Bangladesh

Au Bangladesh, une estimation des besoins des enfants et des femmes grâce à l'enquête «MICS »

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© UNICEF/2009/Siddique
Madhuri Samaddar s'entretient avec Shanti Das, 19 ans, au sud-ouest du Bangladesh, dans le cadre de l'Enquête par grappes à indicateurs multiples.

Par Naimul Haq

BAGERHAT, Bangladesh, 4 août 2009 – Lorsque Madhuri Samaddar, 28 ans, parvient au bazar de Boalkhali, à Swarankhola, au su-ouest du Bangladesh, il fait chaud et humide. Dans ce quartier encombré, elle se rend à Sheresta Bari, un minuscule bidonville composé de quelques habitations de fortune sur une petite bande de terre.

Madhuri Samadda est l'un des 8000 agents effectuant sur le terrain une enquête parmi les ménages au niveau national appelée Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) et qui est appuyée par l'UNICEF.

Les données réunies par l'enquête feront l'objet d'une analyse en vue du suivi de la situation des femmes et des enfants dans son ensemble, permettant aux pays de mesurer leurs progrès par rapport aux objectifs nationaux et aux engagements mondiaux, dont les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Les questions de l'interview

Lors de sa visite surprise à Sheresta Bari, Madhuri Samaddar trouve chez eux Manik Das, un cordonnier, et sa femme, Shanti Das, tous les deux âgés d'une vingtaine d'années. Personne dans ce quartier n'a suivi une scolarité normale; la plupart des habitants gagnent leur vie en cousant et en réparant des chaussures le long de la route.

Vive, sérieuse et pleine d'énergie, Madhuri Samaddar commence son interview avec Shanti Das, une femme de ménage, en lui expliquant pourquoi elle est à la recherche de ces informations. Parmi ses questions figurent celle-ci : « Quand avez-vous accouché de votre dernier enfant ? Qui vous a aidé lors de l'accouchement de l'enfant ? Avez-vous déjà allaité l'enfant au sein ? Combien de temps après la naissance l'avez-vous mis au sein ? Est-ce que sa naissance a fait l'objet d'une déclaration auprès des autorités ? »

Shanti Das répond à chaque question avec son fils juché sur ses cuisses. « J'ai entendu parler de telles enquêtes mais elle n'ont jamais eu lieu chez nous, » dit-elle.

Manque d'informations

Dans la cour sale de Sheresta Bari, Madhuri Samaddar interroge également Mowna Das qui vit avec ses deux fils, des adultes, dans une pièce sombre grande à peine pour accueillir une personne.

Mowna Das ne peut pas répondre à la question sur les déclarations de naissance; en fait, elle ne sait pas de quoi il s'agit.

« La moitié des famille que j'ai interrogées dans ce quartier sont illettrées, » souligne Madhuri Samaddar. « Elles ne comprennent pas des problèmes comme ceux de la déclaration des naissances, de l'accouchement par les soins d'une sage-femme qualifiée dans les hôpitaux, de la transmission du VIH/SIDA et des aliments nutritifs. »

Peu disposée à répondre

Mohammad Shah Alam, un autre agent de l'enquête MICS, est en train de d'effectuer au porte à porte 40 enquêtes en 10 jours à Morolganj, dans le district de Bagerhat. Aujourd'hui, il procède à une interview au domicile d'Asharf Ali Farazi, 75 ans, une personne âgée du quartier. Les huit membres de la famille d'Asharf Ali Farazi vivent ici sur la moitié de moins d'un demi-hectare de terre. Ils sont fait des études acceptables et sont aisés. Asharf Ali Farazi s'occupe de deux épiceries tandis que ses fils aînés travaillent dans la pêcherie. 

 « Quel âge avez-vous ? » demande Mohammad Shah Alam à la femme d'Asharf Ali Farazi, Nasima Begum mais celle-ci est peu encline à répondre. Son mari répond pour elle. « Nasima est ma seconde épouse et elle est très jeune comme vous pouvez le voir, » dit-il. « Elle a 32 ans. »

Encourager les personnes interrogées

Après avoir posé à Nasima Begum une série de questions standard sur la famille, Mohammad Shah Alam aborde le sujet de la santé reproductive et du VIH/SIDA.

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© UNICEF Bangladesh/2009/Siddique
Mohammad Shah Alam recueille des informations auprès d'Asharf Ali Farazi, 75 ans, et de sa femme Nasima Begum, 32 ans, à Morolgonj, dans le district de Bagherhat.

« Les gens peuvent-ils se protéger d'une infection par le virus du SIDA en ayant un partenaire sexuel qui n'est pas infecté et n'ayant pas lui-même d'autres partenaires ? » demande Mohammad Shah Alam alors que la femme se détourne pour dissimuler sa timidité.

« La plupart des femmes répugnent à répondre à de telles questions personnelles, » dit plus tard  Mohammad Shah Alam. « C'est assez habituel et j'ai appris à le surmonter. » Utilisant des techniques apprises pendant leur formation pour l'enquête MICS, les enquêteurs encouragent les personnes interrogées à parler en comités privés avec les amis ou les membres de la famille présents.

UNICEF répond à une demande d'enquête MICS

Mises en place au milieu des années 90, les enquêtes MICS font partie d'un programme mondial appuyé par l'UNICEF pour apporter des estimations statiquement sûres et comparables au niveau international sur tout un éventail de problèmes dont la santé, l'enseignement, la protection de l'enfance, le VIH/SIDA ainsi que l'eau, l'assainissement et l'hygiène.

Mohammad Shah Alam et Madhuri Samaddar ont été choisis comme enquêteurs en fonction de leur niveau d'études et leur expérience antérieure comme enquêteurs. Les agents MICS opréant sur le terrain perçoivent 3000 taka (environ 45 dollars) pour chaque enquête complète.

L'UNICEF au Bangladesh a répondu à une requête du gouvernement du Bangladesh pour effectuer l'enquête afin de mettre à jour les données sur les progrès réalisés par le pays en vue des OMD. Les résultats de l'enquête devraient être publiés d'ici la fin du mois d'octobre.


 

 

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