Angola

Dans la partie de l'Angola touchée par la sécheresse, l'UNICEF et ses partenaires sauvent les enfants de la malnutrition

Image de l'UNICEF
© UNICEF Angola/2012/Nunes Correia
Justina Cambovio, 25 ans, donne à sa fille Liliane Juelma du lait thérapeutique au centre d'alimentation thérapeutique de Huambo, en Angola.

Par Yolanda Nunes Correia

LUANDA, Angola, 18 juin 2012 – Liliane Juelma, un an, a été diagnostiquée en mai avec une malnutrition sévère.

« Elle avait la diarrhée, des vomissements, des problèmes de respiration et de la fièvre », explique sa mère Justina Cambovio, 25 ans. « J'ai dû me précipiter avec elle à l'hôpital ». Liliane a été admise au centre d'alimentation thérapeutique de Huambo, en Angola.

L'incidence de la malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans a augmenté, provoquant une hausse des admissions d'enfants atteints de malnutrition sévère dans les centres d'alimentation thérapeutique de l'Angola, spécialement à Huambo, Bié et Kwanza Sul.

Il s'agit d'un des effets de la sécheresse qui touche actuellement en Angola 10 provinces côtières et des régions montagneuses du centre. La production agricole a considérablement diminué et on a constaté une aggravation de la pénurie en eau. Selon le Ministère de l'agriculture, la production agricole a diminué d'environ 400 000 tonnes. Conséquence, quelque 400 000 familles sont considérées comme vulnérables à l'insécurité alimentaire.

Traitement et prévention de la malnutrition

On craint que Liliane ne tombe de nouveau malade. Elle est toujours allaitée au sein mais elle n'a pas eu tous les nutriments qu'un enfant de son âge devrait recevoir. En plus du lait de sa mère, elle mange de la bouillie de maïs préparée avec de l'eau et du sucre.

« Je n'ai pas allaité ma fille exclusivement au sein pendant un mois seulement, au lieu de six mois » raconte Justina Cambovio, qui fait allusion à la recommandation de l'UNICEF et de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) selon laquelle les enfants en bas âge doivent être allaités exclusivement au sein pendant les  premiers mois de leur vie. « Je ne savais pas que je devais faire autrement », ajoute-t-elle.

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© UNICEF Angola/2012/Nunes Correia
Liliane Juelma, un an, a été soignée en mai au centre d'alimentation thérapeutique de Huambo, en Angola. Elle était atteinte de malnutrition mais est maintenant en voie de guérison.

Le personnel médical angolais est formé pour traiter les enfants atteints de malnutrition et pour diminuer les risques de maladie et de décès causés par la malnutrition sévère. Une série de formations pour le renforcement de leurs capacités s'est déroulée à Huambo du 5 au 9 juin 2012 dans le cadre d'une stratégie nationale de nutrition mise en oeuvre par le Ministère de la santé en étroite collaboration avec l'UNICEF et l'OMS. Les formations étaient conçues pour aider le personnel médical à développer des aptitudes pour une gestion intégrée et un traitement de qualité de la malnutrition.

« Le personnel médical dûment formé peut appliquer immédiatement les connaissances nouvellement acquises pour le traitement de la malnutrition et offrir un appui pour la prévention et le traitement au niveau local. Cela évitera d'avoir un grand nombre d'enfants hospitalisés dans les centres d'alimentation thérapeutique », affirme le Dr Futi Tati, Chef du Service de nutrition du Ministère de la santé.

Il reste du travail à faire
Le Gouvernement angolais, avec l'appui de ses partenaires, intervient contre l'augmentation de la malnutrition sévère aiguë en fournissant du lait thérapeutique et du Plumpy'nut, un aliment thérapeutique prêt à l'emploi, ainsi que des médicaments tels des antibiotiques pour soigner les maladies opportunistes.

Liliana a tiré profit de ces traitements. « Maintenant que j'ai pris  des médicaments et que je vais mieux, je dois nourrir ma fille toutes les trois heures avec un lait spécial fourni par l'infirmière », dit Justina Cambovio. « Elle va vraiment mieux à présent et je suis soulagée ! Nous devrions retourner chez nous très bientôt. Nous sommes ici depuis la fin mai ».

Quand le protocole de traitement contre la malnutrition est appliqué correctement, un enfant souffrant de malnutrition admis dans un centre d'alimentation thérapeutique a de fortes chances de guérir en quatre à six semaines. De nombreux enfants ont été sauvés, certains de situations difficiles. « Le personnel soignant que j'ai rencontré est très motivé », affirme Katrien Ghoos, Conseillère régionale auprès de l'UNICEF pour les crises nutritionnelles pour l'Afrique de l'Est et australe.

Mais il reste encore du travail à faire.

« Maintenant, il faut améliorer la gestion des fournitures thérapeutiques et développer une stratégie de sensibilisation pour prévenir, dépister et traiter les cas de malnutrition au niveau local », affirme Katrien Ghoos.
 
Selon le Dr Futi Tati, le Gouvernement angolais a l'intention de mettre en place davantage de centres d'alimentation dans le pays et de favoriser le programme de dépistage et de traitement de la malnutrition au niveau local.


 

 

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