Tchad

L’éducation de Fatna : pour cette fille réfugiée au Tchad, la possibilité d’apprendre

Image de l'UNICEF
© UNICEF Chad/2006/Matthews
Des filles étudient dans l’une des sept écoles installées par l’UNICEF au camp de Bredjing pour les réfugiés soudanais à l’est du Tchad.

Par Jane O’Brien

NEW YORK, 13 avril 2006 – Aujourd’hui, à Dakar (Sénégal), les gouvernements, les institutions des Nations Unies, les organisations non gouvernementales et d’autres partenaires de l’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles lancent leur nouveau Réseau régional pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, une région où l’amélioration de l’accès des filles à l’éducation s’est révélée être une tâche particulièrement ardue. 

C’est ce qu’illustre bien l’histoire de Fatna, 14 ans, élève de la région soudanaise du Darfour déchirée par les conflits.

Un lieu sûr pour les enfants

Juste de l’autre côté de la frontière du Darfour, dans la plaine aride de l’est du Tchad, le vent chargé de poussière souffle sur la classe en plein air où des groupes de filles s’efforcent d’apprendre. Les rares arbres n’offrent guère d’abri mais en dépit de ces conditions difficiles, les enfants persévèrent.

Ils font partie des dizaines de milliers de réfugiés du Darfour, et beaucoup d’entre eux n’ont jamais mis les pieds dans une école. Pour les filles en particulier, il y a de fortes chances que cela représente la première occasion de s’instruire.

« Nous sommes allés dans le village de ma mère très loin de l’école la plus proche, alors, après la deuxième année, j’ai dû abandonner », dit Fatna. “J’espère que je pourrai rester à l’école. Ça me serait très utile. Une fois que je saurai lire et écrire, je pourrai peut-être trouver un bon travail, avec des responsabilités ».

Fatna et sa famille ont fui le Darfour à la suite d’un raid armé dans leur village, au cours duquel sa sœur a été tuée. « Elle est morte sous nos yeux », se rappelle l’adolescente. “Nous n’avons même pas pu l’enterrer. Nous devions fuir. On a dû abandonner son corps là-bas ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Chad/2006/Matthews
L’UNICEF fournit le matériel scolaire et aide les professeurs du camp de réfugiés de Bredjing, où plus de la moitié des élèves sont des filles.

Pour les enfants comme Fatna, l’école est un endroit sécurisant, où ils peuvent retrouver un sentiment de stabilité et de retour à la normale. C’est aussi un endroit où ils peuvent être protégés de la violence, de la maltraitance et de l’exploitation.

L’éducation profite aux familles

L’UNICEF a mis en place des écoles temporaires dans 12 camps de réfugiés dans l’est du Tchad. Il fournit le matériel scolaire et pédagogique et participe à la formation des professeurs. Les cours suivent le programme scolaire du Soudan de sorte que les enfants pourront continuer leurs études lorsqu’ils rentreront chez eux.

Les traditions culturelles et discriminatoires expliquent que la scolarisation des filles se heurte à des obstacles considérables. On attend d’elles qu’elles travaillent à la maison, qu’elles s’occupent des autres enfants et parfois on les oblige à se marier très jeunes. L’UNICEF travaille dans les communautés de réfugiés du Darfour au Tchad pour mettre l’accent sur l’importance de l’éducation des filles – et maintenant presque tous les enfants sont inscrits dans une école.

« Les femmes de la communauté ont compris pourquoi il était important d’envoyer les filles à l’école », constate Paola Retaggi, une spécialiste de l’éducation à l’UNICEF. « Elles nous font savoir qu’elles veulent que leurs filles aient plus de possibilités qu’elles, des possibilités qu’elles n’ont jamais eues au Soudan ».

Maintenant, même le père de Fatna est convaincu des avantages de la scolarisation de sa fille. « C’est important que les filles soient instruites, note-t-il, quand une fille va à l’école, elle sait tout. Parfois c’est même bon pour la famille. Quand une fille va à l’école, elle peut aider sa famille.”

La scolarisation des filles est une des priorités de l’UNICEF et une étape essentielle vers l’Objectif du Millénaire pour le développement qui consiste à parvenir à l’éducation primaire pour tous d’ici à 2015.


 

 

Vidéo (en anglais)

13 avril 2006 :
Jane O’Brien, correspondante de l’UNICEF, enquête sur les filles réfugiées du Darfour qui étudient au Tchad.

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