Angola

Après 30 ans de guerre civile, la reconstruction des écoles ouvre la voie d’un avenir meilleur

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© UNICEF Angola/2005/Crowe
Province de Huambo, Angola. Des filles en route vers leur école avec leurs chaises passent devant un bâtiment détruit dans la guerre civile qui a ravagé leur pays pendant plus de 30 ans.

Par Sarah Crowe

HUAMBO, Angola, 28 juillet 2005 – Les fondations d’une paix durable sont maintenant fermement en place dans ce pays dévasté par la guerre civile. Aujourd’hui, des fondations d’un autre genre sont en train d’être posées : dans le cadre des efforts de rajeunissement des infrastructures scolaires ruinées par la guerre, la construction de nouvelles écoles prend un nouvel essor.

L’Angola, engagé dans une nouvelle étape d’espoir et de renouveau, déborde de projets d’avenir. La riante façade rose d’une nouvelle école du village de Caala, province de Huambo, est le symbole bien réel d’un avenir prometteur pour les enfants angolais.

Pour Leandro Duarte Bandeira, huit ans, les cauchemars de guerre ont fait place aux rêves d’une nouvelle école.

« Je me rappelle la guerre, les bombes qui tombaient, les maisons qui s’écroulaient, les enfants arrachés du dos de leur mère et abattus, raconte Leandro, j’avais souvent des cauchemars où j’étais poursuivi par des militaires qui me tiraient dessus. Quand je raconte ça à mon père, il dit que c’est normal, à cause de la guerre.

« Mais maintenant, je pense à l’école de mes rêves. Ça serait pour moi une école avec de vraies fenêtres, de vraies portes, de vrais pupitres, l’électricité, un vase de fleurs pour ma salle de classe, un jardin, une cour de récréation, et un petit déjeuner pour pouvoir étudier comme il faut, dit-il. Pas comme maintenant – il y a trop de bruit et nous sommes tous entassés les uns sur les autres. »

Un avenir prometteur qui a été difficile à atteindre

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Leandro, huit ans, voit son rêve d’une nouvelle école devenir réalisable.

La bataille pour Huambo, entre les forces du parti au pouvoir, le MPLA (Mouvement Populaire pour la Libération de l’Angola – appuyé par l’Union soviétique et Cuba- ) et les rebelles de l’UNITA (Union Nationale pour l’Indépendance Totale de l’Angola – soutenu par les États-Unis et l’Afrique du Sud – ) a été une des plus féroces de la longue guerre de trente ans.

Les traces de la guerre sont partout visibles, même à l’école primaire San José, où les portes et les fenêtres ont été fracassées par la guerre et où des impacts de balle parsèment les murs. Environ 2 000 élèves y suivent des cours au milieu des ruines, par groupes qui se succèdent les uns aux autres.

Bien qu’elle soit une école primaire, San José est aujourd’hui forcée d’accueillir aussi des enfants plus âgés. Les élèves sont entassés dans ce qui reste du bâtiment, perchés sur de minuscules chaises en plastique ou des bidons rouillés pour écrire sur des bouts de papier. Dans une salle de classe, les enfants apprennent leurs voyelles portugaises, dans une autre ils font la queue pour faire des additions sur un tableau noir couvert d’éraflures. Certaines salles de classe n’ont pas de toit. Quand il pleut, il n’y a pas d’école.

La campagne : des écoles pour l’Afrique

Mais les efforts de reconstruction commencent à porter leurs fruits. À côté des écoles comme San José, on voit apparaître de splendides façades coloniales, des cafés avec leur terrasse et d’autres nouvelles constructions. Les écoles endommagées mais réparables sont en train d’être rénovées.

La signature des accords de paix d’avril 2002 et la cessation des hostilités qui a suivi ont ouvert à l’UNICEF de meilleures perspectives pour lancer des actions de partenariat au bénéfice des enfants d’Angola.

Dans le cadre de la campagne régionale Des Écoles pour l’Afrique, 1 500 écoles seront réparées ou construites en Angola au cours des trois prochaines années, grâce à une collaboration entre l’UNICEF et la Fondation Nelson Mandela, soutenue par le Comité national allemand de l’UNICEF (UNICEF Allemagne).

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Par l’intermédiaire d’UNICEF Allemagne, Peter Krämer a fait un don d’un million de dollars pour soutenir la campagne Des Écoles pour l’Afrique en Angola. Il a également promis un don supplémentaire de 3 millions de dollars.

Ces efforts ont attiré le soutien de bailleurs de fonds privés, comme l’homme d’affaires Peter Krämer qui a fait un don d’un million de dollars pour soutenir la campagne Des Écoles pour l’Afrique en Angola, par l’intermédiaire d’UNICEF Allemagne. M. Krämer a également promis un don supplémentaire de 3 millions de dollars. Il a personnellement visité la province de Huambo du 19 au 23 juillet pour constater les progrès de cette campagne.

Il était accompagné de Dietrich Garlichs, directeur du Comité national d’UNICEF Allemagne, et d’Heide Sominis, membre du comité.

Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire. La guerre civile angolaise a été une des plus longues et des plus destructrices d’Afrique. En l’espace de trois ans (1996-1999), près de 1 500 bâtiments scolaires ont été détruits. Les enfants représentant soixante pour cent de la population angolaise, le développement doit démarrer par la rétablissement des écoles et du système scolaire.

L’UNICEF a pris l’engagement de soutenir ces efforts. Mariko Kagoshima, la Directrice du bureau de l’UNICEF pour la province de Huambo, déclare que le problème le plus sérieux est aujourd’hui le manque d’accès à l’école. « La campagne Des Écoles pour l’Afrique facilite l’accès à l’éducation pour les enfants, particulièrement dans les zones rurales, » déclare-t-elle. Mme Kagoshima souligne que le succès ne peut être atteint qu’en travaillant de concert avec le Gouvernement de l’Angola et en continuant à faire des efforts pour assurer un avenir de paix au pays.


 

 

Vidéo (en anglais)

28 juillet 2005 :
Le reportage de Sarah Crowe sur les efforts de l’organisation pour reconstruire et réparer des écoles en Angola

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