Brésil

Le Secrétaire général de l'ONU et des adolescents brésiliens discutent des difficultés de la vie en milieu urbain

Image de l'UNICEF
© UNICEF Brésil/2010/Amorim
Effectuant une visite avec des adolescents dans un quartier défavorisé de Rio de Janeiro, le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dit que les inégalités existant dans les zones urbaines du pays devaient être vaincues.

Par Alexandre Amorim

RIO DE JANEIRO, Brésil, 7 juin 2010 – Lors d'un récent voyage au Brésil effectué pour participer au troisième forum de l'Alliance mondiale des civilisations, un partenariat qui encourage les relations mondiales inter-culturelles, Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, a rencontré des adolescents vivant dans un quartier défavorisé de Rio de Janeiro.

M. Ban Ki-moon s'est rendu dans le quartier de Babilonia où il a observé la mise en place de programmes locaux développés en partenariat avec le gouvernement fédéral, l'État et la municipalité. Il a également eu la possibilité de s'entretenir avec les jeunes participants de la Plateforme des centres urbains, un programme soutenu par l'UNICEF et ses partenaires.

Défis pour les adolescents

Des jeunes et des responsables locaux ont accueilli à l'école Tia Percília de Babilonia le Secrétaire général et la Représentante de l'UNICEF au Brésil, Mme Marie-Pierre Poirier, a animé une conversation entre M. Ban et les garçons et les filles du quartier. Ils ont parlé des difficultés auxquelles sont quotidiennement confrontés les jeunes qui vivent dans les « favelas » du pays, c'est-à-dire les quartiers pauvres des zones urbaines.

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Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon assis en compagnie de jeunes et de responsables locaux à Babilonia, un quartier défavorisé de Rio de Janeiro.

Environ 80 pour cent de la population brésilienne vit dans des zones urbaines où la vie quotidienne est marquée par une grande injustice. Les pauvres des zones urbaines connaissent des taux significativement plus élevés de problèmes de santé, de violence, de décès néonatals et d’enfants que leurs concitoyens plus aisés. Trop fréquemment, ils n'ont pas accès à un enseignement de qualité. 

Lancé en 2009, le programme Plateforme pour les centres urbains, qui est appuyé par l'UNICEF, a pour but de faire valoir les droits des enfants et des adolescents des banlieues des villes brésiliennes. Grâce à des projets en matière d’éducation, de santé et autres, il permet aux autorités locales d'ordonner des mesures destinées à réduire les effets de la pauvreté.

La Plateforme est actuellement présente dans 126 quartiers défavorisés de São Paulo, Itaquaquecetuba et Rio de Janeiro. L' expérience acquise par ces municipalités servira de base pour l'extension de la Plateforme à d'autres villes du Brésil.

« Il s'agit d'une méthodologie sociale pensée pour aider le pays afin que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) deviennent une réalité pour tous les enfants, » a dit Marie-Pierre Poirier.

Activistes en herbe

Le Secrétaire général a pu aussi s'informer du travail accompli par les adolescents eux-mêmes afin d'atteindre les OMD dans leurs quartiers. Grâce au programme Plateforme pour les centres urbains, les jeunes ont à présent un contact plus étroit avec les gestionnaires publics et leurs voix se font entendre.

Joana, 18 ans, qui est étudiante et figure parmi les adolescents qui ont accueilli M. Ban Ki-moon, a souligné que les personnes séropositives qui vivent au Brésil continuent d'être victimes de préjugés très vivaces. Avec une législation nationale permettant d'obtenir gratuitement des médicaments antirétroviraux (ARV) depuis 1996, le Brésil est devenu un point de référence mondial en ce qui concerne le traitement du VIH et du SIDA mais les médicaments continuent de manquer dans certains endroits. Joana, qui est séropositive depuis la naissance, a dit à M. Ban que tous les Brésiliens doivent avoir la garantie d'un accès aux traitements ARV. 

Gustavo, 16 ans, est l'un des adolescents qui participent à la Plateforme des centres urbains. En rencontrant le Secrétaire général, il a souligné les injustices énormes qui prévalent à Rio de Janeiro.

« Dans le même district, il ya de superbes résidences à côté de cabanes minables, » dit-il. « La violence dans les quartiers pauvres, dont les fusillades et les bagarres, empêchent souvent les jeunes d'aller à l'école, » a-t-il ajouté. 

Ne pas perdre espoir

M. Ban Ki-moon s’est dit très satisfait de la participation des adolescents et de leur dévouement dans la lutte contre les injustices. Il a observé que l'ONU était actuellement à pied d'œuvre pour chercher à vaincre ces conditions difficiles et a dit aux adolescents qu'ils ne devaient pas perdre l'espoir ni renoncer à leurs projets.

Les jeunes ont remis à M. Ban Ki-moon une lettre contenant un appel en faveur d'un monde meilleur. Ils ont aussi donné au Secrétaire général et à sa femme des t-shirts de l'équipe brésilienne de football.

A la suite de cette réunion de quartier, qui était organisée par l'UNICEF, le Centre d'information des Nations Unies de Rio de Janeiro et le Programme des Nations Unies pour les établissements humains, M. Ban Ki-moon a participé à une cérémonie rendant hommage aux officiers de l'armée brésilienne qui ont perdu la vie alors qu'ils participaient à la force de maintien de la paix de l'ONU en Haïti.


 

 

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