Burkina Faso

Au Burkina Faso, une campagne campagne nationale accélère l'enregistrement des naissances

Image de l'UNICEF
© UNICEF Burkina/2008/Marieke
Le gouvernement du Burkina Faso, en partenariat avec l'UNICEF et d'autres organisations, a lancé une campagne gratuite d’enregistrement des naissances dans tout le pays.

Par Jean-Jacques Nduita

OUAGADOUGOU, Burkina Faso, 13 mai 2009 – Au Burkina Faso, comme dans de nombreux pays en développement, des millions enfants continuent de se frayer un chemin dans la vie pauvres, abandonnés, sous-alimentés et sans instruction. Vivant non déclarés depuis leur naissance, ils risquent d'être oubliés et de se voir refuser l'accès aux services sociaux les plus indispensables. 

Et cependant, l'article 7 de la Convention des droits de l'enfance affirme que chaque enfant a droit à ce que sa naissance soit déclarée.

Pour tenter de résoudre cette question fondamentale des droits de l'enfance, le gouvernement du Burkina Faso, avec l'UNICEF et divers partenaires, a lancé une campagne gratuite de déclaration des naissances visant cinq de ses 14 millions d'habitants axée particulièrement sur les enfants et les jeunes  de moins de 18 ans.

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© UNICEF Burkina /2008/Tarpilga
La campagne d'enregistrement des naissances ciblera chaque enfant burkinabé de moins de 18 ans.

Droits fondamentaux et prestations sociales
Au cours des dernières années, le Burkina Faso a accompli des progrès considérables dans le domaine de l'enregistrement des naissances. Environ deux tiers des enfants sont aujourd'hui déclarés à la naissance. Mais des disparités flagrantes subsistent, particulièrement parmi les plus vulnérables. Selon le recensement de population national de 2006, environ trois millions d'enfants, 60 pour cent étant des filles, ne figuraient pas sur les registres d'état civil et ne possèdent pas de carte nationale d'identité.

Les difficultés géographiques d'accès sont une cause sous-jacente importante de cette situation, la plupart de la population des zones rurales vivant au moins à 10 kilomètres du plus proche bureau d'état civil. Parmi d'autres facteurs aggravants figurent le coût élevé de la déclaration des naissances, le manque de personnel dans les services administratifs, l'analphabétisme et une faible sensibilisation au problème. 

Hormis le fait d'être la première reconnaissance légale de l'existence d'un enfant, l'enregistrement à la naissance est fondamental pour la concrétisation d'un certain nombre de droits et de prestations sociales dont l'accès aux soins de santé et à la vaccination. En outre, la déclaration des naissances :  

  • Permet de s'assurer qu'un enfant est scolarisé à l'âge normal.
  • Facilite l'application des lois qui définissent en place un âge minimum pour pouvoir être embauché et entrer dans l'armée. 
  • Soutient les programmes destinés à empêcher le travail et la traite des enfants.
  • Empêche le mariage forcé des jeunes filles avant l'âge du mariage.

Action en faveur des enfants vulnérables
A travers sa nouvelle campagne d'enregistrement des naissances, qui doit se poursuivre pendant douze mois, le gouvernement du Burkina Faso opère de façon décentralisée pour s'assurer que chaque enfant vulnérable des zones isolées ne reste pas ignoré.

« Les bureaux d'état civil bénéficieront de matériel supplémentaire et de soutien financier pour faire face à la demande croissante de demandes qui pourront émaner du récent lancement de la campagne, » a déclaré le Premier ministre, Tertius Zongo. 

L'accent sera aussi mis sur une plus grande sensibilisation de la population à l'importance fondamentale de la déclaration des naissances.

« L'UNICEF accompagnera assurément le gouvernement du Burkina Faso dans les efforts considérables qu'il déploie pour émettre des actes de naissance pour les enfants les plus vulnérables, » a affirmé le Représentant de l'UNICEF Hervé Périès. « Cela est en accord avec nos efforts continus pour aider le Burkina Faso à développer des politiques et des projets avisés. » 

En 2008, un programme appuyé par l'UNICEF a épaulé l'émission de 132 000 actes de naissance pour les enfants burkinabés.


 

 

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