Bénin

À la suite des inondations au Bénin, l'aide aux plus vulnérables est essentielle

L'histoire de Constante

Image de l'UNICEF
© UNICEF BÉNIN /2010/Asselin
Tout en marchant parmi les débris de sa maison, Constance Dagninhoun constate les dégâts des eaux dans la Commune de Zagnanado au Bénin.

Par Edward Bally

COMMUNE DE ZAGNANADO , Bénin, 29 octobre 2010 – Constante Dagninhoun, 33 ans, mariée et mère de cinq jeunes enfants, fait partie des 680 000 personnes victimes des inondations qui ont dévasté le Bénin.

Installée dans un camp établi provisoirement dans l'église de Saint Laurent - situé à trois heures en voiture de la plus grande ville du pays, Cotonou - Constante fait partie de ceux qui ont de la chance, car nombre des 180 000 Béninois déplacés après le désastre des inondations vivent encore dans la rue.

Ces jours-ci, Constante Dagninhou a vendu du poisson fumé pour survivre, mais cela ne suffit pas pour produire assez de revenus pour subvenir aux besoins de sa famille. Désespérée, elle espère après une aide du gouvernement et des organisations humanitaires.

« Je voudrais demander aux donateurs d'aider les femmes victimes des inondations à redémarrer les activités qui leurs servaient à générer un revenu, » explique Constante Dagninhoun. Face à la misère totale, elle estime que c'est la seule façon de nourrir ses enfants et de retrouver un certain semblant de vie normale.

Un espoir bien mince

Comme beaucoup d'autres femmes au  Bénin, Constante Dagninhoun a perdu son gagne-pain dans le tourbillon des eaux de crue. Ses poules et ses coqs sont partis et elle désigne une cabane démantelée, expliquant que la nourriture, les céréales et autres produits qu'elle avait l'habitude de vendre sont maintenant sous les décombres à l'intérieur. Au loin, le champ de maïs et  de manioc qu'elle avait l'habitude de cultiver avec son mari est maintenant submergé par les eaux.

Dans le minuscule village, à deux pas de son camp de fortune, elle regarde fixement les décombres de sa maison et se demande par quel miracle sa famille a pu échapper à la mort.

Image de l'UNICEF
© UNICEF BÉNIN /2010/Olivier Asselin
Constance Dagninhoun regarde désespérée les ruines de son village entièrement détruit après les inondations. Situé sur la Commune de Zagnanado au Bénin, ce village est à trois heures en voiture de Cotonou, la Capitale.

« Une nuit, alors qu’il pleuvait, » se rappelle-t-elle, « l'eau a progressivement envahi la cour. Soudain, elle a envahi la cabane. Mon mari et moi avons essayé d’évacuer nos affaires et notre stock alimentaire de la pièce. Mais le courant était si fort que nous sommes partis en courant avec les enfants et avons tout laissé derrière nous. »

Elle s'arrête au milieu d'une phrase et reste silencieuse pendant quelque instants. Ses yeux hantés révèlent un mélange de mélancolie et de grande fatigue.

Protéger les plus vulnérables

« Je vis maintenant dans l'arrière-cour de l'église, » reprend lentement Constante Dagninhoun. « Je dors sous une tente que je partage avec trois autres ménages. Nous vivons les uns sur les autres, avec tous les problèmes liés à une telle promiscuité. »

Jetant à nouveau un regard aux décombres épars, Constante Dagninhoun précise : « dans ce village, nous sommes habitués aux inondations. Cela arrive chaque année. Mais ce n'est jamais aussi impressionnant. Cela n'atteint jamais cette portée. »

L'UNICEF et ses partenaires intensifient leurs actions pour protéger les plus vulnérables dans la zone inondée du Bénin, et afin de s'assurer que leurs besoins sont satisfaits avec équité. Favoriser les activités génératrices de revenu pourrait, dans cette situation, se révéler d'une importance capitale pour la survie des femmes et des enfants, particulièrement dans les zones rurales inondées.

La promotion de l'hygiène est aussi une priorité à l'ordre du jour. Dans le but de sauver autant de vies que possible, l'UNICEF a réagi rapidement et fourni plus de 600 000 litres d'eau potable et 10 000 conteneurs d'eau dans la plupart des communes inondées et dans les banlieues de Cotonou. Dans d'autres endroits, l'UNICEF et ses partenaires continuent de distribuer des seaux en plastique, des comprimés pour la purification de l'eau, du savon et des moustiquaires imprégnées d'insecticide pour prévenir le paludisme.


 

 

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