Tchad

Assurer aux enfant vulnérables réfugiés au Tchad le droit à une protection spéciale

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tchad/2008/Walther
A Iriba au Tchad, des enfants participent à un atelier sur les droits de l'enfant au camp Iridimi pour les réfugiés soudanais.

Dans l'élan du 20ème anniversaire de la Convention sur les droits de l'enfant - un accord international de référence sur les droits humains fondamentaux de tous les enfants - l'UNICEF présente une série d'histoires sur les progrès réalisés et sur les défis qui restent à relever. Voici l'une de ces histoires.

IRIBA, Tchad, 19 juin 2009 – Des enfants protégeant les droits des enfants : c'était l'idée derrière l'atelier qui s'est tenu à Iridimi, un de trois camps situés au nord du Tchad pour les réfugiés de la région du Darfour au Soudan.

Aujourd'hui, en tête de liste de l'ordre du jour, l'établissement d'un Comité pour les droits de l'enfant. Sur les 50 participants de l'atelier, tous âgés entre  7 et 12 ans, 10 garçons et 10 filles seront choisis pour contrôler la situation des enfants dans le camp - afin de s'assurer que leurs droits sont respectés et appliqués à tous les niveaux de la communauté.

Ces jeunes spécialistes de la protection seront les yeux et la voix des enfants dans le camp. Leur travail doit convaincre les adultes et leurs pairs d'agir de même, tous les jours, dans l'intérêt supérieur des enfants, pour mettre en application le droit fondamental des jeunes d'avoir voix au chapitre dans les décisions qui les concernent.

Des lieux d’accueil « Amis des enfants »
L'UNICEF finance des activités de protection de ce type dans 12 camps de réfugiés au Tchad, accomplissant ainsi pleinement le droit des enfants réfugiés à une protection spéciale.

L'UNICEF parraine aussi le sport, des jeux, des séances de dessin et des activités semblables dans plus de 50 lieux d'accueil  « Amis des enfants » qu'il a établis à travers le Tchad oriental. Ces centres profitent à plus de 50 000 enfants victimes des déplacements de population à l'intérieur du Tchad ou du Darfour. L'objectif est de redonner aux jeunes enfants le sens de la normalité et la sécurité et un endroit où ils puissent simplement être des enfants.

Dans les camps, l'UNICEF fournit un appui psychologique et social aux enfants victimes de violence et aux filles et aux femmes qui ont subi des agressions sexuelles.

Éclairer la voie vers la protection
De retour à l'atelier, les enfants doivent d'abord apprendre en débattant la signification de  la protection de l'enfant. Mamadou, un aide de Catholic Christian Fund (CCF), une organisation partenaire de l'UNICEF, mène les discussions.

« Qu’est ce que pour vous la protection ? » leur demande-t-il.

« La Protection cela signifie la maman, le papa et ensuite les voisins, » répond Fatime, 13 ans. Après un instant, elle mentionne aussi l'UNICEF, l'agence des réfugiés de L'ONU, CCF et la police du camp tchadien. « Ils sont avec nous chaque jour. »

Mamadou explique qu'il est heureux de voir comment les enfants apprennent rapidement. « Imaginez une lampe à pétrole, » leur dit il. « Le Verre, la mèche, le pétrole - chaque élément est nécessaire pour produire une flamme et l'entretenir. C'est la même chose pour ceux que Fatime vient de mentionner. Chacun doit accomplir son rôle pour protéger les enfants. »

Les dangers du mariage des enfants
Les enfants déplacés et réfugiés  au Tchad ont besoin d'être protégés contre toute une série de menaces, y compris la violence fondée sur la discrimination sexuelle et l'exploitation. Beaucoup de filles sont forcées de se marier et de porter des enfants dès l'âge de 12 ans. Certaines meurent en couches et celles qui survivent doivent se consacrer à l'éducation de leur enfant au lieu de poursuivre leurs études - si tant est qu'elles allaient à l'école auparavant.

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© UNICEF Tchad/2008/Walther
Au camp de réfugiés Iridimi dans le Nord du Tchad, des enfants jouent dans une maternelle dirigée par CARE une organisation partenaire de l'UNICEF.

Depuis le lancement d'un projet financé par l'UNICEF dans les trois camps du nord, l'année dernière, le nombre des filles qui refusent de se marier quand elles sont encore des enfants a fortement augmenté. De même que le nombre des femmes qui sont enclines à parler de la violence familiale dans leur ménage.

Parallèlement, le nombre des hommes qui se plaignent de la « désobéissance » de leurs femmes monte en flèche.

La réponse aux questions de violence
Felicity, chef du CCF, raconte qu’un groupe de jeunes hommes dans le camp de Touloum ont récemment menacé les membres de son équipe et les ont prévenus d’arrêter leurs activités. Elle essaye de comprendre leurs motivations.

« Les hommes du camp ont tout perdu, leurs biens et leur statut social, quand ils ont dû quitter le Darfour, » fait elle remarquer. « Leur relation avec les femmes est à peu près tout ce qui leur reste pour marquer leur autorité. »

« C’est un signe encourageant de voir les femmes commencer à s’exprimer, » ajoute Felicity. « Maintenant que nous, les agences humanitaires, sommes à même de développer des activités pour répondre aux problèmes de violence au sein de la communauté. Un ennemi invisible est impossible à attraper, mais un lion peut être vu et tiré. »


 

 

CRC @ 20


La Convention sur les
droits de l'enfant a
20 ans

Tous les droits,
pour tous les enfants

(Site Web en anglais)

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