République centrafricaine

Des familles déplacées par les violences restent optimistes quant au retour de la paix en République centrafricaine

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Alors que la situation se détériore en République centrafricaine, l’avenir des enfants est menacé.  Télécharger cette vidéo

 

Par Patrick Flynn

BANGUI, République centrafricaine, le 3 avril 2014 – « Ils ont tué ma fille, son mari – et mon petit frère. Sauvagement. Les corps étaient méconnaissables, » affirme Nurumuhamat.

Trouver un refuge

Nurumuhamat vit, avec 92 autres personnes, dans un camp du PK5, un quartier précaire de Bangui. Sa sœur Nasafatu fait également partie du groupe.

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Près de 601 000 personnes sont déplacées en République centrafricaine. Certaines sont hébergées chez l’habitant, d’autres ont trouvé une sécurité relative dans des camps pour personnes déplacées.

« Nous voudrions aller au Tchad ou au Cameroun », affirment les enfants du camp où vit Nurumuhamat.

Nurumuhamat est citoyen de la République centrafricaine, et il est très investi à Bangui. Il ne veut pas partir.

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La sécurité dans un monastère

« Les milices sont venues, elles ont tiré sur les gens et jeté les corps dans la rivière. Nous avons dû appeler la Croix-Rouge pour que les corps de nos parents soient extraits de la rivière. C’était terrible, » explique Marie Louise.

Marie Louise et sa famille ont également quitté leur foyer à la recherche d’un endroit sûr, à l’autre bout de la ville, dans le monastère de Boy-Rabe. Ils font partie des plus de 37 000 personnes qui se sont rassemblées derrière les murs de brique rouge du monastère, sur une colline bucolique à l’extérieur de la ville.

Les familles de Boy-Rabe sont abritées sous des tentes de fortune. Elles ont suspendu des cordes entre les arbres, sur lesquelles elles ont tendu des bâches. Les tentes ne permettent pas beaucoup d’intimité, ni d’isolation contre le froid. Les enfants dorment sur des nattes posées à même le sol.

Marie Louise explique que les enfants ont peur. « Même si les écoles étaient ouvertes, les professeurs craindraient de rassembler les élèves, de peur qu’ils ne se fassent tuer,” explique cette ancienne institutrice.

Les camps pour personnes déplacées – comme le monastère de Boy-Rabe – garantissent une sécurité de base pour des personnes comme Marie Louise et sa famille.

Un long chemin à parcourir

On compte environ 601 000 personnes déplacées comme Nurumuhamat, Marie Louise et leur famille en République centrafricaine. L’UNICEF et ses partenaires jouent un rôle central dans les interventions pour la survie. Environ 149 000 enfants ont été vaccinés contre la rougeole. Plus de 138 000 personnes déplacées ont accès à l’eau salubre. Et 23 000 enfants participent à des activités dans des espaces d’apprentissage temporaires, parrainés par l’UNICEF.

Mais la route est encore longue.

> En savoir plus sur le travail de l’UNICEF dans les situations d’urgence

Malgré la situation actuelle, Nurumuhamat et Nasafatu restent optimistes. Nasafatu est sûre que  « quand la paix reviendra, tout ira bien. »

« Je ne cherche pas la vengeance, » affirme Nurumuhamat. « Je pense à la manière dont nous vivrons ensemble. »

À l’autre bout de la ville, Marie Louise affirme : « Les enfants sont l’avenir. Nous devons nous préoccuper du fait qu’ils n’aillent pas à l’école. Que va-t-il arriver à notre pays si la situation n’évolue pas ? »

Le déplacement est difficile pour toutes les communautés. Ce sont les enfants de ces communautés qui sont le plus en danger.

L’UNICEF a besoin de 62 millions de dollars des É.-U. en 2014 pour ses programmes en République centrafricaine. En savoir plus.


 

 

Photographie : Les enfants en danger

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