République centrafricaine

Donner une éducation aux enfants touchés par les conflits dans les régions isolées de la République centrafricaine

Image de l'UNICEF
© EC/ECHO/Daniel Dickinson 2009
Bien que ne disposant que d’installations de base, les élèves de l’école Martin Luther ont toujours envie d’étudier.

Par Daniel Dickinson

BOCARANGA, République centrafricaine, 31 décembre 2009 – Après des années de conflit dans le nord rural de la République centrafricaine, des dizaines d’« écoles de brousse » rudimentaires aident un grand nombre d’enfants déplacés par les combats à revenir à une éducation à temps plein. Pour beaucoup d’entre eux, c’est la seule chance qu’ils ont d’étudier.

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Elle n’a peut être pas l’air de grand chose, la structure de bois, bancale, avec un toit de chaume et des parois ouvertes, mais pour ses 70 élèves, l’école Martin Luther dans le maquis poussiéreux de Bocaranga – dans l’extrême nord ouest de la République centrafricaine – offre la meilleure possibilité d’aller de l’avant après des années de conflit.

« Mes deux parents sont morts, donc je dois travailler dur à l’école pour améliorer ma vie » explique Léonard, 10 ans, l’un des élèves qui va dans cette école de brousse.
 
Arborant un maillot de football rouge, il a grande envie d’apprendre et crie avec enthousiasme les réponses à l’appel de son enseignant.

Un besoin énorme

L’école est extrêmement rudimentaire et c’est l’une des quelque 25 écoles de cette région déshéritée de la République centrafricaine. De nombreux élèves qui vont dans ces écoles ont été forcés de s’enfuir de chez eux en raison du conflit entre les groupes rebelles et les forces gouvernementales, et ils vivent maintenant dans des habitations autour de villes comme Bocaranga.

Image de l'UNICEF
© EC/ECHO/Daniel Dickinson 2009
Un élève à l’école Martin Luther chante une chanson du pays.

Léonard va dans cette école depuis un an et il espère devenir enseignant, une aspiration louable dans une région qui manque d’enseignants formés. Dans ces écoles, ce sont souvent les parents qui doivent dispenser l’enseignement. Tel est le cas d’Yvonne Poukou, qui a été formée pour enseigner mais qui n’a pas encore une qualification complète.

Mme Poukou figure parmi la centaine de parents – appelés parents maîtres – formés dans la région. Le gouvernement n’a fourni que sept enseignants pleinement qualifiés, venant en complément. Les dures conditions de vie, l’isolement de Bocaranga et les besoins énormes de la population locale font qu’il est difficile d’attirer des enseignants ici.

« Je fais cela pour les enfants, » raconte Mme Poukou. « C’est un travail difficile ; je gagne peu d’argent et souffre énormément en enseignant à 70 enfants tous les jours. »

Une étape positive

Les écoles de brousse de Bocaranga ont été créées par l’UNICEF et sont financées par une contribution d’approximativement deux millions de dollars É.-U. de l’Office d’aide humanitaire de la Commission Européenne (ECHO). Au total, 800 écoles dans toute la République centrafricaine ont été financées et plus de 2000 parents maîtres ont été formés.

« La violence et l’insécurité dans le nord de la République centrafricaine ont entraîné le déplacement de plus de 110 000 personnes dans la brousse, sans accès aux services de base; » expliaue Muriel Cornelis, Chef du bureau d’ECHO en République centrafricaine.

« En situation d’urgence, une école apporte plus qu’un simple lieu où les enfants étudient, » ajoute-t-elle. « Souvent, l’école fournit également un accès à l’eau potable, aux soins de santé et à la protection. Pour beaucoup d’enfants qui vont dans les écoles de brousse, c’est une étape vers une vie normale. »

publié à l'origine sur www.alertnet.org


 

 

Audio (en anglais)

En République Centrafricaine, « Les écoles de brousse » offrent un accès à l’éducation aux enfants touchés par les conflits.

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