Cameroun

L’afflux de réfugiés provoque une « urgence silencieuse » dans l’est du Cameroun

Image de l'UNICEF
© UNICEF vidéo
Un enfant s’appuie contre un mur au Cameroun. Les ressources du pays sont grevées par l’intégration de 60 000 réfugiés venus de République centrafricaine.

Par Eva Gilliam

DHAHONG, Cameroun, 2 juillet 2009 – En apparence, la situation des réfugiés dans le Cameroun oriental semble plutôt bonne mais c’est aussi un immense chaos. Depuis 2002, plus de 60 000 réfugiés de la République centrafricaine voisine ont été intégrés dans les communautés d’accueil ici.

VIDÉO : regarder maintenant

Il n’y a pas de camps de réfugiés et les Camerounais et les réfugiés de République centrafricaine coexistent paisiblement. Ces réfugiés de République centrafricaine ont fui les enlèvements et meurtres commis par des groupes d’hommes armés et des bandits, autrefois membres de groupes militaires de République centrafricaine et aussi les rebelles qui fuient eux-mêmes le conflit tchadien au nord.

Des communautés fragiles

Les réfugiés, essentiellement membres du groupe ethnique de la région, les Mbororo, sont des pasteurs nomades qui, depuis des lustres traversent et retraversent la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine avec leurs troupeaux.

Très familiers du terrain et des villages locaux, ils s’intègrent relativement facilement, d’autant plus qu’ils ne sont pas regroupés dans des camps mais qu’ils ont commencé à vivre aux côtés des Camerounais dès le début des problèmes. Les hôtes partagent généreusement toutes les ressources nécessaires, notamment les terres, l’alimentation, l’eau et les écoles pour les enfants réfugiés.

Image de l'UNICEF
© UNICEF vidéo
La fréquentation des écoles a quasiment doublé dans l’est du Cameroun en 2008, et l’afflux des enfants des familles réfugiés a rempli des classes déjà surchargées. Pourtant, la plupart des enfants réfugiés ne sont toujours pas scolarisés.

« Le Gouvernement camerounais a fait preuve d’une hospitalité remarquable, note la Représentante de l’UNICEF au Cameroun Ora Musu Clemens, les frontières restent ouvertes et les gens de la République centrafricaine sont bien accueillis. Mais ces communautés sont déjà elles-mêmes très fragiles et cet afflux de réfugiés grève les ressources en eau, les soins de santé, l’éducation. »

A la limite des capacités

Cinq ans plus tard, l’intégration se maintient mais les ressources sont de plus en plus fragiles.

« La situation devient urgente mais personne ne sait exactement, » explique Mme Clemens. « On s’est très peu intéressé à cette situation, c’est pour cela que nous l’appelons une 'urgence silencieuse' ».

Les Mbororo, une ethnie nomade qui vit traditionnellement de l’élevage, s’installent maintenant dans des communautés agricoles. La plupart d’entre eux ont perdu l’essentiel de leurs troupeaux. Ils ont du mal à nourrir leurs familles avec les rations alimentaires  distribuées tous les mois par l’agence des Nations Unies chargée des réfugiés.

La malnutrition des enfants s’aggrave

Absatu, une mère réfugiée de République centrafricaine, se trouve au centre de nutrition  thérapeutique de Djahong, à environ 100 km de la frontière centrafricaine. Son aîné a cinq ans mais il a l’air beaucoup plus jeune. Absatu l’a amené au centre parce qu’il était tellement sous-alimenté qu’il ne pouvait plus marcher.

« Mon mari est parti pour un mois pour essayer de vendre les quelques vaches qui nous restent. Quand, il reviendra, nous aurons assez d’argent pour une ou deux semaines. Après, il repartira et je dois m’occuper de la famille. Il n’y a simplement rien à manger. »

Absatu n’est pas la seule dans cette situation. Les Mbororo manquent des revenus nécessaires pour acheter de quoi manger et autres nécessités de la vie quotidienne. Et comme la population a augmenté alors que la production agricole restait en grande partie la même, la région a enregistré des cas de malnutrition aiguë chez les enfants réfugiés (environ 20 pour cent d’entre eux) mais aussi, de plus en plus, chez les enfants des communautés d’accueil.

« On voit plus de Camerounais maintenant, constate le Dr Dzudjo Pierre, qui dirige un programme de dépistage et traitement nutritionnel à Garoua Boulai. Quand nous avons commencé, le programme s’adressait aux réfugiés centrafricains mais on s’est aperçu que les Camerounais souffraient eux aussi des mêmes problèmes. »

Image de l'UNICEF
© UNICEF vidéo
Des membres des Mbororo, une ethnie nomade qui vit de l’élevage, ont fui la République centrafricaine pour se réfugier au Cameroun, où ils se sont installés dans des communautés agricoles.

Limited school facilities

The move away from traditional patterns has also meant adjusting to village life for refugee families – including schooling for the Mbororo children.
School attendance nearly doubled in eastern Cameroon in 2008, filling already crowded classrooms with children from refugee families – but about two-thirds of the 28,000 refugee children still are not in school.

“They were about 150 [students] before,” explained the Director of the Manju Primary School in East Cameroon, Gilbert Nouab. “Now there are more than 300.” Mr. Nouab said many more children who would like to attend school, but there is no infrastructure to support them: “We simply don’t have the buildings.”

The International federation of the Red Cross is offering to help pay the school fees of children whose families are unable to do so, but if all the children were to come school, there would be no place for them. The UN High Commissioner for Refugees and UNICEF have contributed to infrastructure where possible, yet resources remain insufficient.

International support needed

Additional challenges facing refugee children in Cameroon include a lack of birth registration as well as an increase in child sexual exploitation, early marriage and pregnancy.

Meanwhile, the urgent humanitarian needs in this economically deprived region have gone largely unnoticed by the international community. UNICEF and its partners –  including UNHCR, the International Medical Corps and the International Federation of the Red Cross – are doing the most they can with the few resources available to them.

But unless the Cameroonian Government and host communities receive the support they need to develop long-term solutions, this silent emergency will continue to grow.


 

 

Vidéo (en anglais)

25 juin 2009 :
Eva Gilliam, de l’UNICEF, présente l’ « urgence silencieuse » qu’affrontent les réfugiés de la République centrafricaine et les communautés qui les accueillent au Cameroun.
 VIDÉO  haut | bas

Obtenez des vidéos de
qualité professionnelle
chez The Newsmarket

Audio

1er juillet 2009 :
la Représentante de l’UNICEF au Cameroun Ora Musu Clemens explique l’ « urgence silencieuse » qu’affrontent les réfugiés dans la partie orientale du pays.
AUDIO écouter

CRC @ 20


La Convention sur les
droits de l'enfant a
20 ans

Tous les droits,
pour tous les enfants

(Site Web en anglais)

Recherche