République centrafricaine

La Directrice générale adjointe Hilde Johnson lance une mise en garde contre la triple menace qui pèse sur la survie de l'enfant en RCA

Image de l'UNICEF
© UNICEF RCA/2009/Stark-Merklein
Hilde Johnson s'entretient avec une personne participant à un programme appuyé par l'UNICEF en faveur des rescapées de la violence sexuelle et dirigé par l'International Rescue Committee, à Kaga Bandoro, au nord de la République centrafricaine.

Par Brigitte Stark-Merklein

BANGUI, République centrafricaine, 20 octobre 2009 – La Directrice générale adjointe de l'UNICEF Hilde Johnson a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle aide les enfants de la République centrafricaine (RCA) qui subissent les contrecoups du déclin du pays.

« Les enfants de RCA se trouvent au centre d'une tourmente, » a déclaré Mme Johnson alors qu'elle effectuait la semaine dernière une visite dans le pays. « Les problèmes auxquels ils sont aujourd'hui confrontés n'en seront qu'aggravés par la triple menace d'instabilité, de diminution du budget de l'État et déclin du financement par les donateurs. »

Après des années de conflit, le bilan est lourd. Les indicateurs de la qualité de vie des enfants sont parmi les plus mauvais du monde. Environ un enfant sur six décède avant d'avoir atteint l'âge de cinq ans. Le système de santé est l'un des plus fragiles du monde et les prestations de base y sont quasi inexistantes. Seulement 38 pour cent des filles et 53 pour cent des garçons en âge de fréquenter l'école primaire sont scolarisés et beaucoup d'entre eux abandonnent leurs études avant d'avoir achevé la dernière année d'enseignement primaire.

La crise économique touche les enfants

La crise économique mondiale a un impact sérieux sur la RCA. Selon des sources gouvernementales, le budget de l'État a diminué cette année de 40 pour cent. La crise est ressentie le plus durement dans la partie sud-ouest du pays où les pertes de revenus à la suite de l'effondrement des exportations de bois et de diamant ont aggravé la pauvreté. La malnutrition a dépassé les taux d'alerte alors que les parents ne sont plus capables d'assurer les besoins de leurs enfants.
Pour assombrir le tableau, l'aide humanitaire connaît un déficit de financement de 39 pour cent.

« Depuis quelque temps, la RCA est abandonnée par les donateurs, » a dit Ms Johnson. « Mais avec cette conjoncture, le risque d'une crise plus profonde est trop important pour qu'on l'ignore. Les faibles ressources disponibles dans ce pays ne peuvent en aucun cas faire face aux besoins énormes et aux indicateurs consternants. Un engagement financier, politique et diplomatique de la part de la communauté internationale est nécessaire pour garantir les droits des enfants centrafricains et améliorer leur protection. »

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Femmes peules participant à un programme pour personnes ayant survécu à des sévices liés à l'appartenance ethnique à Paoua, au nord de la RCA. Le programme est conduit par le Conseil danois pour les réfugiés avec l'appui de l'UNICEF.

Libérations d'enfants

Un espoir pour la paix et la stabilité tient au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion des combattants, dont celle des enfants liés aux groupes armés. Mme Johnson a discuté de la libération de ces enfants avec les autorités locales et les représentants du groupe rebelle «  'Armée populaire pour la restauration de la République et de la démocratie » (APRD) qui ont confirmé leur participation au Programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) qui est également une condition préalable pour les élections prévues au début 2010.

Mme Johnson a rencontré à Paoua environ 40 garçons libérés il y a trois semaines des rangs de l'APRD et qui sont préparés à leur réinsertion dans leurs communautés dans un centre de transit géré par le Conseil danois pour les réfugiés, cela avec l'appui de l'UNICEF.

Mme Johnson a observé l'impact de la violence lorsqu'elle a effectué une visite dans deux villages de la province de Nana-Grébizi qui ont été attaqués au début de cette année par des cavaliers armés. Les habitants du village ont raconté comment ils avaient fui dans la brousse alors que leurs assaillants mettaient le feu à leurs maisons et volaient leur bétail. Beaucoup d'entre eux ont peur de revenir et continuent à se cacher mais ceux qui sont retournés sont en train de s'organiser pour nettoyer l'école, appuyée par l'UNICEF, afin que leurs enfants puissent commencer l'année scolaire.

Surmonter les traumatismes

Mme Johnson a également rencontré une équipe d'International Rescue Committee qui répertorie et aide les rescapées de violences sexuelles à Kaga Bandoro. Elle s'est adressée à un groupe de femmes de la minorité peule qui bénéficient d'un programme du Conseil danois pour les réfugiés. Celui-ci les aide à surmonter les traumatismes provoqués par les violences liées à l'appartenance ethnique contre leurs familles et les forme à des activités qui leur permettront de générer un revenu. L'exclusion et l'exploitation des Peuls, dans le nord, et celle des Aka, ou « pygmées », dans le sud, est systématique et rend ces femmes particulièrement vulnérables. 

La visite de Mme Johnson en RCA représentait la première étape d'une mission dans deux pays, l'une en RCA, l'autre au Tchad.


 

 

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