Burundi

Histoire de Masala Boly : Volontaire des Nations Unies à l'UNICEF Burundi

Image de l'UNICEF
© UNICEF Burundi/2011/Leclercq
Masala Boly, volontaire des Nations Unies à l'UNICEF Burundi dans la ville de Gitega, discute avec deux frères dont la mere vient tout juste de donner naissance à un petit garçon dans le centre de santé voisin.

Par Masala Boly

GITEGA, Burundi, 2 décembre 2011 - C'est lors de mon expérience comme volontaire dans un orphelinat au Mexique que je prends conscience d'une chose : plus tard, je veux travailler avec l'UNICEF. Et voilà, nous y sommes, quelques années plus tard avec diplômes en poche et de la motivation à revendre : je suis volontaire des Nations Unies pour l'UNICEF au Burundi, et fière de l'être !

Une tâche immense

Depuis février 2011, je suis donc en charge de la protection et de la promotion des droits de l'enfant pour le sous-bureau de l'UNICEF à Gitega, dans le centre du pays. Après une courte période de formation au bureau UNICEF à Bujumbura, la capitale burundaise, je me retrouve plongée au coeur du pays.

Un peu paniquée au départ par mon inexpérience professionnelle, par l'importance des responsabilités qui me sont confiées ainsi que par l'ampleur de la tâche (au Burundi, les violations des droits de l'enfant sont nombreuses et 10 pour cent de la population mineure est orpheline ou  considérée comme vulnérable), je m'approprie finalement aisément les projets et problématiques sur lesquels l'UNICEF a décidé de travailler avec le gouvernement, et la défense des droits de l'enfant burundais devient mon leitmotiv.

Tout va dès lors très vite. A peine installée à Gitega, je me retrouve avec deux de mes collègues de la protection dans les collines de Ngozi et Kayanza, deux provinces du nord du Burundi, en mission de terrain afin de suivre le processus d'harmonisation d'un Comité de protection de l'enfance (CPE) collinaire. Je n'en avais pas encore conscience à ce moment-là, mais ces CPE constitueront plus tard une grande partie de mon travail au Burundi. Issu de l'initiative locale et soutenu initialement par des ONG, un CPE est un groupe d'individus s'étant donné pour objectif de protéger tout enfant et plus particulièrement ceux dont les droits seraient bafoués, en prenant action pour mettre fin aux abus lorsqu'un cas de violation des droits d'un enfant est constaté.

Une dévotion aux droits de l'enfant

Afin de valoriser et d'institutionnaliser le travail de ces structures à base communautaire, le gouvernement burundais a donc décidé cette année de les harmoniser, de les légaliser et de les appuyer autant que possible dans le cadre de sa Politique Nationale en faveur des Orphelins et autres enfants vulnérables (OEV). Dorénavant, existant de la colline (la plus petite entité administrative) à la commune, puis de la province au niveau national, le CPE se présente donc comme une structure-clé de la protection de l'enfance au Burundi.

C'est dans ce contexte que j'ai pu assister à l'élection des membres d'un CPE collinaire. Témoin discrète de ce processus d'élection, j'observais donc avec fascination et joie les hommes et les femmes d'une colline qui discutaient, argumentaient et organisaient ce qui n'est rien moins que la cheville ouvrière du système de protection de l'enfant en train de se construire au Burundi. En regardant ces hommes et ces femmes, pour la plupart des paysans, s'impliquer et accueillir par des cris de joie les nouveaux membres du CPE, je ne pouvais que valoriser un tel dévouement  à la cause des droits de l'enfant.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Burundi/2011/Leclercq
Masala Boly, volontaire des Nations Unies à l'UNICEF Burundi dans la ville de Gitega, discute avec deux frères dont la mere vient tout juste de donner naissance à un petit garçon dans le centre de santé voisin.

Gonflée à bloc par l'expérience que je venais de vivre et de retour à Gitega, je me suis donc attelée à la tâche de préparer le processus de restructuration des CPE existants au sein de la province afin de les rendre conformes aux exigences gouvernementales, avec l'aide du Centre pour le développement familial (CDF), structure étatique décentralisée. Après avoir identifié les partenaires pouvant nous aider à restructurer les 227 CPE collinaires et communaux de la province de Gitega, nous avons rédigé ensemble une proposition de projet.

Aller de l'avant

Nous nous sommes rendus dans chaque commune de Gitega afin de sensibiliser les autorités communales et les leaders communautaires aux changements à venir.  Maintenant, il nous reste à organiser des réunions communales ainsi qu'à appuyer le processus à proprement parler d'harmonisation de ces structures communautaires.

Et puis ? Nous nous en remettons à la communauté en qui j'ai toute confiance. De par la coutume burundaise, elle constitue la première tutrice des enfants après les parents et est dépositaire de ce devoir de protection. J'ai donc toute foi dans les communautés qui, appuyées par différents acteurs locaux, nationaux et internationaux, assurent déjà et assureront encore mieux un environnement protecteur pour les enfants, apportant ainsi une pierre à l'édifice du système de protection de l'enfant au Burundi.  Imana ibishatse ! (Si Dieu le veut !)


 

 

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