République centrafricaine

L’histoire de Neige : se remettre après avoir souffert de malnutrition en République centrafricaine

Image de l'UNICEF: CAR Neige
© UNICEF 2007/CAR/Holtz
Neige, 3 ans, telle qu’elle était avant d’être soignée contre les effets de la malnutrition qui touche près de la moitié des enfants en République centrafricaine.

Par Emily Bamford

BOSSANGOA, République centrafricaine, 25 octobre 2007 – Neige rit timidement et se cache sous le châle de sa grand-mère. Elle est âgée d’à peine trois ans et elle vit avec les 11 membres de sa famille dans un logement minuscule sur les rives de l’Ouham, dans le nord de la République centrafricaine (RCA).

Neige peut ressembler à n’importe quelle autre petite fille, mais elle a beaucoup de chance d’être en vie. Il y a quelques mois, elle a failli mourir à cause de la malnutrition.

Pour sa famille, son rétablissement est un miracle – facilité par l’intervention directe de l’Ambassadrice itinérante de l’UNICEF, Mia Farrow.

Une lutte quotidienne

Depuis la petite maison où vit Neige avec sa famille élargie, on peut voir les pêcheurs du village en train de travailler sur la rivière, alors que tournent autour d’eux une multitude d’oiseaux et de papillons aux brillantes couleurs.

Image de l'UNICEF: CAR Neige Mia Farrow
© UNICEF 2007/CAR/Holtz
Mia Farrow, Ambassadrice itinérante de l’UNICEF, en compagnie de Neige, en voie de guérison à l’unique hôpital pédiatrique de Bangui.
Mais ce beau décor est trompeur. La vie est dure à Bossangoa. Il y a peu d’emplois et  la capacité des familles à pouvoir s’approvisionner en nourriture varie beaucoup en fonction des fortes variations saisonnières.

Pour Eugénie, la mère de Neige, la lutte est quotidienne. Alors qu’il n’y a guère de travail, elle a trois enfants à charge, et plusieurs personnes âgées comptent également sur elle.

Le père de Neige était officier dans l’armée. Il a été affecté à Bangui peu après la naissance de sa fille et depuis lors la famille n’a plus entendu parler de lui. Eugénie peut arriver à travailler de temps en temps en faisant de la bière à base de miel et en la vendant sur le marché local. Toutefois, récemment, l’argent s’est fait rare et elle n’a pas été en mesure de se procurer les ingrédients nécessaires à la fabrication de la bière.

Une malnutrition chronique et sévère

En mars de cette année, une mission parrainée par l’UNICEF a conduit Mme Farrow à Bossangoa. Les membres de cette mission ont rencontré Neige et sa mère alors qu’elles participaient à un cours de formation aux soins maternels.

Ce cours faisait partie d’un projet à base communautaire – partiellement financé par l’UNICEF dans le cadre d’une filiale commune, constituée  avec deux ONG, le Partenariat international pour le développement humain et Caritas – en vue de favoriser les services sanitaires et nutritionnels pour la population vivant dans le secteur de Bossangoa.

Image de l'UNICEF: CAR Neige
© UNICEF 2007/CAR/Holtz
Neige est à présent en meilleure santé et heureuse. Elle s’est rétablie après avoir souffert de malnutrition sévère; pour sa famille, ce rétablissement est un miracle.
La malnutrition chronique constitue un problème auquel on se heurte communément en RCA et qui touche ici environ 38 pour cent des jeunes enfants. À ce chiffre, il convient d’ajouter 10 pour cent qui souffrent d’une malnutrition aiguë. Dans le nord du pays, dans les préfectures touchées par le conflit, les pourcentages sont nettement plus élevés.

De la faim à l’espoir

En général, la malnutrition peut être soignée sur place, mais Neige était dans un état si grave que Mme Farrow, personnellement, l’a amenée d’urgence au Centre d’alimentation thérapeutique très spécialisé de Bangui, qui bénéficie, lui aussi, d’une aide de l’UNICEF. Après avoir été plusieurs jours dans un état critique, Neige s’est totalement rétablie et elle est retournée à son village

Aujourd’hui, la santé de Neige est visiblement meilleure. Sa chevelure est épaisse et elle ne souffre plus d’insuffisance pondérale. Aidée par l’UNICEF, Eugénie apprend à donner à sa fille un régime alimentaire plus équilibré et plus complet, même avec très peu d’argent.

En outre, l’UNICEF poursuit son aide à l’hôpital et aux centres de soins communautaires du village, notamment l’ACABEF, l’association locale de planning familial. De telles interventions devraient aider la communauté à faire baisser dans l’avenir les taux de malnutrition. Si elles sont couronnées de succès, des histoires comme celle de Neige appartiendront à un passé révolu.


 

 

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