République centrafricaine

A la suite de l’augmentation du nombre d’enlèvements, l’UNICEF lance un appel aux gouvernements pour protéger les enfants.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Central African Republic/2008
Harouna (à droite) et Beldo ont été retenus en captivité pendant deux ans par des hors-la-loi parce que leur père n’avait pas les moyens de payer la rançon demandée.

Par Rebecca Bannor-Addae

PAOUA, République centrafricaine, 20 juin 2008 – A l’ombre de la véranda, Harouna Garga, 5 ans, et sa soeur Beldo, 7 ans, sont assis en toute sécurité sur les genoux de leur père dans la propriété familiale de Paoua, au nord-ouest de la République centrafricaine. Il y a trois ans, leur vie n’était pas aussi sereine.

Le père des enfants, Souleimane Garga, retrace les événements survenus le 23 juin 2005 lorsque lui et sa famille ont été attaqués par des hors-la-loi connus sous le nom de Zaraguinas.

Attaqués chez eux

« Il était deux heures du matin quand ils sont arrivés. Ils étaient nombreux et ils ont abattu les portes, » raconte M. Garga en indiquant les diverses portes des chambres qui font face à la cour. « Ils avaient des kalachnikovs et les balles se sont mises à pleuvoir. »

Les hors-la-loi ont tué le grand-père des enfants et leur oncle. M. Garga a reçu une balle dans le dos. Les Zaraguinas ont volé les biens de la famille, y compris leur bétail.

Le pire de tout, c’est qu’ils ont emmené la femme de M. Garga et son bébé âgé d’une semaine ainsi que Beldo et Harouna.

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© UNICEF Central African Republic/2008
Souleimane Garga réconforte ses enfants, Harouna (à gauche) et Beldo, qui restent hantés par leur captivité.

Retenus en captivité pendant deux ans

Les enfants ont été retenus en captivité pendant deux dans des conditions épouvantables parce que leur père ne pouvait pas réunir la rançon de 4 700 dollars par enfant après avoir payé pour la remise en liberté de sa femme et du bébé.

« Quand les enfants sont revenus à la maison, ils étaient très maigres et ne voulaient pas jouer,” affirme M. Gargas. « Harouna se réveillait toujours la nuit. Il criait et pleurait. »
Les Zaraguinas sont puissamment armés et contrôlent de nombreuses routes entre les villes principales du nord de la République centrafricaine où ils pillent, tuent et enlèvent contre rançon. Ils ont répandu la terreur parmi les habitants de la région et en forcé un grand nombre à quitter leurs maisons.

« Ils sont vraiment méchants, » explique le petit Harouna. « Ils avaient des armes. Il y avait un homme qui ne souriait jamais. Il m’a battu à de nombreuses reprises. »

« Merci, nous sommes libres »

L’UNICEF est extrêmement préoccupé par les récits de rapts et d’enlèvements d’enfants en République centrafricaine ainsi que dans d’autres pays touchés par la violence comme Haïti, la République démocratique du Congo et l’Iraq. Ces délits sont presque toujours perpétrés en toute impunité. 

Dans le cas de Harouna et de Beldo, les hors-la-loi les retenaient simplement à une courte distance de leur domicile.

« Nous avions peur mais nous pensions tout le temps que notre père viendrait bientôt. Nous avions inventé une chanson, » dit Harouna impatient de chanter les paroles auxquelles lui et sa sœur se raccrochaient durant leur captivité. « Je suis heureux de revenir à la maison. Je suis heureux de revoir ma maman. Merci, nous sommes libres. Maintenant, nous allons chez maman.”

« Nous sommes tous responsables »

L’attaque a laissé M. Garga presque sans rien. La plupart des membres de sa famille, y compris sa femme, se sont enfuis au Cameroun, le pays voisin.

L’histoire de Garga ne représente qu’un des cas, de plus en plus nombreux, qui parviennent jusqu’à  l’UNICEF, d’enfants détenus contre rançon ou utilisés comme enfants soldats. 
L’UNICEF lance un appel aux gouvernements pour qu’ils décrètent et fassent appliquer des mesures destinées à assurer un environnement protecteur aux enfants.

« Les gouvernements ont la responsabilité de faire appliquer les mesures qui sont en place pour veiller à ce que les familles et les enfants soient protégés, » affirme le Responsable à l’UNICEF de la communication pour la protection de l’enfant, Geoffrey Keele. « Nous sommes tous responsables du bien-être des enfants. »


 

 

Vidéo (en anglais)

21 mai 2008 :
Le reportage du correspondant de l’UNICEF Guy Degen sur deux enfants de République centrafricaine enlevés et retenus en captivité contre rançon. 
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17 juin 2008 :
Le Responsable à l’UNICEF de la communication pour la protection de l’enfant Geoffrey Keele s’entretient de la récente augmentation des enlèvements d’enfants.
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