République centrafricaine

Reportage sur le terrain : Les enfants pris dans les violences en République centrafricaine

Image de l'UNICEF
© UNICEF Central African Republic/2014/Flynn
Une mère et son jeune enfant dorment dans l’un des lits du centre nutritionnel appuyé par l’UNICEF dans l’unique hôpital pédiatrique de République centrafricaine.

Par Kent Page

Alors que l’insécurité dans la capitale de la République centrafricaine continue de menacer la vie des enfants, l’UNICEF aide ceux qui apportent une protection et un traitement médical aux plus jeunes victimes de la violence.

BANGUI, République centrafricaine, le 13 janvier 2014 – Je suis arrivé à Bangui samedi matin, dans le cadre de l’équipe d’intervention d’urgence de l’UNICEF en République centrafricaine. Alors que l’avion avançait vers le terminal de l’aéroport, nous avons pu voir le vaste site longeant l’aéroport où 100 000 personnes ont établi un camp de fortune après avoir fui les combats à l’intérieur et autour de Bangui.

Notre visite quelques heures plus tard à l’unique hôpital pédiatrique du pays a clairement confirmé qu’elles avaient fui leur foyer pour de bonnes raisons.

Par exemple, le dernier jour de 2013, un petit garçon de 11 ans, Bruno*, a reçu une balle dans la tête parce que les hommes qui attaquaient sa maison ne trouvaient pas son père. Une radio du crâne de Bruno montre très clairement que la balle était logée dans la partie gauche de son crâne.

La balle a été retirée de sa tête par un médecin de l’hôpital pédiatrique appuyé par l’UNICEF, et la blessure de Bruno est maintenant bien enveloppée dans des bandages blancs.

Ce courageux garçon se repose à l’hôpital, mais sa mère est inquiète parce qu’il est légèrement paralysé d’un côté et ne parvient pas à tenir la radio avec sa main droite.

Bruno fait partie des nombreux enfants blessés dans les violences récentes qui sont soignés à l’hôpital, explique le Dr Simplice Kanago. Dans la pièce d’à côté, un petit garçon de trois ans a le bras enveloppé d’épais bandages. Il a été blessé au bras  lors d’un tir de représailles. Et dans la pièce voisine, un garçon de 14 ans se remet d’une blessure par balle à la jambe.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Central African Republic/2014/Page
À l’hôpital pédiatrique appuyé par l’UNICEF à Bangui, un jeune garçon tient la radio montrant la balle qui était logée dans son crâne.

Ce qui choque encore davantage que l’angoisse et la douleur qui ont frappé ces enfants, c’est qu’il semblerait que nombreux d’entre eux aient été délibérément ciblés, même si d’autres enfants de l’hôpital ont été blessés par des balles perdues.

L’aide de l’UNICEF à l’hôpital pédiatrique se matérialise par l’apport de trousses sanitaires, de produits nutritifs et d’un appui en matière de soins de santé d’urgence. L’UNICEF a également participé au financement de l’agrandissement du centre nutritionnel – ce qui était important, dans la mesure où le conflit a eu pour conséquences non seulement un nombre beaucoup plus élevé d’enfants blessés par balles, grenades ou machettes, mais également un impact négatif sur l’état nutritionnel des enfants.

D’après le docteur Kanago – qui au cours des trois dernières semaines a dormi à l’hôpital à cause de l’insécurité – le nombre de cas d’enfants souffrant de malnutrition sévère traités à l’hôpital a quasiment triplé. Environ 125 enfants atteints de malnutrition sévère reçoivent actuellement une aide nutritionnelle vitale grâce à l’appui de l’UNICEF et de l’ONG Action contre la Faim (ACF).

La veille de mon arrivée, au moins trois personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées à Bangui. De nombreuses maisons ont été saccagées et pillées, dont la maison d’au moins un membre du personnel de l’UNICEF. L’insécurité et les violences continuent de déplacer les familles et de perturber les activités économiques dans la ville.

Heureusement, les traitements pour les enfants blessés et atteints de malnutrition à l’hôpital sont fournis gratuitement.

*Les noms ont été changés


 

 

Photographie : Libéré d’un groupe armé

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