Cameroun

Dans le nord du Cameroun, une campagne menée par les mères pour le droit des filles à l’éducation

Image de l'UNICEF
© UNICEF Cameroun/2009/Sweeting
Dans le nord du Cameroun, Hawa Mamoudou, 12 ans, en classe, dans le village de Perma. Hawa est retournée récemment à l’école, après deux ans d’absence, grâce au travail du Réseau national des associations de mères pour l’éducation des filles, qui bénéficie du soutien de l’UNICEF.

Par Salma Zulfiqar et John Nkuo

A l'approche du vingtième anniversaire de la Convention relative aux droits de l'enfant, un accord international sans précédent sur les droits fondamentaux de tous les enfants, l'UNICEF présente une série de reportages sur les progrès accomplis et les défis qui subsistent. Voici l'un de ces reportages.

LE VILLAGE DE PERMA, Cameroun, 17 novembre 2009 – Hawa Mahmadou,12 ans, était bouleversée lorsqu’elle a dû quitter l’école, il y a deux ans, ses parents ne pouvant plus se permettre de payer les frais de scolarité. Elle a passé ses journées à faire des travaux ménagers.

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Hawa vient du village de Perma, dans le nord du Cameroun, où les filles restent à la maison, du fait de la coutume, et de la pauvreté. Les parents considèrent les garçons comme les principaux soutiens de famille et préfèrent les envoyer à l’école, ce qui réduit les taux de scolarisation des filles en primaire. 

De village en village
Mais, à présent, Hawa est en mesure d’étudier à nouveau – grâce au Réseau national des associations de mères pour l’éducation des filles, le RECAMEF, une organisation non gouvernementale composée de mères allant de village en village afin de convaincre les parents d’envoyer leurs filles à l’école.

Le réseau a financé les frais de l’association parents-enseignants d’Hawa, soit environ trois dollars É.-U., et a fourni les livres à l’écolière, qui a pu ainsi retourner en classe en septembre.

« J’aimerais devenir médecin plus tard, afin de pouvoir soigner les personnes malades, » a-t-elle expliqué.

Un réseau qui se développe
Depuis qu’il a été créé en 2006, le RECAMEF, qui bénéficie du soutien de l’UNICEF et du ministère de l’Enseignement élémentaire, a aidé des centaines de filles comme Hawa. Le réseau s’est développé, passant d’un simple groupe de femmes à 250 antennes locales réparties dans les régions nord et est du Cameroun.

« Ici, dans notre communauté pauvre, lorsque les parents n’ont pas suffisamment de moyens pour que leurs enfants restent scolarisés, ils préfèrent retirer les filles et permettre aux garçons de continuer leurs études parce que, traditionnellement, les filles sont mariées tôt, » a expliqué la responsable du RECAMEF de Perma, Aissatou Abdoulaye.

Néanmoins, les taux de scolarisation des filles sont en progression dans le village, ce qui les aide à concrétiser leur droit à une éducation, un droit promis dans la Convention relative aux droits de l’enfant.

« Notre objectif est d’avoir à Perma 150 filles scolarisées en 2009 », a indiqué Mme Abdoulaye. « Nous avons déjà bien lutté dans notre secteur et on est parvenu à avoir 103 filles scolarisées. »

L’appui de la communauté
L’appui des dirigeants de la communauté est déterminant dans le village, afin de faire évoluer les comportements et d’avoir accès aux parents. Lorsque les membres du RECAMEF ont rencontré Lamido Bouba Hamman, le chef traditionnel du village de Perma, il les a soutenus.

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© UNICEF Cameroun/2009/Sweeting
La responsable de l’antenne locale du village de Perma du Réseau national des associations de mères pour l’éducation des filles, qui bénéficie du soutien de l’UNICEF, Assiatou Abdullah (debout), lors d’une réunion avec des femmes et des filles du secteur qui font pression sur le chef du village afin qu’il incite le plus grand nombre possible de filles à aller en classe.

« Au début, nous pensions que les filles étaient simplement destinées à se marier, » a-t-il dit. « Mais nous avons appris que même lorsqu’elles sont mariées, les femmes peuvent encore aller en classe. »

Le chef du village a constaté le rôle important joué par les femmes dans la société camerounaise. « Des femmes sont nommées ministres, hauts fonctionnaires et elles occupent aussi des positions stratégiques dans la police et dans l’armée », a-t-il précisé. « Nous devons nous efforcer d’envoyer nos filles à l’école, de telle sorte que, demain, elles soient en mesure d’occuper des postes de responsabilité dans le pays. »

« Crédibilité sur le terrain »
Le RECAMEF forme ses membres à faire des exposés dans les villages, les conseille sur les techniques de sensibilisation et leur donne des bicyclettes pour aller de village en village diffuser le message.

« Le RECAMEF progresse au Cameroun du fait qu’il est crédible sur le terrain, » a observé le Responsable pour l’éducation de l’UNICEF au Cameroun, le Dr Vijitha M. Eyango. « C’est une association du pays, composée de bénévoles. Et ce sont les mères des filles qui sillonnent la communauté, recensent les problèmes et joignent les familles une par une, faisant en sorte que les filles n’aient pas d’excuse si elles ne vont pas à l’école. »

En disposant du soutien du gouvernement et de l’UNICEF, le réseau prévoit de bâtir sur son succès et d’accroître sa couverture l’an prochain, donnant ainsi l’espoir d’un avenir meilleur à davantage de filles, dans tout le Cameroun.


 

 

Vidéo

4 novembre 2009 : Salma Zulfiqar, de l’UNICEF, rend compte des efforts de mères du village de Perma, dans le nord du Cameroun, en vue d’aider davantage de filles à aller en classe
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Des auteurs éminents réfléchissent à l'impact de la Convention relative aux droits de l'enfant
Lien vers le site de l'UNICEF consacré aux 20 ans de la Convention
(en anglais)

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(Site Web en anglais)

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