Cameroun

L’UNICEF contribue à la protection des enfants et des familles à risque à la frontière entre le Cameroun et le Tchad

Image de l'UNICEF
© UNICEF Cameroon/2008/Bahringer
L’UNICEF a fourni des milliers de doses de vaccins contre la rougeole, la polio et la méningite afin de protéger les jeunes enfants et leurs familles contre les maladies évitables au Camp de Maltam où la densité de population est très élevér.

Par Christyne Bahringer

KOUSSERI, Cameroun, 6 mai 2008 – Selon le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, environ 8 000 personnes, dont plus de 2 800 nourrissons et enfants, vivent actuellement dans le Camp de Maltam, qui accueille des réfugiés dans le Cameroun du nord. Pour ces familles déplacées, qui cherchent toutes un refuge contre la violence dans le sud du Tchad voisin, le temps semble suspendu.

« Nous attendons ici sans avoir rien d’autre à faire que nous demander quand nous rentrerons chez nous. Nous attendons la nouvelle nous apprenant qu’il n’est pas dangereux de rentrer chez nous, si nous avons encore des logements là-bas », confie un réfugié nommé Mohammed, alors que sa femme et ses quatre jeunes enfants se reposent à l’ombre de leur tente.

Mais si le temps s’écoule lentement pour Mohammed et sa famille, il semble passer rapidement pour les organisations et les agents qui coordonnent les efforts de secours.
« C’est une situation dangereuse, bien que les combats paraissent s’être arrêtés à N’djamena. Mais nous devons travailler vite, jour et nuit, afin d’empêcher la propagation de maladies contagieuses parmi les enfants et les femmes du camp », dit James Watts Munang, le responsable de l’UNICEF pour les opérations d’urgence à Kousseri, une petite ville camerounaise proche de la frontière avec le Tchad.

Une course contre la montre

La prévention des épidémies est une riposte classique dans presque toutes les opérations d’urgence. Mais dans une urgence de ce type, où des populations nombreuses passent la frontière, il est crucial de protéger non seulement les enfants et les femmes vivant dans les camps de réfugiés mais aussi ceux qui appartiennent à la communauté d’accueil – ici, les enfants et les familles camerounaises.

Jusqu’à présent, l’UNICEF et ses partenaires semblent en train de gagner la course contre la montre. Lors de la première étape d’une campagne de vaccination de masse, on a fourni des vaccins contre la rougeole à plus de 37 000 enfants et des vaccins contre la polio à plus de 43 000. Les nourrissons et les enfants de six mois à cinq ans ont également reçu des suppléments de vitamine A, un autre stimulant pour leur jeune système immunitaire. 

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L’UNICEF s’efforce d’immuniser contre la méningite tous les enfants et adultes vulnérables du District de Kousseri, où une flambée épidémique pourrait tourner à la catastrophe.

Lors des dernières semaines, une autre campagne contre la méningite a été menée, qui ciblait tous les enfants et tous les adultes du camp (à l’exception des femmes enceintes et des enfants de moins de deux ans). À présent, des projets sont en cours pour la fourniture de vaccins contre le tétanos maternel et néonatal aux femmes enceintes et aux filles en âge de procréer qui se trouvent à Maltam.

Viser l’immunisation universelle

Parmi les enfants vaccinés contre la rougeole  et la polio, il y a plus de 30 000 Camerounais, vivant à Kousseri. Dans la perspective de l’UNICEF, le fait de réagir à une situation d’urgence ne devrait pas signifier qu’on laisse de côté le programme normal, notamment lorsqu’une situation d’urgence survient dans une zone où du travail reste à faire en faveur des nourrissons et des enfants, et où une flambée épidémique pourrait avoir des effets ravageurs.

Selon le responsable sanitaire de l’UNICEF, Stephen Wazeh, seulement 74 pour cent des enfants de Kousseri sont totalement immunisés – ce qui est loin de l’objectif d’immunisation universelle. Aussi les enfants et les adultes de Kousseri vont-ils également être vaccinés contre la méningite dans les semaines qui viennent.

De retour à Maltam, Mohammed dit que lui et sa femme sont reconnaissants que leurs enfants soient maintenant protégés de trois maladies présentant un très grave danger de mort. « À présent, nous savons au moins qu’ils ne vont pas tomber malades et que nous n’aurons pas autant à craindre pour leur santé et leur sécurité aussi longtemps que nous serons ici », dit-il. 


 

 

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