Cambodge

Au Cambodge, un assainissement insuffisant est préoccupant pour la santé des enfants

Image de l'UNICEF
© UNICEF Cambodia/2007/Rintala
Au Cambodge, en milieu rural, moins de 16 pour cent de la population dispose de moyens d’assainissement améliorés.

Par Guy Degan

Afin de faire face à la crise mondiale de l’assainissement, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré 2008 Année internationale de l’assainissement. Le 7 mai, l’UNICEF accueille la première réunion préparatoire de cette Année internationale. Ce reportage traite de la situation au Cambodge.

PROVINCE de SVAY RIENG, Cambodge, 4 mai 2007 – Vorn Mao, un riziculteur, attend avec impatience que la saison des pluies amène une inondation des rizières asséchées et poussiéreuses de sa famille. Mais pour lui et sa femme Roeung, l’eau n’est pas seulement un moyen d’existence. elle est aussi chez eux à l’origine d’une certaine angoisse.

Ils s’occupent de sept petits-enfants dont les parents travaillent à Phnom Penh, la capitale. Lors de la pénurie d’eau dans la région, il y a un peu plus d’un an, leur petite-fille Chenda, âgée de cinq ans, est morte parce qu’elle avait bu de l’eau non potable.

Les grands-parents se rappellent que Chenda souffrait d’une forte fièvre et de diarrhée et qu’elle est morte du jour au lendemain à l’hôpital du district. Sa mère est revenue trop tard de Phnom Penh pour voir Chenda avant qu’elle ne meure. 

Une faible couverture des zones rurales

L’UNICEF estime que chez les ruraux du Cambodge seulement 16 pour cent ont accès à un assainissement adéquat et 65 pour cent à l’eau salubre. Dans les zones urbaines, la situation est bien meilleure, mais environ 80 pour cent des Cambodgiens vivent encore à la campagne.

« On a établi que l’eau et l’assainissement figuraient parmi les causes majeures de la forte incidence de la diarrhée au Cambodge, » déclare Hilda Winarta, responsable de projet de l’UNICEF au Cambodge. « La situation de l’assainissement, en particulier, est très insuffisante. Le Cambodge a effectivement été classé dans les pays ayant la plus faible couverture en matière d’assainissement dans les zones rurales ».

Beaucoup de logements ruraux ne disposent pas d’installations d’assainissement de base et les intéressés sont peu sensibilisés aux pratiques d’une bonne hygiène. Chez les particuliers ou à l’école, les toilettes sont souvent absentes tout comme le savon pour se laver les mains. Les enfants ont plus de chances que les adultes de toucher des surfaces sales et ils sont donc particulièrement vulnérables.

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© UNICEF Cambodia/2007/Rintala
Dans la province cambodgienne de Svay Rieng, l’insuffisance de l’assainissement est l’un des facteurs de la forte incidence de la diarrhée chez les enfants.

Des services et une hygiène améliorés

Le travail avec les communautés locales pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement constitue l’une des pierres angulaires du programme de l’UNICEF des droits de l’enfant – appelé en langue khmère « Seth Koma ». La fourniture aux conseils communautaires locaux d’une assistance et d’un savoir-faire techniques dans le domaine de l’eau et de l’assainissement constitue une part essentielle du projet.

L’UNICEF a un double objectif : inciter les communautés à consacrer des financements aux services de l’eau et de l’assainissement, et à améliorer les pratiques en matière d’hygiène.

Dans le village de Phoum Thom, un puits récemment construit approvisionne à présent 10 familles en eau potable, pouvant servir à la cuisine et à se laver. Un bureau d’information situé à côté du puits explique clairement en quoi consiste une bonne hygiène.

« Auparavant, il n’y avait pas d’eau salubre dans la commune », dit Khorn Sa Ung, qui fait partie du conseil communautaire local. « Les gens se procuraient de l’eau dans divers endroits – elle provenait parfois de la rivière, parfois des étangs des pagodes situées à proximité – et cette eau n’est pas salubre ».

L’accès à l’eau et à l’assainissement

À proximité de l’École primaire Thlork, l’eau d’un puits financé par l’UNICEF approvisionne en eau potable et aussi permet d’avoir à l’école des latrines qui restent propres et hygiéniques. Des études indiquent que les puits et les latrines dans les écoles permettent de garder davantage d’enfants en primaire, en particulier les filles.

Rina Phan, une élève âgée à présent de 12 ans,  souffrait de diarrhées et de la typhoïde pendant sa petite enfance parce qu’elle buvait de l’eau insalubre chez elle. « Je crois qu’il est important d’avoir de l’eau salubre, une bonne hygiène personnelle et une bonne santé », dit-elle.

L’an dernier, l’UNICEF a mis en œuvre son projet Seth Koma dans six provinces rurales. En améliorant l’accès à l’eau et à l’assainissement et l’hygiène, le projet aide les Cambodgiens à prévenir la mort de milliers de jeunes enfants due à la diarrhée et aux maladies d’origine hydrique.


 

 

Vidéo (en anglais)

Guy Degan, de l’UNICEF, rend compte des crises sanitaires auxquelles sont confrontés beaucoup de Cambodgiens en raison des mauvaises conditions d’assainissement.
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