République centrafricaine

Enfants soldats démobilisés en de République centrafricaine

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ07-0132/Giacomo Pirozzi
A Nana Bariya, village situé au nord-ouest à la frontière du Tchad et de la République centrafricaine, un homme tient un fusil. Il fait partie d’un groupe de rebelles armés qui contrôle la zone. Certains de ces groupes se sont servis d’enfants soldats.

Par Blue Chevigny

NEW YORK, USA, 21 mai 2007 – L’UNICEF a annoncé que des négociations ont commencé avec des groupes de rebelles du nord-est de la République centrafricaine pour que les enfants soldats soient libérés et puissent rentrer chez eux.

Le recrutement et l’utilisation illicites des enfants soldats dans les rangs des groupes sont une réalité alarmante pour les enfants du pays. D’après M. Mahimbo Mdoe, Représentant de l’UNICEF pour la République centrafricaine, seulement 14 % des enfants vont à l’école dans les zones de conflits les plus violents, et moins de 50 % dans le reste du pays. De plus, la malnutrition affecte 40 % des enfants, et les services de base sont rarement disponibles en dehors de la capitale elle-même. Les jeunes disposent donc d’options très limitées.  Souvent désoeuvrés  et sans réel espoir d’avenir, des centaines de jeunes gens ont rejoint les rangs des rebelles.

« Il existe une relation directe entre les indicateurs de forte pauvreté que nous trouvons régulièrement au nord du pays, où nous sommes face à une situation d’urgence, et où la rébellion a éclaté, et où il y a donc des enfants soldats, », note M. Mdoe. « Et voilà pourquoi le programme de démobilisation apportera de l’aide dans le domaine de l’éducation, de la santé, etc., afin de renforcer ces secteurs ».

Image de l'UNICEF
Un ancien combattant de 17 ans, membre d’un groupe de rebelles en République centrafricaine, se tient sur le pont de Nana Bariya, situé au nord-ouest de Bangui, capitale du pays.

Un programme de démobilisation ambitieux

Les noms de 225 enfants soldats, sur les au moins 400 qui se battent avec les rebelles, ont été donnés par l’armée rebelle à l’UNICEF la semaine dernière, le 17 mai, et ceci n’est que le début du processus. L’UNICEF va entreprendre un programme ambitieux pour reconstruire l’infrastructure dans les zones où vivent les soldats démobilisés. Près de 20 villages seront reconstruits et les services sociaux y seront réaménagés pour accueillir les enfants et faciliter leur retour dans la famille, afin qu’ils puissent retrouver une vie « normale ».Le programme s’étendra aussi aux enfants du nord-est du pays, pas encore enrôlés dans des groupes armés, mais qui ont eux aussi besoin de soins de santé, d’éducation, de sécurité et d’activités ludiques. 

Comme d’habitude lorsqu’il s’agit de démobilisation d’enfants soldats, il se peut que certains soient tentés plus tard de retourner se battre. « C’est un risque, mais nous sommes prêts à le prendre, » dit M. Mdoe.  Il estime qu’il n’est pas nécessaire de rechercher les familles de ces enfants, car ils ne se sont pas beaucoup éloignés de leur point de départ. « Ces enfants vivent dans les régions d’où ils sont originaires de toute façon. Alors leur intégration devrait être un peu plus facile puisqu’ils sont déjà chez eux. Et nous avons bien prévenu les rebelles que s’ils devaient recruter à nouveau ces enfants, toute aide de l’UNICEF aux communautés des groupes de rebelles cesserait ou serait suspendue ».

Dans le cadre d’une tendance plus vaste

Ces événements se déroulent un peu plus d’une semaine après l’accord de démobilisation au Tchad, le pays voisin, dans le cadre duquel l’UNICEF et le Gouvernement du Tchad se sont mis d’accord pour démobiliser les enfants soldats. Ces deux exemples montrent que la communauté internationale prend de plus en plus conscience des problèmes de l’enfant soldat, et condamne la pratique, suite à la conférence co-organisée par l’UNICEF, « Libérez les enfants de la guerre », à Paris en février dernier.

« Cela a permis de faire comprendre au grand public à quel point l’idée de faire combattre des enfants est négative, dit  M. Mdoe, je pense que toutes ces actions ont montré que si vous utilisez des enfants soldats, vous risquez de le payer cher. Alors, démobilisez-les. Voilà le message que nous envoyons. Avoir des enfants soldats, c’est inacceptable. »


 

 

Audio (en anglais)

21 mai 2007:
Mahimbo Mdoe, Représentant de l’UNICEF en République centrafricaine, explique pour Radio UNICEF l’histoire du processus de la démobilisation des enfants soldats dans le nord du pays, ravagé par les conflits.
AUDIO Ecouter

Radio UNICEF

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