Bangladesh

Fournir de l’eau salubre aux familles du Bangladesh

Image de l'UNICEF
© UNICEF Bangladesh/2009/Siddique
Un homme boit un verre d’eau dans le village de Kodomtola, du district de Bagerhat, dans la zone côtière méridionale du Bangladesh, affectée par une salinisation croissante de la nappe phréatique. L’UNICEF et ses partenaires fournissent des citernes qui récupèrent l’eau de pluie.

Par Naimul Haq

DISTRICT DE BAGERHAT, Bangladesh, 24 février 2010 – Défiant la chaleur et l’humidité étouffantes, Maya Begum marche plus d’une heure pour aller, depuis son village, remplir d’eau potable deux grands bidons en matière plastique pour elle et sa famille de quatre personnes.

Maya est l’une des nombreuses jeunes mères de famille qui effectuent deux ou trois fois par semaine ce dur trajet qui les mène au village de Kodomtola, à environ 190 kilomètres au sud-ouest de la capitale, Dacca.

Suite aux destructions causées par le Cyclone Sidr en 2007, des citernes d’eau pluviale d’un volume important ont été installées à Kodomtola avec le soutien de l’UNICEF et avec le financement complémentaire du Département pour le développement international du Royaume-Uni, et du Gouvernement du Japon.

« L’eau dont nous disposons dans notre village n’est pas potable, » explique Maya. « L’eau de surface n’est pas salubre et celle des étangs, que nous filtrons manuellement, a une très mauvaise odeur. »

Difficile de trouver de l’eau salubre

Il est difficile de trouver de l’eau salubre dans la région. La nappe phréatique est salée – en raison notamment de l’aridification du sol et des inondations liées aux grandes marées. Ceci constitue un problème majeur pour les zones côtières, qui représentent plus de 30 pour cent des terres cultivables de la région. En outre, d’importants plans d’eau du secteur sont souvent utilisés pour l’élevage des crevettes, si bien qu’une bonne quantité d’eau douce est devenue, elle aussi, contaminée.

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© UNICEF Bangladesh/2009/Siddique
Une jeune mère de famille puise de l’eau à une citerne d’eau pluviale dans le village de Kodomtola, qui se trouve dans la zone côtière méridionale du Bangladesh.

Le changement climatique risque de rendre l’eau potable encore plus rare. Les catastrophes naturelles, dont la fréquence devrait augmenter, selon les prévisions, vont causer des dégâts aux infrastructures relatives à l’eau et à l’assainissement, telles que les puits tubulaires et les latrines. Les talus ont déjà été fortement endommagés par les récents cyclones, qui ont ouvert de larges brèches. On annonce une montée du niveau de la mer entraînée par le changement climatique, ce qui veut dire qu’il y aura davantage de communautés affectées par la salinisation, surtout dans les zones à l’intérieur des terres.

Des puits contaminés

Dans le district côtier de Bagerhat, plus de la moitié des 3 941 puits tubulaires avec pompe manuelle de la zone de Swarankhola ne sont pas opérationnels en raison de la teneur élevée en sel, en arsenic et en fer.

« Ce serait lourd financièrement pour le gouvernement de créer une usine de désalinisation à Swarankhola, » dit Shamsul Alam, Directeur technique du Département de la Santé publique et des Infrastructures.

Au lieu de cela, la communauté recueille l’eau de pluie dans des citernes depuis octobre 2008. Cette technique est bien meilleur marché que le filtrage des bactéries et autres facteurs de contamination à partir de l’eau des étangs.

Appuyée par l’UNICEF et supervisée par CARE Bangladesh, l’ONG locale Shushilan a construit 131 citernes d’eau de pluie pour les ménages à Swarankhola et vingt-sept d’entre elles se trouvent dans le village de Kodomtola.

Le volume d’approvisionnement peut baisser

Les habitants de Kodomtola disent que l’eau de pluie a un goût d’eau propre et qu’elle ne sent pas mauvais. Ils essayent de faire en sorte que l’eau de la citerne soit utilisée exclusivement comme boisson et pour la cuisine car le volume d’approvisionnement de la citerne risque de baisser durant la saison sèche.

« La quantité d’eau contenue dans la citerne est limitée, » dit Jamaluddin, un pêcheur du secteur.  « En moyenne, cette quantité d’eau suffit aux besoins d’une famille de quatre à six personnes pendant trois mois. Mais lorsque des voisins viennent et nous demandent tout le temps de partager cette eau, nous n’avons pas d’autre solution que de la rationner. »

 « Le problème devient pire durant la saison sèche, » ajoute Rabeya Akhand, qui habite à Kodomtola. « La plupart des citernes commencent à se vider. Lorsqu’elles sont vides, nous sommes alors forcés de boire l’eau des étangs en ayant recours à la technique traditionnelle du filtrage de l’eau à travers au moins sept couches de tissu de coton usagé, généralement de vieux saris, pour éliminer les microbes. »

Facile à utiliser

Il est facile de recourir à la technique de la récupération de l’eau de pluie et d’assurer la maintenance du système. L’eau de pluie coule sur la pente du toit en tôle. Elle est recueillie dans des gouttières en matière plastique en forme de demi-cylindres, fixées le long du toit, puis dans la citerne. Chaque citerne, assortie d’un robinet situé vers le bas, peut contenir 3200 litres d’eau.

L’UNICEF favorise la construction d’un plus grand nombre de citernes afin d’éviter les pénuries et d’aider les habitants à avoir accès à l’eau potable plus près de chez eux.


 

 

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