République centrafricaine

Fournir des moustiquaires pour protéger les enfants déplacés du paludisme en République centrafricaine

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Par Suzanne Beukes

Avec les pluies viennent les moustiques – et le paludisme. L’UNICEF et ses partenaires fournissent de toute urgence des moustiquaires aux familles déplacées autour de Bangui, en République centrafricaine, pour prévenir cette maladie mortelle.

BANGUI, République centrafricaine, le 3 mars 2014 – Clarisse Pompe fait la queue pour recevoir sa moustiquaire dans un village d’enfants SOS à Bangui, en République centrafricaine. Clarisse Pompe, 23 ans, fait partie des milliers de personnes déplacées réfugiées ici à cause des violences intercommunautaires continues.

Au cours du mois dernier, les violences se sont intensifiées. « Un matin, nous étions à la maison, et nous avons entendu des coups de feu et des balles qui venaient de partout, » explique-t-elle. « Certaines balles ont atterri dans notre enceinte, nous ne pouvions donc plus rester à la maison. Alors nous avons fui vers le village SOS pour nous cacher. »

Chaque nuit, Clarisse Pompe vient sur le site avec son bébé Christiano, un an, pour qu’ils puissent dormir dans l’une des salles de classe. « Pendant la journée, nous allons à la maison juste pour nous laver et nous nourrir. Mais la nuit, il n’est pas prudent de dormir là-bas », affirme-t-elle.

Les installations sont spartiates, les salles de classe bondées. Et les moustiques actifs. « Les moustiques piquent les enfants, explique-t-elle. Les moustiquaires sont donc très utiles ».

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Seulement un tiers des enfants environ disposait de moustiquaires avant le début de la crise actuelle en République centrafricaine, où le paludisme est l’une des causes majeures des décès d’enfants.

Le paludisme

Le paludisme est l’une des principales causes de décès d’enfants en République centrafricaine.

Les moustiques infectés par le paludisme piquent la nuit. Lorsque les enfants dorment régulièrement sous une moustiquaire dans les zones où la maladie est endémique, les décès d’enfants peuvent être réduits d’environ 20 pour cent. Avant le début de la crise en République centrafricaine en mars 2013, seulement un tiers des enfants environ dormait sous des moustiquaires capables de les protéger de cette maladie mortelle.

Au niveau des traitements, il y a également eu des défis à relever. Avant le début de la crise,  il existait un nombre limité de centres de santé et de cliniques. Depuis la crise, nombre de ces centres ont été pillés et endommagés. De nombreux membres du personnel ont dû fuir et ne sont pas revenus en poste depuis. 

Les moustiquaires

Plus de 700 000 personnes sont déplacées en République centrafricaine. Il y a environ 280 000 personnes déplacées à Bangui. Le consultant de l’UNICEF spécialiste du paludisme Laurent Phung décrit la situation : « Les personnes vivent dans des conditions difficiles, les familles dorment littéralement côte à côte dans les camps de déplacement », explique-t-il. 

La distribution de moustiquaires à ces familles constitue une priorité. Le Ministère de la santé, avec l’UNICEF et la Croix-Rouge centrafricaine, a entrepris une campagne de distribution de moustiquaires pour les familles déplacées de Bangui. « Nous avons identifié 49 camps de déplacés dans Bangui, » affirme Jean Charles Tchokote du Ministère de la santé. « Notre principal objectif est de couvrir 80 pour cent des familles de ces camps de personnes déplacées. »

Sur chaque site de distribution, les animateurs de la Croix-Rouge proposent une session de sensibilisation expliquant l’importance de dormir sous une moustiquaire, et la manière de s’en servir correctement. Puis ils montrent comment s’en servir correctement en demandant à des volontaires de faire la démonstration. C’est une formation importante, affirme le Dr Ferdinand Gbagba de la Croix-Rouge, dans la mesure où la maladie touche un nombre considérable d’enfants et de femmes enceintes et peut être mortelle.


 

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Le Ministère de la santé, avec l’UNICEF et la Croix-Rouge centrafricaine, a entrepris une campagne de distribution de moustiquaires pour les familles déplacées de Bangui. Les bénéficiaires apprennent pourquoi les moustiquaires sont importantes et comment s’en servir.

Un risque accru, des difficultés multipliées

La saison des pluies approche. C’est à cette période que le risque de paludisme est le plus élevé. « La saison débute en avril, et nous voulions que la distribution soit terminée avant, pour que les personnes puissent se protéger du paludisme, » explique Laurent Phung.

Mais il s’est avéré difficile d’atteindre les familles dans le besoin. L’une des distributions risque d’être repoussée à cause des conflits. Sinon, l’équipe devra prendre des mesures spéciales pour distribuer les moustiquaires. À l’école secondaire d’Ama à Boy Rabe, l’une des zones de Bangui lourdement touchée par les violences en cours, les moustiquaires ont été distribuées dans les salles de classe afin de ne pas trop attirer l’attention.

Comme les montées de violence à Bangui sont inconstantes, le nombre de personnes déplacées a fluctué sur les différents sites, ce qui crée des complications pour distribuer les moustiquaires aux personnes qui en ont besoin. Le Dr Gbagba explique que les plans de distribution sont constamment adaptés en fonction des hausses et baisses de population.

Les moustiquaires sauveront assurément des vies, en particulier dans un environnement peu sûr où la prévention est cruciale, et où l’accès aux traitements est souvent difficile.

En savoir plus sur la situation en République centrafricaine, et sur l’intervention de l’UNICEF

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Photographie : Les enfants en danger

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