un des cinq pays au monde ayant la plus haute prévalence de mines antipersonnel. Suite aux derniers combats qui se sont déroulés entre l’armée tchadienne et les troupes rebelles en mai 2009, davantage de munitions et d’engins non explosés se retrouvent éparpillés dans l’est du pays, et jusque dans les zones urbaines et les villages.

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© UNICEF Tchad/2009/Walther
Des enfants et adolescents se retrouvent dans un espace ami des enfants à Gassire, dans l’est du Tchad, pour une discussion de groupe sur les dangers des engins non explosés.

« J’ai entendu une énorme explosion »

Alors, des enfants continuent de mourir. Par exemple, au cours d’un incident le 30 mai, deux garçons – Souleymane, 13 ans et Ibrahima, 14 ans – ont trouvé un objet qui a excité leur curiosité dans la cour de la ferme de leur père.

« Je me souviens avoir entendu une énorme explosion pas loin de notre hutte, suivie d’un silence total, explique le père des enfants. La seule chose que je me rappelle après, c’est l’hôpital. Ils avaient tous deux perdu conscience parce que la douleur était trop forte. La dernière vision qui me reste de cette journée, c’est le médecin qui m’a annoncé que mes deux fils étaient morts. »

En réponse à la mort tragique de Souleyman et Ibrahima, l’UNICEF a organisé une campagne de sensibilisation massive dans les camps de personnes déplacées et les villages autour de Goz Beida. Son ambition est de sensibiliser le public aux dangers des munitions non explosées.

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Mariam, une jeune Tchadienne, exprime son inquiétude, après une séance de sensibilisation aux mines. Au moins, elle est maintenant consciente du danger.

Faire passer le message

Cette année, le thème général de la Journée africaine de l’enfant était « la survie de l’enfant », et l’UNICEF et INTERSOS une ONG partenaire avaient organisé des activités ayant trait à la santé, à la nutrition, à l’éducation et à l’hygiène. Mais le problème des munitions non explosées est tel que l’UNICEF Tchad a décidé d’inclure la sensibilisation aux mines dans le calendrier des activités.

Parmi les activités proposées, il y avait des discussions de groupe et un concours de dessin sur un thème commun : « Le danger que représentent les munitions non explosées pour mes amis et moi ». Le réseau Internews a enregistré les débats, qui seront diffusés par trois stations radio de l’est du Tchad, en même temps que d’autres messages d’éducation aux dangers des mines.

L’UNICEF et ses partenaires ont déjà une bonne raison de croire que la campagne de sensibilisation commence à porter ses fruits. Au lendemain de la Journée de l’enfant africain, un garçonnet de 10 ans appelé Mahmoud s’est rendu au bureau de l’UNICEF à Goz Beida et a timidement frappé à la porte.

« Je dois vous montrer quelque chose, » a-t-il expliqué. « Il y a une de ces engins derrière notre maison. Pouvez-vous l’enlever, s’il vous plaît ? »


 

 

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