Cameroun

Combattre la malnutrition chez les nourrissons et les enfants au Cameroun

Image de l'UNICEF
© UNICEF Cameroon/2008/ Bahringer
La prévention de la malnutrition est un lourd défi pour les familles défavorisées et les familles déplacées au Cameroun. L’UNICEF s’efforce de d’atténuer leurs difficultés et d’épargner de jeunes vies.

Par Christyne Bahringer

KOUSSERI, Cameroun, 15 mai 2008  – Dans le dépôt de l’UNICEF à Ngaoundéré, Cameroun, on trouve du lait thérapeutique et des suppléments alimentaires, par exemple des barres à base d’arachide 'Plumpy’nut' – qui ont été stockés au cours des dernières semaines pour battre en brèche la malnutrition dans plusieurs provinces et dans les camps pour familles déplacées par la violence qui sévit au Tchad voisin.

Il semble que pour l’instant, dans les camps situés près de la frontière, l’état nutritionnel de la plupart des nourrissons et des enfants tchadiens soit stable. Toutefois, dans d’autres régions, une crise se profile car le taux de malnutrition aiguë chez les enfants camerounais atteint parfois jusqu’à 17 % – un taux bien supérieur au seuil d’urgence. Par ailleurs, en cette période d’envolée des prix des denrées, une pénurie alimentaire est à craindre.

Une zone stratégique

Voilà pourquoi Ngaoundéré, une bourgade tranquille située entre la frontière septentrionale et la Province de l’Est, revêt une importance particulière pour le Cameroun aujourd’hui. Stratégiquement, elle est l’un des principaux atouts de l’UNICEF Cameroun pour lutter contre la malnutrition dans ces régions.

« Nous devons nous préparer à faire face à une malnutrition aiguë dans le camp de réfugiés de Kousseri. Nous sommes loin d’avoir résolu le problème qui est à l’origine de la malnutrition dans l’est du pays, où tant les petits Camerounais que les enfants réfugiés de République centrafricaine sont exposés à ce fléau, » a déclaré le responsable de la nutrition auprès de l’UNICEF Cameroun, le Dr Denis Garnier.

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© UNICEF Cameroon/2008/ Bahringer
Les rations alimentaires rendent la vie difficile aux familles qui vivent dans le camp de Maltam, tout près de Kousseri, Cameroun, car les familles doivent apprendre à préparer les mélanges et à les diviser en portions.

« Nous avons faim »

Selon Amadou Boukari, responsable pour l’UNICEF de la nutrition dans le Camp de Maltam, par chance, la majorité des enfants qui sont arrivés au cours des dernières semaines ne sont pas mal nourris, mais vu les conditions de leur venue, leur état sanitaire et nutritionnel risque de se détériorer.

Les familles dépendent aujourd’hui des rations alimentaires distribuées par les partenaires de l’UNICEF, et la peur de manquer pousse de nombreuses familles à réduire leur consommation de nourriture. 

« Nous avons faim et il n’est pas facile d’expliquer aux enfants que c’est tout ce que nous aurons à manger aujourd’hui. Ça devrait suffire, mais nous n’avons pas l’habitude de mesurer nos aliments avec une telle précision – nous avons peur de manquer tout à coup, » explique un père de famille.

La malnutrition vue sous un autre angle

Dans d’autres régions du Cameroun, où la pauvreté alliée au déplacement a déjà entraîné la dégradation de l’état nutritionnel d’une large proportion d’enfants camerounais et réfugiés de République centrafricaine, il faut considérer la malnutrition sous un autre angle.

« Ce n’est pas juste une question d’approvisionnement, mais il faut aussi tenir compte du type d’aliments disponibles et fournis. Il faut informer les familles sur les pratiques d’alimentation des jeunes enfants et sur les compléments alimentaires, » explique le Dr Garnier. « Les nourrissons et les enfants qui grandissent ont besoin d’aliments très spécifiques à toutes les étapes de leur développement. Autrement, des carences peuvent apparaître et entraver leur croissance tant physique que mentale.

Pour surveiller la nutrition et le développement des nourrissons et des enfants, l’UNICEF soutient également le dépistage nutritionnel tant dans le camp de Maltam que dans les provinces de l’extrême nord et du nord. Des articles comme les pèse-bébés et les toises permettent aux agents de santé communautaires formés par l’UNICEF de surveiller la croissance et l’état nutritionnel des enfants.

Grâce à ces outils et compétences, ainsi qu’au matériel stocké à Ngaoundéré, l’UNICEF essaie d’aider les familles et les communautés à faire en sorte que la malnutrition ne frappe pas davantage d’enfants au Cameroun. 


 

 

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