Bangladesh

Des jockeys de chameau rentrent chez eux

Image de l'UNICEF
© UNICEF Bangladesh/2005/Shehab
Abdullah, huit ans, et Ahmed, cinq ans, sont des frères qui ont été rapatriés au Bangladesh après avoir travaillé pendant des années comme jockeys de chameau aux Émirats arabes unis.

Par Zafrin Chowdhury et Kun Li

DACCA, 16 août 2005 – Un autobus rempli d’enfants se dirige vers un foyer, ici, dans la capitale du Bangladesh. Les enfants, dont certains n’ont que quatre ans, semblent fatigués et anormalement calmes. Après des années passées à travailler comme jockeys de chameau aux Émirats arabes unis, ils sont enfin de retour, à la suite d’un accord passé entre l’UNICEF et le gouvernement des Émirats arabes unis.

Au foyer – géré par l’Association nationale des femmes juristes du Bangladesh (BNWLA) – les enfants sont nourris et habillés, et ils subissent des examens médicaux. Parmi eux, se trouve Abdullah. Il a huit ans et il reste calme la plupart du temps. Lorsqu’il parle, c’est dans un mélange de bengali et d’arabe, et il perd souvent le fil de ses pensées lorsqu’il passe d’une langue à l’autre.

Il s’est blessé, raconte-t-il, un bon nombre de fois en tombant d’un chameau lancé à toute allure. On a fait venir sa mère et son frère de cinq ans Ahmed, qui sont là, ainsi que 36 autres jockeys de chameau et leurs familles.

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Lokeman a également travaillé comme jockey de chameau. Il ignore son âge.

La mère d’Abdullah explique : « Nous sommes partis [du Bangladesh] il y a près de neuf ans. Abdullah et Ahmed sont nés tous les deux aux Émirats arabes unis et ils ont travaillé sur les chameaux. L’argent qu’ils gagnaient constituait l’essentiel de nos ressources. Mon mari se trouve encore à Abu Dhabi avec deux de nos enfants plus âgés ».

« C’est à peine si j’ai pu reconnaître cette ville [Dacca] ; et mes fils ne la connaissent pas du tout. Ils sont perturbés. Je n’ai aucune idée de la façon dont nous allons recommencer notre vie ici », dit une autre mère préoccupée.

En mai, le gouvernement des Émirats arabes unis a interdit de faire travailler les enfants de moins de seize ans comme jockeys de chameau. Le gouvernement du Bangladesh a commencé, soutenu par l’UNICEF, à vérifier quels enfants étaient bengladeshis, et il a passé des accords en vue de leur rapatriement.

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Rubel, douze ans, a une cicatrice au front, la conséquence de l’une de ses nombreuses chutes qui se sont produites alors qu’il était jockey de chameau.

Certains des enfants avaient été victimes de la traite à partir du Bangladesh. D’autres avaient été envoyés aux Émirats arabes unis afin de gagner de l’argent pour leurs familles. Ils travaillaient presque tous les jours sous un soleil de plomb, sans accès à l’éducation. Pour qu’ils ne prennent pas de poids, on les privait souvent de nourriture avant les courses.

Des points de suture ont laissé sur le front de Rubel, douze ans, une cicatrice bien visible. Tout d’abord réticent à parler, Rubel s’est confié peu à peu. Il a indiqué avoir quitté le Bangladesh à l’âge de quatre ans, travaillant plusieurs années comme jockey de chameau. Ce n’est que récemment qu’il avait « pris sa retraite » de jockey, et qu’on lui avait confié la tâche de prendre soin des chameaux. La cicatrice au front est la conséquence de l’une de ses nombreuses chutes, qui se sont produites alors qu’il faisait des courses de chameaux.

«À présent, la priorité est de rééduquer ces enfants et de les réinsérer dans leur famille, leur communauté locale et dans la société du Bangladesh. Nous sommes essentiellement axés maintenant sur leur sécurité et leur bien-être » déclare le représentant de l’UNICEF au Bangladesh, Morten Giersing.

« Nous avons aidé le gouvernement du Bangladesh à mettre en place un système de recherche qui contribue à réunir les enfants et leurs parents », ajoute M. Giersing.

Il reste encore plus de 150 enfants jockeys aux Émirats arabes unis. Afin de les rapatrier le plus tôt possible, l’UNICEF travaille avec les gouvernements du Bangladesh et des Émirats arabes unis.


 

 

Vidéo (en anglais)

17 août 2005 :
Le correspondant de l’UNICEF, Kun Li, décrit le retour de 36 enfants bangladeshis, qui ont travaillé pendant des années à l’étranger comme jockeys de chameau.

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