Bosnie-Herzégovine
Histoires vécues
Faire une place aux enfants roms sur les bancs des écoles
On voit souvent des enfants roms dans les rues des villes de Bosnie-Herzégovine. Ils attendent dans les jardins publics, devant les restaurants et les parcs de stationnement dans l'espoir de recevoir un peu d'argent qui aidera leur famille à s'acheter de quoi manger.
Les enfants roms appartiennent à l'un des groupes les plus défavorisés de Bosnie-Herzégovine ; ils font partie d'une minorité unique qui ne possède aucune terre ancestrale en Europe et qui est exposée quotidiennement aux préjugés, au racisme et au rejet.
Des enquêtes réalisées par l'UNICEF et Save the Children UK dans certaines régions de Bosnie-Herzégovine ont confirmé que près de 100 pour cent des Roms sont au chômage. Jusqu'à 80 pour cent des enfants roms ne sont pas inscrits à l'école, alors que le taux de scolarisation national se situe autour de 92 pour cent dans le pays.
Quant à ceux qui vont à l'école, ils abandonnent en cours de route pour chercher du travail ou parce que leurs parents ne peuvent plus payer leur éducation. Le problème sous-jacent est celui des préjugés et de la discrimination qui règnent dans les services sociaux et dans la communauté, plutôt que le manque d'infrastructure ou de services.
Des organisations non gouvernementales aident les enfants roms
Moustafa, dix ans, est un garçon à l'allure soignée qui vient de Modrica, à l'ouest de la Bosnie-Herzégovine. Il a eu plus de chance que d'autres. Lui et sa famille avaient fui les combats pendant la guerre de Bosnie, mais ils ont pu réintégrer leur communauté lorsqu'un fragile accord de paix a enfin été négocié.
Toutefois, à son retour, cette famille rom a retrouvé intacts les préjugés dont elle était victime avant la guerre.
C'est seulement grâce aux efforts de l'organisation non gouvernementale (ONG), Bonjour voisin, dont les activités en faveur des droits des enfants sont soutenus par l'UNICEF, que le garçon a été accepté par la communauté et finalement inscrit à l'école.
L'UNICEF s'est inspiré de l'expérience de Bonjour voisin pour soutenir un projet similaire, lancé par l'ONG Phare à Prijedor, dans le nord-ouest du pays. Ce projet est destiné à ramener des dizaines d'enfants et adolescents roms au sein de leur communauté et à les arracher à la rue
Oui à la fienté culturelle, non aux préjugés
Adisa n'a pas eu cette chance. Cette adolescente de quatorze ans n'a pas pu continuer sa scolarité parce que sa famille n'a pas les moyens de payer ses frais de transport. Elle a déjà manqué plusieurs années, et il sera difficile de la faire revenir à l'école.
Comme beaucoup d'enfants roms, Adisa garde de mauvais souvenirs de l'école. Il lui était quasiment impossible de trouver des camarades non roms qui acceptaient de s'asseoir à côté d'elle sur le même banc.
Entre 1999 et 2001, l'UNICEF a soutenu plusieurs programmes éducatifs destinés aux enfants roms réfugiés de l'ex-République de Yougoslavie, en coopération avec l'ONG World Vision.
Des classes qui offraient à la fois des cours et des soins psychosociaux ont remplacé le programme scolaire normal, et pendant cette période, un lent processus d'assimilation des enfants roms dans les écoles ordinaire a commencé à s'enclencher.
Mais ce n'est pas toujours facile pour les enfants roms.
« Je vais à l'école tous les jours, mais je dois me battre parce qu'on m'insulte et qu'on me dit que je suis sale », explique Tarik, l'un des rares garçons à aller en classe. Malgré ses airs de dur, Tarik a besoin d'une assistance psychosociale qui l'aidera à rester à l'école.
La pression que subissent les enfants comme Tarik est telle qu'ils n'osent pas dire qu'ils parlent romani. Ils ne s'expriment que dans les langues locales. C'est une tactique de survie adoptée pour se faire accepter par la communauté.
Éducation et assimilation
L'UNICEF et d'autres institutions internationales soutiennent l'éducation et l'intégration des Roms en coopération avec des associations locales roms bien organisées. Par exemple, les enfants ont participé à des activités de groupes interethniques qui les ont aidés à se faire des amis tout en écrivant, en peignant et en dansant.
La préparation à l'école, à la fois pédagogique et sociale, est l'étape la plus importante pour permettre aux enfants défavorisés d'atteindre le niveau requis dans le système officiel d'éducation. L'UNICEF a soutenu l'ouverture de cinq jardins d'enfants dans des zones peuplées en grande partie par des Roms. Ce groupe a aussi bénéficié des services de plus de 300 travailleurs communautaires et enseignants.
Des ressources supplémentaires et des efforts pour changer les attitudes, les coutumes et les comportements à tous les niveaux de la société sont la condition nécessaire pour que des enfants roms comme Moustafa et Tarik puissent faire des progrès et pour encourager leurs camarades moins fortunés à ne plus vivre dans la rue .
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