République centrafricaine

Mia Farrow s’entretient des pertes et des dommages subis par les enfants et les femmes déplacés en République centrafricaine

Regardez : Mia Farrow, Ambassadrice itinérante de l’UNICEF, parle de sa récente visite en République centrafricaine en s’interrogeant sur « un contexte marqué par la violence, les déplacements, les souffrances et les privations. »  Télécharger cette vidéo

 

Par Tanya Bindra

BODA, République centrafricaine, 7 juillet 2014 – « Il n’y a pas que la perte des biens, d’un foyer ou même la mort de membres d’une famille… Il y a le traumatisme de l’insécurité, le sentiment de n’avoir aucune sécurité. Les gens se demandent s’ils se réveilleront le lendemain matin  », affirme Mia Farrow, Ambassadrice itinérante de l’UNICEF, alors qu’elle vient juste d’effectuer sa quatrième visite en République centrafricaine. 

 

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2014-0865/Bindra
Le 2 juillet, Mia Farrow rencontre des mères déplacées et leurs enfants dans un centre pour personnes déplacées, le centre Saint-Michel, près de la localité de Boda, dans la préfecture de Lobaye, au sud du pays.

Les enfants en grand danger

Environ 535 000 personnes sont déplacées à l’intérieur de la République centrafricaine à cause des violences en cours, 110 000 se trouvant dans la seule capitale, Bangui. Plus de 387 000 personnes se sont enfuies dans les pays voisins, principalement au Cameroun, au Tchad, au Congo et en République démocratique du Congo.

Les enfants sont les premières victimes de cette crise. Environ 2,3 millions d’entre eux ont été touchés d’une manière ou d’une autre. L’insécurité et l’anarchie qui règnent dans tout le pays ont des conséquences catastrophiques sur les enfants : certains sont déplacés, d’autres séparés de leurs familles, mutilés, enlevés, recrutés par des groupes armés, violés et même tués.

Le conflit en cours a aggravé une situation humanitaire déjà désespérée. Alors que les violences se poursuivent, le pays subit une détérioration des prestations de base comme les services sociaux et de santé. La scolarisation des enfants a été interrompue et ceux-ci sont devenus plus vulnérables aux maladies et à la malnutrition.

Ville divisée

Mia Farrow a rencontré des enfants et des femmes de la ville de Boda, dans le sud du pays. À Boda, la population musulmane est réfugiée dans une zone isolée signalée par des bandes rouges. La zone est patrouillée par des soldats de la force internationale de maintien de la paix. 

On peut voir des boutiques et  des maisons détruites de musulmans et de non-musulmans les unes après les autres dans les rues aujourd’hui désertes de la petite localité, signes visibles des tueries et des pillages qui s’y sont déroulés avant que ne soient mises en place les bandes rouges.

La nuit, on peut parfois entendre le bruit des pas prudents de femmes qui franchissent la ligne pour retrouver leur mari ou leur petit ami confinés dans la zone musulmane, ce qui rappelle combien les relations entre les communautés étaient proches. 

« Elle n’a rien »

Le personnel médical musulman ne travaille plus dans l’hôpital principal de peur de franchir la bande rouge pendant la journée. Il offre bénévolement ses services dans le dispensaire appuyé par l’UNICEF construit pour desservir les habitants de la zone musulmane.  

Mia Farrow a rencontré une mère au dispensaire. La mère lui a dit que son père et son mari s’étaient enfuis pendant les combats et l’avaient laissée pour qu’elle s’occupe de ses quatre enfants, dont l’un souffre de malnutrition grave.

« Elle a dit qu’elle n’avait rien, observe Mia Farrow. Elle a perdu ses vêtements, sa maison et ses ustensiles de cuisine  mais aussi tout ce qu’elle avait réuni pour mener sa vie… Elle a dit que, littéralement, il ne lui restait rien. » 

« Vous regardez dans les yeux d’un autre être humain et vous savez que cette femme n’est pas seule. Elle parlait pour les milliers de personnes [qui] ont tout perdu dans cette crise. Vous vous demandez simplement comment les choses seraient si vous perdiez, littéralement, tout ce que vous avez. »

Besoin d’aide urgent

L’UNICEF a lancé un appel de 81 millions de dollars É.-U. pour répondre aux besoins urgents des mères et des enfants de République centrafricaine, en soutien aux programmes d’hygiène, de santé, d’éducation et de protection de l’enfance.

« Il importe de soutenir les organisations de premier plan qui disposent des infrastructures permettant de sauver des vies et qui l’ont déjà fait, » dit Mia Farrow.

« On n’a même obtenu la moitié de la somme demandée par l’UNICEF, rappelle-t-elle. Bien sûr, il y a d’autres conflits ailleurs mais ce pays est tellement délaissé et abandonné... Ses enfants valent pourtant tout autant que ceux qui se trouvent dans d’autres parties du monde. »

Appel de l’UNICEF pour les enfants de la République centrafricaine.


 


 

 

Photographie : La protection des enfants est primordiale

 

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