Burundi

Des défis attendent les réfugiés burundais expulsés de Tanzanie

Image de l'UNICEF: Burundi, Tanzania, Refugees
© UNICEF/2007/Ajia
Anita, 17 ans, et son fils de deux ans ont été expulsés sans papiers de Tanzanie. L’UNICEF et ses partenaires vont l’aider dans un camp de transit tant qu’une solution alternative n’aura pas été trouvée.

Par Miranda Eeles

MUYINGA, Burundi, 5 décembre 2007 – Chantal Nizigiyimana a été renvoyée dans son pays natal, le Burundi, il y a seulement quelques mois, après avoir vécu en Tanzanie depuis qu’elle était toute petite. En 1993, sa famille faisait partie des centaines de milliers de Burundais qui avaient passé la frontière pour fuir le conflit.

À présent, on demande à tous les Burundais de rentrer chez eux. Mme Nizigiyimana figure parmi les quelque 9 000 expulsés de Tanzanie cette année – dont la moitié sont des jeunes. Beaucoup de femmes et d’enfants arrivent à la frontière sans rien qui prouve leur identité.

Mme Nizigiyimana et son fils de deux ans ont tenté de rentrer au Burundi mais, n’ayant pas de papiers, on ne les a pas autorisés à franchir la frontière. Ils ont donc été réacheminés sur le camp de transit de Kinasi.

Nulle part où aller

Le camp de Kinasi a bénéficié de l’aide de l’UNICEF et de plusieurs partenaires tels que le Programme alimentaire mondial et une organisation gouvernementale qui a pour dénomination le Project for the Support of the Repatriation and Reintegration of War Affected Persons – PARESI (le projet pour l’aide au rapatriement et à la réintégration des personnes affectées par la guerre).

« Quelques-unes des femmes vivent dans le camp depuis plus de huit mois, » a dit Louis Ndaruseheye, de PARESI. « Elles ont beaucoup souffert – en particulier à cause de l’expulsion et de la séparation d’avec leur famille. Leur situation est extrêmement difficile car elles sont sans argent, ne possèdent rien et n’ont nulle part où aller. »

Au camp de Kinasi, on a classé un bon nombre de femmes et d’enfants sous la rubrique « sans référence », ce qui signifie qu’ils ont quitté le Burundi depuis si longtemps qu’ils n’ont plus aucune terre et que leurs anciennes communautés ne les reconnaissent pas. Certains sont nés en Tanzanie et n’ont aucun lien direct avec leurs parents restés dans le pays.

Image de l'UNICEF: Burundi, Tanzania, Refugees
© UNICEF/2007/Eeles
Ce camp de transit est approvisionné régulièrement en eau salubre par Solidarité, l’une des organisations partenaires de l’UNICEF.

Histoires de famille et droits fonciers

Si les efforts pour retrouver des droits fonciers ou des parents au Burundi sont infructueux, les déplacés sont envoyés dans des logements temporaires, construits par l’UNICEF et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et situés dans quatre endroits différents du pays.

On prévoit que, dans les 12 prochains mois, plus de 100 000 réfugiés reviendront de Tanzanie. Une commission a été créée par le Gouvernement du Burundi, des organismes des Nations Unies et des ONG pour s’efforcer de résoudre le problème de la réinstallation.

On espère que, lorsqu’il y aura davantage de fonds disponibles, le gouvernement pourra acheter des terres et aider les familles déplacées à s’installer.

Démarrer une nouvelle vie

Alors que Mme Nizigiyimana se trouvait au camp de Kinasi depuis trois jours, PARESI et la Croix-Rouge ont cherché à retrouver des membres de sa famille et finalement localisé un vieil ami de la famille qui voulait bien fournir une maison et un petit terrain.

Afin d’aider Mme Nizigiyimana à démarrer une nouvelle vie, l’UNICEF lui a fourni suffisamment d’articles non alimentaires pour tenir trois mois – notamment des feuilles en matière plastique, des ustensiles de cuisine, des vêtements pour elle et son fils, une moustiquaire et du savon.

« Je suis heureuse d’être de retour dans mon pays », a dit Mme Nizigiyimana, en train de tresser un panier, assise devant sa nouvelle maison. « On m’a donné une chance de démarrer une nouvelle vie. Pour le moment, je travaille la terre pour les autres, mais j’attends avec impatience d’acheter bientôt ma propre terre et de pouvoir ainsi faire pousser mes propres produits. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Novembre 2007 :
La correspondante de l’UNICEF, Amy Bennett, parle des Burundais expulsés de Tanzanie et de leurs efforts pour refaire leur vie.
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