République centrafricaine

En République centrafricaine, le porte à porte permet de s’attaquer à la malnutrition

Image de l'UNICEF
© UNICEF Central African Republic/2013/Hug
Dieu-Donné Pamad (à droite), 19 mois, avec sa mère Karine et sa jeune sœur dans le service d’alimentation thérapeutique de l’hôpital de Bambari.

Par Thomas Hug

En République centrafricaine, au milieu de l’insécurité, des équipes médicales mobiles adoptent une approche dynamique pour lutter contre la malnutrition.

BAMBARI, République centrafricaine, 5 septembre 2013 - Dieu-Donné Pamad, assis sur un étroit lit d’hôpital, regarde sa sœur rire et jouer avec leur mère. A 19 mois, il a plus d’un an de plus que sa sœur de 4 mois mais il est à peine plus grand qu’elle.  

Dieu-Donné se trouve dans le service d’alimentation thérapeutique de l’hôpital de Bambari où il est en train de se rétablir du kwashiorkor, une forme grave de malnutrition aiguë provoquée par une carence en protéines et caractérisée par le gonflement, qu’on appelle un œdème, des pieds et de l’abdomen.

Depuis décembre 2012, lorsqu’une coalition de rebelles armés a déclenché un conflit  entraînant l’insécurité dans la plus grande partie du pays, l’accès à des aliments de qualité et aux soins médicaux est devenu particulièrement difficile. Face à cette situation, l’UNICEF a mis en place des opérations pour atteindre les enfants souffrant de malnutrition par le biais d’une approche s’appuyant sur les communautés, cela en collaboration avec l’ONG internationale Medical Corps (IMC). 

Recours au porte à porte

Une des conséquences de ces  opérations est que Dieu-Donné, comme de nombreux autres enfants, est aujourd’hui en train de se rétablir. « Il va mieux, il ne vomit plus. La diarrhée s’est arrêtée et il commence à gagner du poids, » constate Karine Pamad, la mère de Dieu-Donné qui est restée à ses côtés depuis qu’il a été admis dans le service d’alimentation thérapeutique.

Avec autant de familles déplacées ou ayant trop peur de se rendre dans les dispensaires, des équipes mobiles font du porte à porte pour dépister les enfants atteints de malnutrition. Dans les cas les plus graves, comme celui de Dieu-Donné, elles organisent leur admission dans un hôpital pour que les enfants puissent recevoir une alimentation thérapeutique.   

« Je ne savais pas que de telles prestations existaient. L’équipe est venue chez moi et a établi un diagnostic pour mon enfant, » dit Karine Pamad. « Je pouvais voir qu’il n’allait pas mieux. J’ai donc accepté de l’amener à l’hôpital et nous sommes ici depuis dix jours. »

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© UNICEF Central African Republic/2013/Hug
Une équipe mobile de l’UNICEF livre des boites de médicaments indispensables à l’hôpital de Bambari.

Avec cinq autres enfants, Dieu-Donné est soigné avec du Plumpy’nut, un aliment thérapeutique à base d’arachides riche en protéines et à haute teneur énergique. Dans la pièce voisine, neuf autres enfants sont traités avec du lait thérapeutique.

Le service d’alimentation thérapeutique de l’hôpital de Bambari a la capacité de traiter 22 enfants en même temps mais les déplacements de population et l’insécurité font que beaucoup moins de parents ont recours à l’aide médicale, même quand celle-ci est absolument nécessaire.

« Les gens avaient aussi trop peur de sortir des endroits où ils se cachaient pour amener leurs enfants et les faire soigner quand ils tombaient malades, » dit une auxiliaire médicale. « Avec le début de la saison des pluies, les gens sont dans les champs pour essayer de sauver leurs cultures. »

Redémarrage des prestations

« Les approvisionnements médicaux de l’UNICEF nous aident à faire redémarrer la prestation de soins de santé à l’hôpital, » dit le Dr Joseph Sembre Bama, le responsable de l’hôpital de Bambari. Outre le Plumpy’nut et le lait thérapeutique, l’UNICEF fournit aux établissements médicaux du secteur de Bambari les médicaments indispensables ainsi que le matériel destiné à épauler la reprise des soins d’urgence. Dans les régions du nord et du nord-est, l’UNICEF participe au redémarrage des services de soins nutritionnels, ce qui a permis de soigner, à travers tout le pays, 13 075 enfants atteints de malnutrition aiguë.   

« Même avant cette crise récente, la République centrafricaine avait des indicateurs de développement dont certains figuraient parmi les plus mauvais de la planète, » dit le Représentant de l’UNICEF en République centrafricaine, Souleymane Diabate.
« Les enfants se trouvant à l’intérieur du pays sont spécialement touchés par la crise car ils sont coupés maintenant depuis des mois des prestations de santé de base. Notre priorité est de parvenir de toute urgence auprès de ces enfants par le biais d’interventions liées à la santé et à la nutrition et capables de sauver leurs vies. »

Outre cette assistance apportée dans le domaine de la santé et de la nutrition, les équipes mobiles de l’UNICEF contribuent aussi à la reprise des activités scolaires, jouent un rôle important dans la collecte de données et effectuent des évaluations permettant de préparer les interventions humanitaires pour ceux qui ont besoin d’assistance.


 

 

Photographie : Réhabiliter les enfants soldats

Une promesse renouvelée


Pour plus d'information 
A Promise Renewed  
(Site web en anglais)

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