Tchad

Une piqûre pour vivre : vaccination contre la méningite au Tchad

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tchad/2009
Ahmad se fait vacciner contre la méningite dans un dispensaire situé près de N'Djamena, au Tchad. Bien qu'il ne semble pas beaucoup apprécier cette opération, une fois cette photo prise, il souriait.

N'DJAMENA, Tchad, 8 mai 2009 – Le père d'Ahmad sourit tristement tandis qu'il tente de faire se tenir immobile son petit garçon pour que l'infirmière puisse lui administrer une dose de vaccin trivalent contre la méningite.

« Mon fils a peur de l'aiguille mais dans une minute, il se rendra compte que ce n'est rien, » dit-il. « J'ai perdu ma plus jeune sœur il y a deux semaines. Mais en aucun cas je ne veux que mon fils souffre autant qu'elle l'a fait. »

Depuis la fin décembre, plus de 1160 cas de méningite ont été signalés au Tchad. Au moins 128 personnes sont mortes; la plupart de ceux qui sont touchés sont des enfants ou des jeunes de moins de 18 ans.

Le 14 avril, le ministre tchadien de la Santé a officiellement annoncé une flambée de méningite. Selon les normes internationales, six zones des environs de la capitale, N'Djamena, sont considérées comme se trouvant dans une phase épidémique avec plus de 10 décès par semaine pour 100 000 habitants. Quatre autres zones sont en situation d'alerte.

Vaccination et information
L'UNICEF a réagi immédiatement en appuyant le ministère tchadien de la Santé et ses programmes de vaccination qui ont pour but, d'ici la mi-mai, de toucher 1,4 million de personnes âgées de 2 à 30 ans et vivant dans les zones urbaines se trouvant à proximité de N'Djamena.

Le 27 avril, le ministère de la Santé a lancé une campagne de vaccination initiale de cinq jours avec l'appui de l'UNICEF et de l'Organisation mondiale de la Santé dans les secteurs cibles autour de N'Djamena. Au sud de la capitale, Médecin sans Frontières France collabore avec les autorités pour vacciner la population à risque à Durbali, Goundi et Pala.

Alors que la vaccination se poursuit, des activités de mobilisation sociale sont menées afin d'apporter des informations à la population sur la vaccination et les risques de transmission de la méningite. Les stations de radio locales, les centres sociaux, les chefs religieux et les dirigeants des communautés locales apportent leur aide.

Une des principales difficultés, affirment les agents sanitaires, est que les communautés à risque ne se rendent pas compte de l'urgence de la situation.  « Ma voisine a dit qu'elle avait autre chose à faire maintenant, qu'elle emmènerait ses garçons la semaine prochaine pour la vaccination, » explique Fatime, une des mères faisant la queue avec leurs enfants au dispensaire. « J'ai essayé de la persuader que ce serait peut-être trop tard pour protéger ses enfants mais elle a insisté en disant qu'aller au marché était une priorité. »

Taux élevés de mortalité
La méningite à méningocoque est une inflammation de la membrane protectrice recouvrant le système nerveux central. Bien que certaines formes soient bénignes, il s'agit d'une condition potentiellement grave à cause de la proximité de l'inflammation avec le cerveau et la moelle épinière. La méningite, si elle n'est pas traitée, peut avoir pour conséquences des séquelles cérébrales, la surdité ou la mort. 

En raison de son déclenchement rapide, de taux élevés de décès et de séquelles à long terme, il s'agit en Afrique de l'Ouest d'une des maladies les plus dangereuses pour les enfants. 

Le Tchad se trouve au centre de la « ceinture de la méningite » qui s'étend de la côte est à la côte ouest de l'Afrique, incluant le Burkina Faso, le Bénin, le Tchad, la République démocratique du Congo, l'Éthiopie, le Ghana, la Côte-d'Ivoire, le Kenya, le Mali, le Nigéria, le Soudan, le Togo et l'Ouganda.

Bien qu'elle puisse être évitée grâce à des campagnes de vaccination, la maladie reste répandue dans ces pays. L'une des raisons est l'absence de vaccination de routine.

Appui pour la vaccination
« Notre but est d'éliminer la méningite de ce pays. L'UNICEF s'est engagé à vacciner les enfants au moment de leur vie où ils sont le plus vulnérables contre toutes les maladies les plus dangereuses pour eux », déclare le Représentant de l'UNICEF au Tchad, le Dr Marzio Babille.

Depuis le mois dernier, l'UNICEF a réuni assez de vaccins et de soutien financier pour vacciner 700 000 enfants et jeunes adultes. De plus, les dispensaires locaux dans et autour de N'Djamena ont été approvisionnés en médicaments pour traiter ceux qui sont déjà infectés.

Aujourd'hui, alors que la quantité de vaccins disponibles au Tchad demeure insuffisante, les programmes concentrent leurs activités sur les zones touchées par l'épidémie. L'OMS surveille les zones en phase d'alerte en vue d'une action ultérieure.


 

 

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