République centrafricaine

Des réfugiées d’un camp tchadien participent à des groupes de discussion

Image de l'UNICEF: CAR, Chad, refugees
© UNICEF Chad/2009/Walther
Dans le camp de Dabla au Tchad, des femmes réfugiées venues de République centrafricaine attendent d’être inscrites sur les registres du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Par Cornelia Walther

DAHA, Tchad, 27 mars 2009 – Depuis la mi-février, plus de 7500 réfugiés sont arrivés à Daha au Tchad, en provenance de la République centrafricaine, déplacés par la violence qui touche ce pays. Daha compte environ 4000 habitants et se trouve à moins de 200 mètres de la frontière entre les deux pays. Plus de 80 pour cent de ces réfugiés sont des femmes et des enfants.

Peu après l’arrivée des premiers réfugiés, l’UNICEF a envoyé une équipe d’intervention d’urgence pour faire face aux besoins les plus pressants. Aujourd’hui – quatre semaines après le premier afflux de réfugiés – Daha a un centre de nutrition d’urgence opérationnel ainsi que des services fournissant eau potable et assainissement.

Plus de 250 enfants réfugiés ont également été intégrés dans l’école locale. L’UNICEF y a livré des fournitures scolaires et construit quatre salles de classes provisoires afin d’assurer à tous ces enfants une place dans cette école.

« Il y a 3000 enfants réfugiés à l’école de Daha – seulement un élève sur trois est une fille, » explique le spécialiste en éducation de l’UNICEF, Ben Moussa. « Chaque journée qu’un enfant passe privé d’éducation est perdue pour toujours. L’éducation est une porte ouverte sur le monde. »

Des groupes de discussion pour les femmes

Début mars, l’UNICEF a organisé à Daha des groupes de discussion ciblés pour parler de deux sujets cruciaux : l’éducation des filles et les soins prénatals.

Ces groupes de discussion étaient les premières réunions sociales auxquelles participaient un grand nombre de ces réfugiées depuis leur déracinement forcé de février, un événement très traumatisant. L’ambiance, en dépit de la chaleur intense, y était joyeuse.

Plus de 10 000 personnes de tous les âges et de tous les sexes s’étaient rassemblés pour cet événement, attendant patiemment à l’ombre des rares arbres le début des discussions.

Contester les idées traditionnelles sur l’éducation des filles

Le personnel de l’UNICEF a présenté deux sujets de débat aux groupes de discussion : le droit à l’éducation des filles et la nécessité pour les femmes enceintes d’aller régulièrement pendant leur grossesse à leur dispensaire local pour des examens de contrôle.

« J’avais 14 ans et je venais de réussir un examen pour pouvoir poursuivre mes études quand mon père m’a dit qu’il avait trouvé un mari pour moi, » raconte Fatime, une femme centrafricaine de 40 ans qui vit depuis trois semaines avec ses trois enfants dans le camp de réfugiés. « J’ai eu la chance d’aller à l’école pendant cinq ans, mais j’aurais aimé continuer. Il y a tant de choses que je voulais apprendre et comprendre. »

Encourager les soins prénatals

Le personnel de l’UNICEF a fait remarquer que l’éducation et la santé procréative étaient étroitement liées – une fille éduquée a de meilleures chances d’avoir une grossesse et un accouchement sans problèmes, et elle sera mieux équipée pour prendre soin de sa famille.

« La consultation prénatale présente trois avantages, » explique le docteur Cissé de l’UNICEF. « Tout d’abord, elle permet de confirmer la grossesse. Deuxièmement, des consultations successives permettent d’éviter les complications et les infections. Finalement, cela permet de déterminer les facteurs de risque et de se préparer pour le moment de l’accouchement. »

Une femme nommée Zahra remarquait que la raison pour laquelle les femmes ne cherchent pas à obtenir des soins prénatals est due à un sentiment de honte et de stigmatisation. « Elle ne peut pas exposer son corps devant un autre homme que son mari, » expliquait Zahra.

L’UNICEF prépare actuellement la mise en place dans le camp d’une tente munie d’équipement de soins obstétriques.

Une journée d’idées stimulantes

La réunion s’est terminée par de la musique et des danses. Plus de 10 groupes ethniques différents étaient représentés à deux endroits du camp où ils ont présenté leurs danses traditionnelles.

L’atmosphère était gaie, mais à la fin de la journée de nombreuses femmes paraissaient encore perdues dans leurs pensées.

Des discussions comme celles organisées dans ces groupes pourraient entraîner une transformation silencieuse des mentalités. L’UNICEF prévoit d’organiser des discussions régulières sur des questions similaires pendant toute la durée du séjour des réfugiés à Daha afin que les femmes et les filles de ce camp puissent trouver leur propre voix.


 

 

Audio (en anglais)

Cornelia Walther, responsable des communications pour les opérations d’urgence de l’UNICEF dans l’Est du Tchad, parle des difficiles conditions dans lesquelles vivent 10 000 nouveaux réfugiés arrivés de la République centrafricaine.
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