Arménie

L’éducation par les pairs permet de lutter contre la désinformation à propos du VIH/SIDA

Image de l'UNICEF
© UNICEF Arménie/2005/Krikorian
De jeunes pair éducateurs assistent à une séance régulière de formation à l'école secondaire No. 43 à Yerevan, capitale de l'Arménie.

Par Onnik Krikorian

YEREVAN, avril 2005 – Tout visiteur dans la capitale Arménienne, pourrait aisément prendre Veronica Seropyan pour un professeur. Pourtant, à la voir debout devant treize élèves âgés entre quatorze et seize ans, on sent qu'il y a quelque chose de différent dans sa classe. Les rubans rouges omniprésents qui ornent les t-shirts des enfants apportent sans doute le meilleur indice. 

Veronica n'est pas enseignante. Elle est membre de Prévention SIDA éducation et soins (APEC) une organisation que l'UNICEF soutient dans ses efforts pour former 1400 écoliers comme pair éducateurs avant mai 2005. 

« Nous parlons de l'histoire de la maladie, » dit Veronica, « et comment elle s'est propagée, quel effet elle a sur le système immunitaire aussi bien que le développement biologique et psychologique des adolescents. Plus tard, ils transmettront cette connaissance en parlant avec leurs amis et camarades de classe. »

Image de l'UNICEF
© UNICEF Arménie/2005/Krikorian
Veronica Seropyan avec une jeune pair éducatrice apprend comment communiquer des informations sur le VIH/SIDA et d'autres maladies sexuellement transmissibles.

L'éducation par pair permet d'atteindre efficacement un groupe qui autrement n'écouterait pas quelqu'un de plus âgé ou venant d'un environnement social différent. Pendant l'été, 120 des éducateurs les plus prometteurs suivront une colonie de vacances pour continuer à apprendre et développer leurs connaissances. 

Le nombre de personnes infectées  par le VIH/SIDA en Arménie grandit. En décembre dernier, les Nations Unies ont averti que la République devrait faire face « à un désastre potentiel » si rien n'était fait pour arrêter la diffusion de la maladie.

Alors que seulement 56 cas de VIH/SIDA sur les 304 officiellement enregistrés  en Arménie étaient âgés de moins de 24 ans, les enquêtes sur les jeunes et particulièrement les étudiants, indiquent que même si ceux-ci comprennent bien l'importance de se protéger lors de rapports sexuels, leur comportement peut être complètement à l'opposé.

L'UNICEF soutient aussi un projet pilote mis en oeuvre en 2001 par l'APEC dans la région de Syunik au sud de l'Arménie  pour renforcer la prise de conscience sur les dangers du VIH/SIDA et de l'abus de drogue. Le projet a débuté par des discussions avec les éducateurs scolaires et les autorités locales, et par une enquête sur la jeunesse  de la région, qui a livré des résultats alarmants.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Arménie/2005/Krikorian
Veronica Seropyan (à gauche), membre de l'association arménienne Prévention SIDA éducation et soins (APEC) soutenue par l'UNICEF, explique à des adolescents les mécanismes de la transmission du VIH/SIDA.

Tandis que les personnes interrogées ont reconnu les dangers du VIH/SIDA, très peu étaient familières avec les mesures préventives. Au contraire, la plupart des adolescents ont acquis leur connaissance de la maladie via des sources incertaines comme des films ou des amis eux-mêmes mal informés sur la maladie.

Initialement, l'engagement dans l'éducation sur le SIDA avait pour objectif d'empêcher l'apparition de nouvelles infections, mais il fallait également réduire la stigmatisation et la discrimination qui est souvent associée à la mention de la maladie.

« La réalité montre que le VIH/SIDA affecte chacun, » déclare Emil Sahakyan, responsable Information et communication à l'UNICEF. « Malheureusement beaucoup de personnes pensent qu'elles ne seront pas infectées, et ne prennent pas de précautions. En même temps, mal informer les gens engendre la crainte, la stigmatisation et la discrimination. »
A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA en 2003, l'UNICEF a financé la campagne de l'APEC dans les médias pour améliorer la prise de conscience parmi la population conscience et promouvoir la tolérance.

L'année dernière, l'UNICEF a aussi financé des classes d'été organisées par l'APEC pour former des pair éducateurs. Quatre-vingt-seize étudiants venant de soixante collèges d'enseignement général de la capitale arménienne ont été impliqués. Chaque participant a reçu les dernières informations à jour sur la maladie, des brochures et des dépliants. À la fin des six sessions de formation, il s'est vu décerner un certificat.


 

 

Recherche