Bangladesh

Lutter contre la malnutrition et renforcer les capacités de résistance au Bangladesh

Par Guy Hubbard

Nord-Ouest du Bangladesh, 19 février 2013 – « Les eaux ont traversé le village et  nos maisons », dit Shohiton Begum.

Guy Hubbard, correspondant de l’UNICEF, présente un programme qui contribue à atténuer les effets des crues au Bangladesh  Regarder dans RealPlayer

 

Mme Begum a deux enfants. Son deuxième avait à peine quelques jours, lorsque le déluge a commencé. La famille a fui la montée des eaux en octobre.

Une plaine inondable

Le Bangladesh est l'un des pays les plus densément peuplés au monde, et l'un des plus pauvres: la moitié de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté, et la malnutrition est très répandue. Quarante-trois pour cent des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance.

Les récentes inondations ont encore aggravé le problème.

La plupart du Bangladesh est composé de plaines inondables, pour l’essentiel à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. Son altitude et ses nombreuses rivières le rendent très vulnérable aux inondations. En fait, les crues de la mousson comme celles qui ont déplacé Mme Begum et sa famille sont un événement annuel. De nombreux agriculteurs comptent sur le limon charrié par les eaux pour enrichir leur sol.

La combinaison de la déforestation en amont et de l’augmentation du ruissellement glaciaire fait que les inondations sont plus fréquentes et plus violentes que jamais. Le dernier déluge a détruit des maisons, des cultures et des moyens de subsistance.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
La majorité du Bangladesh est à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. Son altitude et ses nombreuses rivières le rendent très vulnérable aux inondations

La réduction des taux de malnutrition

L'UNICEF, en partenariat avec l'Union européenne, a travaillé avec les familles les plus pauvres dans le Nord-Ouest du pays, les personnes les plus exposées à ces crues et à la malnutrition, les aidant à élaborer des stratégies pour soutenir et nourrir leurs familles. Ce travail fait partie d'un projet global visant à réduire les taux de malnutrition dans neuf pays en développement à travers le monde, y compris le Bangladesh.

La famille de Mme Begum était l’une de celles qui avaient besoin d'une aide urgente. Elle a reçu des semences et des articles de jardinage et on lui a enseigné comment planter, cultiver et récolter des fruits et des légumes. Elle a également reçu un petit troupeau de canards et a appris à prendre soin d'eux.

Nazim Uddin est un formateur bénévole sur ce projet. Il a aidé plusieurs familles à créer les jardins, à s’en occuper et à élever les canards et il continue de travailler avec elles jusqu'à ce qu'elles aient les connaissances et l'expérience nécessaires pour se débrouiller toutes seules. Il leur enseigne également les principes d’une bonne nutrition et il estime que le programme fera une réelle différence dans la vie des personnes concernées.

« Le projet présente deux avantages pour les mères, explique-t-il. Elles peuvent ajouter les fruits et légumes et les œufs des canards à leurs repas et obtenir ainsi les nutriments dont elles ont besoin pour être en bonne santé, mais elles peuvent aussi vendre le surplus au marché pour gagner de l'argent et réduire leur pauvreté. Ainsi, la valeur nutritionnelle, la diversité et la sécurité de leur alimentation s'améliorent. »

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En octobre, Shohiton Begum, Moom, son nouveau-né et le reste de la famille ont fui les inondations qui ont détruit le jardin dont ils s’occupaient avec beaucoup de soin. Mais grâce à un programme de l’UNICEF et de l’UE qui a développé leurs capacités de résistance, ils ont pu replanter et surmonter cette épreuve.

Renforcement de la résilience

Le projet n'est pas une panacée. Les familles et leurs jardins sont toujours à la merci des inondations. Lors des dernières crues, le jardin de Mme Begum a été complètement détruit. Mais avec le revenu supplémentaire qu'elle a gagné grâce aux produits du jardin et aux canards, la famille résiste mieux à ces épreuves et peut les surmonter plus facilement. Sous la direction de Nazim, elle a reconstruit le jardin et planté de nouveaux semis.

Dans un village voisin, Bilquis Bedum a été inscrite dans le projet. Avant, elle devait compter sur la charité pour nourrir ses deux filles.
«Avant ce projet, dit-elle, nous vivions très mal - nous nous battions toujours pour avoir assez de quoi manger ... J'étais complètement seule, et je ne pouvais survivre qu’avec l'aide des gens de mon village. Mais quand le projet a commencé, c'était comme un rêve pour moi. »
 
Maintenant, avec une alimentation riche en vitamines et protéines, et un petit revenu, pour la première fois, elle peut planifier l’avenir - un avenir dans lequel, dit-elle, « le cerveau de ses enfants pourra se développer correctement » car elles auront bénéficié d’une alimentation suffisante.

L’appui qu’a obtenu Mme Bedum n'empêchera pas les inondations de la mousson l'année prochaine, mais il va l'aider à mieux faire face à ses conséquences. Elle aura de l'argent pour déménager ses affaires sur un terrain plus élevé, nourrir sa famille et repartir d’un bon pied lorsque les eaux se seront retirées.

« Avant, je passais mon temps à penser à la façon de survivre, dit-elle, mais maintenant je sais que tout ira bien ».


 

 

Dossier Photo: Renforcer la sécurité nutritionnelle

Partenariat UNICEF-Union européenne

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