République centrafricaine

Briser l’engrenage de la pauvreté : le programme de l’UNICEF pour la petite enfance en République centrafricaine

Image de l'UNICEF: UNICEF image: Central African Republic poverty
© UNICEF Central African Republic/2006/Willemot
Le centre communautaire de Cotonaf (République centrafricaine), où les jeunes enfants sont pesés et mesurés.

Par Yves Willemot

BANGUI, République centrafricaine, 23 mai 2006 – La pauvreté est largement répandue en République centrafricaine. Après des années d’insécurité et d’instabilité, pendant lesquelles le gouvernement n’a pas suffisamment investi dans le secteur social, le pays est plongé dans une crise grave.

Un enfant sur cinq meurt avant l’âge de cinq ans. La République centrafricaine a non seulement l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés du monde, mais également le taux de scolarisation le plus faible du monde. L’UNICEF travaille avec le gouvernement et ses partenaires du développement pour offrir à ces enfants un avenir meilleur.

Des efforts dans deux villages

Boda est une petite ville qui vit du diamant à l’ouest de Bangui, la capitale. L’industrie du diamant n’investit qu’une minuscule partie de ses revenus dans la région. Les parents, forcés de s’absenter longtemps de chez eux à la recherche de diamants, n’ont guère le temps de s’occuper de la santé ou de l’éducation de leurs enfants.

Le Responsable de l’UNICEF chargé du développement de la communauté Daniel Gbele a rencontré il y a deux ans les dirigeants de la ville pour aborder le problème de la pauvreté.

« Nous nous sommes mis d’accord pour démarrer un programme qui briserait l’engrenage de la pauvreté dont les familles du village sont prisonniers depuis des années, en nous occupant de la santé et de l’éducation des jeunes enfants et de leurs mères, », dit-il.

Le village de Cotonaf, à quelques kilomètres au nord de Boda, fut un des premiers à créer un centre communautaire pour les jeunes enfants.

Chaque jour, quelque 100 enfants de deux à cinq ans se rendent au centre, où ils chantent, dessinent et bénéficient d’un suivi médical, vaccination comprise. Un repas, fourni par le Programme alimentaire mondial, leur est aussi offert.

Image de l'UNICEF: UNICEF image: Cotonaf, Central African Republic community centre
© UNICEF Central African Republic/2006/Willemot
Noella Samedi arrive au centre communautaire pour enfants à Cotonaf, (République centrafricaine).

Elargir la portée du programme 

Les parents sont ravis que leurs enfants aident accès à ces soins cruciaux. Ringo Samedi est le papa de deux enfants, dont la plus jeune se rend au centre tous les jours.

« Le centre s’occupe de Noella pendant que ma femme et moi-même travaillons », dit M. Samedi. « Elle apprend beaucoup de choses pratiques. Elle s’exprime beaucoup mieux que les autres enfants du village qui n’y vont pas. »

Boda et Cotonaf sont deux des 20 communautés de République centrafricaine où l’UNICEF s’occupe du développement des jeunes enfants et des soins à leur prodiguer. Aujourd’hui le programme touche 40 000 personnes – environ 1 pour cent de la population du pays.

Le Gouvernement de la République centrafricaine dit vouloir reproduire le programme dans cinq provinces et l’étendre de manière à toucher plus du tiers de la population.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement sont loin d’être atteints en République centrafricaine. Mais l’UNICEF et ses partenaires soutiennent les efforts déployés par le gouvernement pour progresser véritablement vers une réduction des taux élevés de mortalité infantile, l’amélioration de la scolarisation et la réduction de la pauvreté dans l’un des pays les plus pauvres de la planète.


 

 

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